Pramac veut garder ses pilotes, "mais Miller n'est pas d'accord"

Le team Pramac aimerait pouvoir conserver un line-up inchangé pour la saison prochaine, seulement le pilote australien nourrit d'autres ambitions...

Pramac veut garder ses pilotes, "mais Miller n'est pas d'accord"

À l'approche du Grand Prix d'Italie, l'attention devient de plus en plus forte sur les quelques places à pourvoir pour la saison prochaine. Bien que les pilotes officiels soient quasiment tous sous contrat pour deux ans, Danilo Petrucci n'a, lui, signé que pour cette saison 2019 avec l'équipe Ducati factory, si bien que son guidon est particulièrement convoité. Et le premier sur la liste d'attente n'est autre que son ancien coéquipier, Jack Miller.

Entre Pramac et Ducati existe un réel rapport de junior team à structure factory, avec une dynamique assez naturelle ayant permis dernièrement de récompenser les progrès des pilotes. Si les nouveaux venus débutent avec un modèle plus ancien que celui dont dispose leur coéquipier, ils se voient confier une machine plus récente par la suite et peuvent, à l'étape suivante, prétendre intégrer l'équipe officielle, un passage réalisé par Petrucci cette année. Dans le jeu de chaises musicales qui s'est mis en place, Miller a obtenu en 2019 une moto de la même spécification que celle des pilotes factory, héritant ainsi de la place laissée vacante par le pilote italien. Mais il se fixe logiquement comme objectif suivant d'intégrer à ton tour l'équipe factory si une place devait se libérer.

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Le pilote australien peut se targuer d'avoir réalisé un début de championnat solide, avec quatre qualifications dans le top 5 couplées à un podium à Austin et deux deuxièmes places en Argentine et en France, où il a par ailleurs contesté la tête de la course à Marc Márquez durant quelques tours. Face à un Danilo Petrucci qui tarde à accéder au niveau attendu de lui, Miller a été ces dernières semaines cité comme la meilleure option de remplacement de son ancien coéquipier pour la saison prochaine. Et il ne s'en cache : il veut bel et bien cette place.

"Il est clair que Jack veut cette place, mais il faut voir si elle sera disponible", souligne Francesco Guidotti, team manager Pramac Racing, auprès du site officiel du MotoGP. "Notre priorité est de maintenir notre line-up actuel avec Pecco [Bagnaia] et Miller. Mais Miller n'est pas d'accord avec moi, parce qu'il vise l'équipe officielle Ducati. Il se pourrait que Miller fasse le 'sacrifice' de rester avec nous si Ducati ne lui donne pas le guidon, ou bien peut-être préfèrera-t-il une équipe officielle en abandonnant Ducati."

Jack Miller, Pramac Racing

Bien que satisfait par les performances de son pilote et désireux de le garder, le team manager italien n'a donc aucune certitude à ce jour quant à l'avenir de la relation entre Miller et Pramac. Aussi étudie-t-il d'autres solutions, contraint de prévenir tout scénario pouvant libérer l'un des guidons satellites Ducati.

"Jack n'a pas de contrat pour l'année prochaine et nous devons évaluer d'autres solutions si jamais il souhaitait rejoindre l'équipe officielle ou bien aller ailleurs dans le cas où nous ne pourrions pas répondre à ses besoins", admet-il. "Il faut que nous ayons une vue d'ensemble du marché et de ceux qui souhaitent passer du Moto2 au MotoGP en ayant les qualités pour cela. Mais nous ne nous concentrons pas sur un pilote en particulier et nous souhaitons, si possible, conserver notre organisation actuelle. Ducati et nous n'avons pas la situation des pilotes en main, ils pourraient décider de partir."

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Le patron de l'équipe privée italienne n'en oublie pas non plus le paramètre financier, sachant qu'un pilote du calibre de Jack Miller pourrait finir par coûter trop cher à une structure non officielle comme la sienne. "C'est quelque chose que nous devons absolument prendre en considération en tant qu'équipe privée. Si Miller voulait rester avec nous mais que son coût était celui d'un pilote officiel, nous devrions évaluer la situation. Il y a énormément de variables à prendre en compte. C'est la raison pour laquelle nous devons être prêts et comprendre le scénario général."

Jack Miller, Pramac Racing

Une simple rencontre avec le manager d'Álex Márquez

Dans ce contexte, des bruits de couloir ont fait état d'un contact entre Pramac Racing et le manager d'Álex Márquez, 23 ans, qui dispute sa cinquième saison en Moto2 après avoir été titré en Moto3 en 2014. "La situation a grossi [de façon disproportionnée] par rapport à ce qu'elle est réellement", précise Francesco Guidotti au sujet du frère de Marc Márquez, bien qu'un contact avec Emilio Alzamora, son manager, ait eu lieu. "Nous avons rencontré Alzamora afin de voir s'il existait la possibilité d'avoir Álex ici. C'est une procédure standard, lorsqu'un manager de pilote demande à nous parler, nous le faisons. Et nous avons de toute façon d'autres rendez-vous prévus", précise le team manager, assurant que "Álex n'a pas la priorité sur d'autres pilotes" et que la priorité en l'état est bel et bien de conserver la paire Miller-Bagnaia.

Le pilote espagnol, lui, fait savoir qu'il pourrait désormais se sentir prêt à faire le grand saut. "Pourquoi pas. J'ai dit que je n'avais pas franchi le pas parce que je ne me sentais pas préparé, mais cette année je me sens plus préparé et je pense que si j'ai une opportunité je la saisirai", pointe-t-il, indiquant se sentir prêt "spécialement avec cette moto", après en avoir "beaucoup appris sur l'électronique et le style de pilotage".

Márquez, qui vient de remporter au Mans sa première victoire en près de deux ans, s'en remet toutefois à son manager : "Tout le monde bouge, regarde comment passer en MotoGP et il faut avancer vite, mais c'est le travail d'Emilio. J'ai une bonne relation avec les gens de Pramac, mais c'est Emilio qui discute, donc il sait plus et mieux que moi."

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