Les qualifications, priorité de KTM pour progresser

Les pilotes KTM peinent à s'extirper de la Q1 cette saison, une faiblesse difficile à compenser en course et que la marque entend corriger au plus vite.

Les qualifications, priorité de KTM pour progresser
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Depuis le podium de Brad Binder au Qatar, manche d'ouverture de la saison, et le succès de Miguel Oliveira sous la pluie en Indonésie, le deuxième rendez-vous de l'année, KTM n'a décroché qu'un seul top 5 en course, grâce à Oliveira au Portugal. Lors du dernier Grand Prix, au Sachsenring, Binder a pris la septième place, deux positions devant Oliveira, alors qu'ils s'élançaient tous deux en cinquième ligne après avoir été éliminés en Q1.

Oliveira estime qu'il aurait "sans le moindre doute" pu se battre pour le top 6 avec une meilleure position sur la grille de départ. "Je pense que le fait de ne pas être entré en Q2 a vraiment défini mon week-end", a déploré celui qui cédera sa place dans l'équipe KTM officielle en fin de saison, jugeant des progrès indispensables en qualifications : "Il nous manque juste [cette performance] sur un tour. Dès qu'on prend un pneu neuf, il faut être beaucoup plus rapide."

"Dans certaines courses, on n'a pas le rythme et on finit plus ou moins à la même position. Imaginez si on partait des deux ou trois premières lignes, ça serait une toute autre histoire. Mais c'est comme ça."

Francesco Guidotti est conscient de cette faiblesse, ses pilotes ayant été éliminés dès la Q1 lors de chacun des cinq derniers week-ends de Grand Prix. Le team manager de l'équipe KTM est impressionné par les performances de ses pilotes, Binder en tête après les huit places gagnées en Allemagne, mais sait que de meilleurs résultats seraient possibles avec de meilleures prestations le samedi.

"Malheureusement, il n'y a pas de secret, seulement un énorme effort de la part de Brad, qui est un incroyable battant", a souligné Guidotti dans le podcast du MotoGP. "Pendant la course, il est capable de pousser pour extraire 110% de son potentiel et de tirer le maximum de la moto. Nous devons lui donner, ainsi qu'à Miguel, la possibilité de faire un meilleur tour de qualifications afin d'obtenir une meilleure position sur la grille et ils seront alors mieux placés pour se battre pour se meilleures positions en course."

"Lors des trois premières manches, ils ont pu atteindre la Q2 et les résultats ont été incroyablement meilleurs. À Portimão aussi, nous sommes entrés en Q2 et Miguel a pu décrocher un bon résultat. Le rythme en course semble là, la moto peut être améliorée mais c'est déjà une bonne base. Ce qui nous manque ce sont les qualifications, et cela compliqué tout pour la course."

Les éliminations en Q2 contraignent Brad Binder à des remontées

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"Brad est un incroyable battant et il peut atteindre des dixièmes, huitièmes, septièmes places en course, mais c'est plus risqué, ça use plus les pneus… Tout cela est inutile quand on peut le faire plus facilement en partant d'une meilleure position sur la grille."

"En partant derrière, il est toujours difficile de rattraper suffisamment de temps pour se battre ensuite pour le podium ou pour le top 5", a-t-il ajouté. "Quand on part de la cinquième ligne, on finit le premier tour avec au moins une seconde de retard sur le leader. Et on sait à quel point la lutte est serrée et les écarts restreints entre les pilotes. Pour le moment, c'est la première chose que nous devons résoudre."

De l'espoir pour Assen, des changements pour Silverstone ?

Francesco Guidotti attend donc des progrès au plus vite dans l'exercice des qualifications. Des changements majeurs sont exclus pour le GP des Pays-Bas prévu ce week-end mais de nouvelles solutions pourraient être testées en Grande-Bretagne, au sortir de la pause estivale : "Nous nous concentrons [...] sur ce souci, et peut-être qu'à Assen nous pourrions voir quelque chose de mieux en cas de conditions météo stables – ce qui sera difficile – mais sinon il va nous falloir tester nos nouvelles idées à Silverstone ou lors des courses suivantes." 

Car même si KTM compte maintenant six succès en MotoGP – dont un seul conquis depuis la première ligne – le constructeur autrichien n'est pas encore au niveau de ses concurrents les plus aguerris. Depuis la saison passée, KTM est privé des concessions techniques et donc d'une certaine liberté dans son développement, et Guidotti, arrivé l'hiver dernier, perçoit des pistes de progrès multiples.

"Il y a beaucoup de domaines dans lesquels nous pouvons progresser. Il ne faut pas oublier que ce projet est très jeune et passer d'un statut avec concessions à sans concessions a aussi été un gros changement. Nous payons maintenant un certain manque d'expérience de l'année dernière et d'il y a deux ans. Nous devons rattraper un peu de temps. Nous avons beaucoup d'idées, nous avons besoin d'un peu plus de temps pour tout assembler, mais nous savons où aller et plus ou moins comment."

Miguel Oliveira, Red Bull KTM Factory Racing

Miguel Oliveira

"Cependant nous avons besoin d'un peu de temps. Notre projet a six ans, ça n'est rien par rapport à nos adversaires à l'heure actuelle. Nous faisons du bon boulot et nous ne devons pas oublier notre objectif. Nous ne pouvons pas non plus oublier le niveau de nos adversaires et que c'est un projet encore très jeune." 

KTM doit en plus composer avec un plateau plus serré que jamais qui ne récompense pas toujours les progrès accomplis, une bonne performance pouvant se conclure sur un résultat en demi-teinte. Il y a quatre ans, la visite à Assen avait vu un top 15 qui se tenait en 16"043, alors un record, mais il a depuis été abaissé à 8"928 et Guidotti pense que de telles courses sont susceptibles de se reproduire.

"Le niveau de compétitivité est le plus élevé. Je me souviens très bien du Grand Prix à Assen [en 2018], ça avait été vraiment quelque chose de dingue et je crois que cela peut se produire à nouveau le week-end prochain, d'autant qu'entre-temps le niveau de compétitivité en général a encore grimpé. Je ne serais pas surpris si ça devait arriver à nouveau. Nous étions [septièmes] au Mugello avec un retard de quatre secondes sur le vainqueur, alors c'est dingue. C'est une énorme motivation à faire mieux, mais dans le même temps c'est dingue à ce niveau-là."

Avec Léna Buffa

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