Quartararo : "On a pris le temps d'étudier les différentes offres"

C'est un Fabio Quartararo aux anges qui va entamer la semaine prochaine sa pré-saison, déjà certain de disposer dans un an d'une des meilleures places du MotoGP. Un choix auquel il a pris le temps de réfléchir, aussi séduisant ait-il été.

Quartararo : "On a pris le temps d'étudier les différentes offres"

C'est le rêve américain à la sauce niçoise. Fabio Quartararo ne va pas se départir de sitôt du large sourire qu'il a arboré tout au long de l'année dernière, celle d'un premier accomplissement puisqu'il a fait, à 19 ans, des débuts couronnés de succès dans la catégorie reine des Grands Prix moto. Une autre étape majeure l'attendra en effet dès l'année prochaine, lorsqu'il sera cette fois intronisé pilote officiel dans l'une des équipes les plus en vue du plateau. Lui qui, comme des milliers d'autres, se faisait photographier à côté de Valentino Rossi dans le paddock lorsqu'il était enfant, est désormais celui sur qui Yamaha a choisi de miser, l'élément suffisamment fort pour pousser la marque à confronter la star italienne au devoir de réfléchir à son avenir et d'envisager sérieusement l'éventualité d'une retraite.

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Le rythme de Rossi n'est plus celui du MotoGP. Près de trois ans après sa dernière victoire en date, le #46 doit prendre une décision et il a pour cela besoin de temps, un temps que n'avait pas Yamaha. Sur un marché des transferts de plus en plus tendu, le cycle des signatures de contrats s'enclenche bien trop tôt pour que les performances d'une saison pèsent dans la balance en vue des line-ups de l'année suivante. Désormais, c'est sur la réalité de la saison précédente que les négociations s'appuient. Dès lors, l'homme fort dans les négociations menées cet hiver par Iwata, c'était bien Quartararo. Car après avoir convaincu Maverick Viñales de rester, Yamaha n'avait plus qu'une place à disposition dans son équipe officielle pour 2021 et 2022, et il n'était pas question de ne pas tout faire pour y attirer le jeune Français, si prometteur.

Depuis plusieurs mois déjà, le constructeur faisait le nécessaire pour contenter sa pépite. Doté initialement de la M1 la moins aboutie du plateau, il a reçu des évolutions en cours de saison, puis a obtenu la garantie de disposer pour 2020 d'une moto de même spécification que celle des pilotes officiels. Ne restait plus qu'à lui offrir la promotion suivante, la possibilité d'intégrer le line-up factory, sans quoi le Rookie de l'année 2019 avait toutes les chances de se faire séduire par la concurrence.

"Depuis la fin décembre, je sentais qu'il y avait chez eux une vraie envie qu'on continue à travailler ensemble. Ils m'ont fait comprendre qu'ils me voulaient vraiment. Aujourd'hui, ils font de gros efforts pour faire progresser leur moto, je pense qu'ils se projettent vers l'avenir", observe Quartararo dans les colonnes de L'Équipe.

Convaincu par son choix, il a malgré tout pris le temps de la réflexion. "On a quand même pris le temps d'étudier les différentes offres qui nous étaient faites. On n'a pas dit oui tout de suite", indique-t-il. "Mais comme je l'ai dit, il y avait de la part de Yamaha des témoignages de confiance, notamment avec cette mise à disposition d'une moto d'usine dès cette saison. Et puis la Yamaha, c'est aussi une moto que je connais et avec laquelle je me sens bien. Pouvoir rester quatre ans avec la même marque, je pense que c'est aussi quelque chose de positif. Yamaha, c'était la meilleure décision."

"Succéder à Rossi chez Yamaha... Incroyable !"

Si les accords conclus par Yamaha en vue de 2021 et 2022 ne sont pas, en l'état, synonymes de retraite pour Rossi, c'est tout de même bien la place de l'idole que prendra le jeune Quartararo dans un an. Une passation de pouvoir qui a de quoi faire la joie de l'étoile montante du MotoGP, lui-même estomaqué par la fulgurance de son ascension.

"Disposer dès cette année d'une moto d'usine, puis succéder quelque part à Valentino Rossi chez Yamaha... Oui, c'est incroyable !" confie-t-il. "Ce qui est sûr, c'est que c'est quelque chose que je n'aurais jamais imaginé. Déjà, il n'y a encore que deux ans, qui aurait pensé que je me retrouverais aussi vite en MotoGP ? Et maintenant, on me dit que je vais rejoindre cette prestigieuse équipe Yamaha… C'est exceptionnel. Après, Valentino, tout le monde sait qu'il est en fin de carrière. Cette histoire n'aurait pas été la même dix ans plus tôt."

Bien qu'il ignore si sa promotion a été adoubée par Rossi, Quartararo sent bien que le nonuple Champion du monde ne lui est pas hostile : "Je pense en tout cas qu'il ne s'y est pas opposé. On sait tous le pouvoir qu'a Valentino chez Yamaha... D'ailleurs, l'an dernier, il a toujours eu des mots positifs à mon égard. Et puis les résultats que j'ai obtenus pour ma première saison en MotoGP ont forcément pesé dans la balance."

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Désormais, c'est l'esprit libéré que le meilleur débutant et premier pilote indépendant de 2019 va entamer sa deuxième saison parmi l'élite. Il ne sera pas perturbé par les discussions d'avenir et va pouvoir investir tous ses efforts dans la quête de sa première victoire et la préparation du cap qu'il passera dans quelques mois.

"Ce qui est aussi pour moi très important, c'est que je sais où je serai pour les trois saisons à venir. Je vais pouvoir aborder la compétition avec beaucoup de sérénité, sans me soucier de mon avenir", assure-t-il. "Je me sens prêt. Surtout après avoir signé un tel contrat ! J'ai les idées claires, je sais ce que je vais faire les trois prochaines années, et justement, cela m'enlève de la pression."

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