Pol Espargaró se remet dans le bain après sa blessure

Blessé aux côtes au mois de juin, Pol Espargaró a profité d'une pause salutaire pour se reposer tant physiquement que mentalement. La reprise, cette semaine à Silverstone, est plutôt rude mais il ne se met pas de pression.

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L'objectif de Pol Espargaró pour ce week-end est sage : être au départ de la course et, idéalement, en voir l'arrivée, ce qu'il n'a plus connu depuis le Grand Prix de Catalogne il y a deux mois. Le pilote espagnol a en effet conclu la première partie du championnat fortement diminué, à la suite d'un highside dont il a été victime pendant les essais du Grand Prix d'Allemagne. Il avait été contraint d'abandonner au Sachsenring, ayant des difficultés à respirer à cause de côtes douloureuses, avant de déclarer forfait quelques jours plus tard aux Pays-Bas.

La pause estivale de cinq semaines qui s'est ensuivie tombait à point nommé et il en a profité plus que jamais, lui qui devait aussi digérer la déception d'un championnat débuté de façon prometteuse avant de plonger dans le ventre mou du classement. Passé "du paradis à l'enfer", le pilote Honda avait probablement besoin de sortir du tourbillon des courses pour mieux revenir, les batteries rechargées.

"Je crois que c'est la première fois que j'apprécie à ce point une pause parce que j'étais mentalement et physiquement plutôt atteint. J'avais besoin de m'arrêter, de prendre une grande respiration", a-t-il admis en retrouvant le paddock cette semaine, reposé et en forme. "Les autres années, j'étais hyper au taquet et je voulais tout le temps revenir. Cette année, sachant que je sentais que j'avais besoin d'une pause, j'en ai vraiment profité."

"Quand j'ai quitté Assen, je suis rentré à Barcelone et le jour-même j'ai fait des radios et un scanner, des contrôles pour voir ce que j'avais au juste et quel était le plan. Et le plan c'était que je me repose. C'est difficile pour nous, on aime être tout le temps en train de faire quelque chose et c'était dur de m'entendre dire de ne rien faire, mais il était temps aussi que je reste avec mes deux filles et ma femme, que je passe du bon temps en famille. C'était bien [de faire ça], et de ne pas non plus être stressé par l'entraînement, ou de ne pas avoir une alimentation super saine. Juste se laisser un petit peu aller, car c'est parfois bon, et c'était bien. J'avais juste besoin d'un peu de temps pour me détendre."

Bien qu'il ait pris le temps de se reposer, mentalement et physiquement, Pol Espargaró accusait un peu le coup vendredi après les premiers essais libres du Grand Prix de Grande-Bretagne. La piste a beau lui plaire, ses 5,9 km s'avèrent éprouvants, et plus encore lorsque l'on doit se remettre dans le rythme après un éloignement aussi long.

"C'était difficile parce que j'ai manqué les deux dernières courses et puis il y a eu la pause estivale. Wow… ça allait trop vite !" souriait-il vendredi soir. Onzième des EL1 à 1"147 du leader, il a glissé au 16e rang lors des EL2 mais a réduit quelque peu son retard. "J'ai terminé à neuf dixièmes, ce qui n'est pas trop mal sur un circuit aussi long et en ayant fait beaucoup d'erreurs sur ce tour", observait-il. "Je pousse mais je vois que je fais beaucoup d'erreurs. J'ai élargi trois fois dans mon tour rapide. Dans un time attack, ça se paye assez cher. J'ai laissé filer trois dixièmes rien qu'en élargissant, ce qui veut dire [que je devrais être] à six dixièmes du premier alors que le top 10 se tient en seulement quatre dixièmes. Ça n'est pas mal, je suis content du résultat."

"C'est une piste très exigeante pour être précis. Il y a beaucoup d'endroits où la vitesse est très élevée donc dès que vous freinez un petit peu plus tard, ce qui veut dire appuyer sur le frein un dixième plus tard, ça se traduit par le fait de fortement élargir dans un virage rapide et de perdre beaucoup de temps. C'est le problème que j'ai actuellement, en ayant été absent aussi longtemps il me manque ces petits détails, freiner et ressentir l'avant à la perfection. Ça va venir, je ne suis pas pressé."

"Je ne peux pas prétendre revenir de blessure, après avoir manqué deux courses et avoir fait toute la pause estivale, et être d'emblée premier. Ça ne se passe pas comme ça avec autant de talents en MotoGP. Il faut se construire, être patient. Aujourd'hui il aurait été très facile de commettre une erreur. Pas d'erreurs, pas de chutes, alors on se tourne vers demain et ça ira mieux, c'est certain", assurait-il vendredi soir.

Et l'essentiel n'est pour le moment pas dans son classement : "Globalement, je suis content de comment je me sens. Je n'ai pas mal aux côtes, ce qui est génial. Je ne voulais pas faire d'erreurs en étant trop stressé et me blesser à nouveau, ça aurait vraiment été mauvais."

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