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Pol Espargaró a souffert mentalement après ses meilleurs résultats

Pol Espargaró a eu recours à un psychologue en 2020, ne sachant pas comment appréhender ses podiums après plusieurs saisons difficiles.

Pol Espargaro, Red Bull KTM Factory Racing

Longtemps sujet tabou, la santé mentale est aujourd'hui plus facilement mise en avant par les sportifs et en MotoGP, à l'image de Fabio Quartararo qui a ouvertement parlé de l'aide que lui a apportée son psychologue dans les moments stressants. Pol Espargaró a confié avoir eu besoin d'un soutien similaire, pas pour gérer les déconvenues mais plutôt pour réapprendre à savourer les bons résultats de la saison 2020, quand il était un prétendant régulier au podium avec KTM après avoir mangé son pain noir durant plusieurs années.

"J'ai eu recours à un psychologue du sport, mais pas pour des choses négatives", a déclaré Espargaró dans une interview réalisée par son sponsor Estrella Galicia. "Chez KTM, les trois premières années ont été très difficiles, à travailler sans beaucoup de résultats et la dernière année, j'ai décroché cinq podiums et deux poles, et ça m'a un peu perturbé d'en arriver là."

"C'était un peu 'Ok, qu'est-ce que j'ai maintenant ?' J'étais tellement habitué à de mauvaises choses que quand elles se passaient bien, je ne savais pas comment les gérer, et j'ai décidé de voir un psychologue du sport."

Pol Espargaró est également passé par des montagnes russes depuis son arrivée chez Honda l'an passé. Le Catalan n'a décroché que deux podiums en une saison et demi mais, cet hiver, il espérait atteindre le sommet en croyant que la nouvelle version de la moto l'aiderait à trouver le grip arrière dont il a besoin pour briller. Il n'y a finalement qu'au Qatar, en ouverture de la saison, qu'il a joué les premières places, et il n'a depuis accroché le top 10 qu'une seule fois.

La compétitivité du plateau actuel signifie même qu'un pilote peut être mal classé malgré des performances honorables, une situation difficile à vivre et qui nécessite de bien s'entourer. "Deux dixièmes, c'est la différence entre la première et la quatrième ligne", expliquait Espargaró au site officiel du MotoGP en début de saison. "Deux dixièmes sur un circuit de deux minutes, c'est incroyable."

Pol Espargaro, Repsol Honda Team

"Être rapide n'est pas suffisant. Il faut beaucoup de choses, des gens qui t'entourent, prennent soin de toi pour ne penser qu'à être rapide sur la moto, des mécaniciens qui te donnent cette confiance, la moto évidemment, la vitesse, la forme, l'hydratation, l'alimentation, bien dormir... La différence ne se fait pas sur une seule chose mais quand on les assemble toutes, c'est important."

Désormais quatrième pilote le plus expérimenté de la grille avec 145 départs en catégorie reine, Pol Espargaró a également appris à prendre un certain recul face aux hauts et aux bas de la compétition : "Même quand les choses se passent mal en MotoGP, il faut les voir dans leur ensemble. Actuellement, il y a des guerres dans certaines parties du monde, des gens meurent parce qu'ils n'ont pas accès à la nourriture, il y a beaucoup de désastres dans le monde et on est évidemment déçu quand on n'est pas performant sur la moto, mais il n'y a pas que ça qui compte."

"Je suis heureux, je suis en bonne santé, je fais ce que j'aime faire. Je suis connu dans le monde pour ce que je fais, ce qui veut dire que je ne le fais pas mal. J'ai une très belle femme, une très belle fille, je ne peux rien demander de plus. Il y a évidemment des moments où j'ai soif [de réussite], où je ne suis pas content, où je suis triste, mais je dois montrer au monde que je suis heureux parce que si je ne le suis pas, qui le sera dans ce monde ? Je suis quelqu'un de très chanceux."

Avec Alba Meis

Lire aussi :
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