Les pilotes MotoGP s'étonnent et s'inquiètent de la pige de Ponsson

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Les pilotes MotoGP s'étonnent et s'inquiètent de la pige de Ponsson
Par : Léna Buffa
7 sept. 2018 à 08:15

L'inexpérience de Christophe Ponsson en MotoGP lui a valu d'être précédé par les critiques alors qu'il a intégré hier le paddock de Misano pour une pige qui a tout du rêve pour lui.

L.B., Misano - Certains pilotes MotoGP se sont émus de la participation ce week-end de Christophe Ponsson au Grand Prix de Saint-Marin. Le pilote français a en effet été appelé en remplacement de Tito Rabat, et ce alors qu'il n'a encore jamais piloté de MotoGP et qu'il a beaucoup à découvrir. Une situation qui fait naître des préoccupations en matière de sécurité aux yeux des pilotes titulaires.

"Je ne le connais pas", a fait savoir Marc Márquez, après avoir littéralement découvert en conférence de presse que Tito Rabat était remplacé ainsi que l'identité du suppléant. Mais bien qu'il ne le connaisse pas, l'avis de l'Espagnol sur les prérequis à un remplacement est très clair : "On a déjà dit dans le passé que pour faire une course en MotoGP, il faut un minimum de niveau ou de carrière, et arriver en MotoGP à cause de l'argent, ce n'est pas une bonne façon. Nous sommes dans le meilleur championnat au monde. Je sais que certains ont besoin d'arriver comme ça, mais ce n'est pas sûr."

"Je ne le connais pas non plus", a renchéri Valentino Rossi, d'accord – sur ce point au moins – avec son voisin de conférence. "Piloter en MotoGP pour la première fois dans un week-end de course n'est pas une super idée, car les freins, les pneus… pffff ! Ce n'est peut-être pas très sûr. Il faut faire attention, mais je ne le connais pas, peut-être est-il bon et rapide. On verra."

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La nomination de Christophe Ponsson soulève la question du processus de sélection des pilotes appelés à effectuer un remplacement, une problématique qu'Aleix Espargaró espère voir abordée en Commission de sécurité ce soir pour qu'un système de Super Licence similaire à celui de la F1 puisse être étudié.

"Le MotoGP, c'est une catégorie super difficile. Pour moi, nous ne pouvons pas donner une MotoGP à n'importe qui", a commenté l'Espagnol en apprenant lui aussi la nouvelle de la voix des journalistes. "On ne sera ensemble qu'au premier virage, parce qu'après… Pour lui, cela va être très difficile d'être compétitif en seulement trois séances. Mais c'est assez pour causer un désastre, avec les freins en carbone, presque 300 ch, une piste qui est peut-être même nouvelle pour lui…"

"Un rêve" pour Ponsson

Impuissant face à ces critiques, Christophe Ponsson cherche, lui, à aborder son week-end le plus sereinement possible, avant tout ravi de recevoir la chance inespérée d'enfourcher une MotoGP et de disputer un premier Grand Prix, à 22 ans. "Pour l'instant, c'est un peu un rêve", explique-t-il auprès de Motorsport.com. "Je suis super content, j'ai cette opportunité et c'est exceptionnel à 22 ans de pouvoir monter sur une MotoGP, c'est le rêve de tout le monde."

Le Lyonnais découvre depuis hier un paddock dans lequel il n'avait jamais eu l'occasion de venir, bien qu'il connaisse la piste de Misano grâce à ses expériences passées en dérivées de la série. "Je suis jeune, mais j'ai pas mal d'expériences parce que j'ai fait le Superstock 600, le Superstock 1000, du BSB, le Mondial Superbike", énumère-t-il. Il a également touché à l'Endurance, bien qu'il ait été blessé en essais du Bol d'Or l'année dernière, et roule actuellement en Espagne tout en effectuant depuis 2016 quelques piges en Championnat de France, avec trois podiums en quatre courses à la clé.

Christophe Ponsson, Avintia Racing

C'est justement en rentrant de la dernière manche FSBK, à Carole, qu'il a reçu cette invitation qui l'a lui-même surpris. "Je suis rentré le lundi après-midi de cette course et on m'a appelé. J'ai cru que c'était une blague, honnêtement !" nous avoue-t-il. "On m'a dit que la moto était libre. Bien sûr, j'étais au courant que Tito Rabat s'était blessé parce que je suis forcément tout ce qui se passe. Je me suis dit 'Pourquoi moi ?', parce que je pensais qu'il y avait bien d'autres pilotes, par exemple en Mondial Superbike. On m'a expliqué que pour des raisons de contrats ça n'était pas possible pour d'autres pilotes."

Que répond-il, justement, à ceux qui se demandent "pourquoi lui" ? "Il y avait ces histoires de contrat, ce qui a fait une sorte d'entonnoir", reprend le Français, recommandé par Ruben Xaus alors qu'Avintia cherchait un pilote disponible. "Il y avait plusieurs pilotes sur la liste et, pour donner un exemple, il y avait aussi Mike Jones, qui a fait deux wild-cards avec le team en 2016 et qui roule avec moi en championnat d'Espagne ; on est à égalité de points au championnat et il n'y a qu'une course où il m'a battu régulièrement. Après, je suis un peu plus jeune que lui, peut-être que le fait aussi que je parle très bien espagnol [a pu jouer]."

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Impatient de se lancer, Christophe Ponsson a fait une arrivée discrète dans le paddock, précédé bien malgré lui par les critiques de ses nouveaux collègues. C'est la piste qui livrera à présent son verdict, alors qu'il dispute sa première journée d'essais libres au guidon de la Ducati GP16 habituellement pilotée par Xavier Siméon – qui hérite, lui, de la GP17 de Tito Rabat pendant sa convalescence.

"C'est un sacré challenge", reconnaît Ponsson. "Bien sûr, cette moto freine beaucoup mieux, elle accélère vraiment mieux, elle marche vraiment mieux, l'électronique, les pneus Michelin que je ne connais pas… il y a beaucoup de choses à découvrir en très peu de temps, mais il faut se dire que ça reste une moto et que tout est plus performant. Je verrai bien quand je vais faire mes premiers freinages avec les freins carbone, je vais voir que je vais m'arrêter d'un seul coup, et petit à petit je vais retarder mes freinages. La première séance va être la vraie découverte."

Avec Guillaume Navarro et Willy Zinck

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