Poncharal : "L'année prochaine sera cruciale pour Folger"

Le team manager français laissera à Jonas Folger le temps nécessaire pour récupérer, néanmoins il prévient : 2018 sera déjà une saison décisive pour son avenir en MotoGP.

Après avoir manqué les quatre dernières courses de 2017, Jonas Folger est aussi absent des essais privés de ce mois de novembre. Et pour cause, il se soigne pour un syndrome de Gilbert, une affection qui touche le foie et qui explique son récent manque d'énergie. Rapatrié en Allemagne à la veille du Grand Prix du Japon, il n'a plus réintégré le paddock depuis lors, contraint de passer une batterie d'examens et d'entamer les soins.

Lorsque nous avons rencontré Hervé Poncharal la semaine dernière, en marge du Grand Prix de Valence, il venait d'être officialisé que Jonas Folger souffrait du syndrome de Gilbert. C'est donc une étape clé qui a été franchie, celle du diagnostic, car elle permet désormais d'apporter au pilote Tech3 les soins adéquats. Mettre les mots sur un mal qui le ronge depuis plusieurs années permet également de comprendre a posteriori une certaine irrégularité de son niveau de forme et de ses performances, qu'Hervé Poncharal semble à présent bien mieux s'expliquer.

"Je ne veux pas dire grand-chose car je ne suis pas médecin", a fait savoir le directeur de l'équipe Tech3 à Motorsport.com. "Il semble que le problème soit son foie. Il a donc besoin de nettoyer son corps en suivant un régime spécial. Je suis content si le problème est finalement celui-là, parce que quand vous avez un problème, vous savez ensuite quelle solution appliquer."

"Je ne connais pas Jonas depuis 20 ans, mais tous ceux qui ont travaillé avec lui m'ont dit la même chose. Sur une séance – pas même un Grand Prix – il était rapide et sur la suivante il était lent, il avait des problèmes. Alors espérons", poursuivait Hervé Poncharal, tout de même étonné qu'il ait fallu attendre que le pilote ait 24 ans pour que soit identifié la cause de ses troubles.

"Tout ce que je peux dire, c'est que quand vous avez ce type de problème – et il semble qu'il en souffre depuis 2011 – normalement vous faites quelque chose au lieu d'attendre que ça passe. Vous faites des contrôles. Tout ce que je peux dire c'est que cela aurait dû être fait avant", estimait le directeur de l'équipe française. "Je n'étais pas au courant de ce genre de choses. Parfois je crois que les pilotes ne comprennent pas l'investissement technique, financier et humain qu'il y a derrière eux. Quand vous êtes athlète, vous devez être sûr à 100% que vous faites tout."

Sur la touche depuis Motegi il y a un mois, le pilote allemand ne reprendra pas la piste avant l'année prochaine, faisant l'impasse sur le test de Sepang fin novembre comme sur celui qui a eu lieu cette semaine à Valence. Une absence longue pour son équipe et pour lui-même, qui l'obligera à reprendre ses marques fin janvier lorsque les essais 2018 débuteront à Sepang.

"D'une certaine façon, je suis content que l'on ait, semble-t-il, trouvé une explication", a admis Hervé Poncharal. "J'ai décidé de signer Jonas contre l'avis de beaucoup de personnes. J'étais très content de voir sa première partie de saison parce que cela faisait fermer des bouches qui s'ouvrent souvent trop vite."

"Personne n'a eu besoin de me convaincre du potentiel de Jonas Folger, parce que je le connais. Mais parce que j'ai décidé de le mener en catégorie reine, parce que j'ai décidé de lui donner la chance de montrer qu'il est clairement un top pilote en catégorie reine, je veux qu'il montre à moi, au team, à Yamaha et aux sponsors qu'il comprend ce qu'il doit faire pour continuer à courir dans cette catégorie. Il est difficile d'atteindre cette catégorie, mais il est encore plus difficile d'y rester. L'année prochaine sera donc cruciale pour Jonas. C'est la raison pour laquelle nous ne voulons pas lui mettre trop de pression afin qu'il récupère à 100% et qu'il ait enfin, espérons-le, une saison stable en 2018. Et espérons qu'elle soit stable au top."

"Personne ne va lui mettre la pression. Je veux lui donner le temps de récupérer, mais je veux aussi le voir remonter sur la moto pour lui donner une chance de se développer. Il a manqué pratiquement la moitié de la saison. Même pendant les courses qui ont fait suite à la pause estivale, il n'était pas comme avant, il était très faible", a rappelé le team manager, qui mesure l'occasion perdue en 2017 pour son pilote : "La dernière course avant la pause estivale était l'Allemagne. Et nous nous souvenons tous de son Grand Prix d'Allemagne. Il a fini devant Johann [Zarco] et il aurait pu faire ce que Johann a fait."

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries MotoGP
Pilotes Jonas Folger
Équipes Tech 3
Type d'article Interview
Tags hervé poncharal