Que sont devenus les Rookies de l'année en 20 ans ?
Chaque année depuis 20 ans, le meilleur débutant en MotoGP se voit attribuer le titre de Rookie de la saison. Mais que deviennent-ils après cette reconnaissance ? Voici le parcours des jeunes pilotes qui ont ainsi été récompensés à leur arrivée dans la catégorie reine.
Nouvelle ère après les 500cc, le MotoGP a célébré l'an passé ses 20 années d'existence. Tout au long des saisons, la catégorie a vu passer nombre de débutants qui ont lutté afin de recevoir le titre de meilleur rookie, première distinction de taille avant d'espérer décrocher un jour le Graal d'un sacre mondial. Après ces deux décennies, que reste-t-il de leurs performances et jusqu'où les ont-elles menés ?
Treize d'entre eux sont toujours en activité dans le paddock MotoGP, que ce soit en tant que titulaire ou en tant que pilote d'essai, à commencer, logiquement, par les trois derniers à avoir reçu le titre. Fort d'un premier podium et de solides résultats, Marco Bezzecchi (2022) a prolongé pour une seconde saison au sein de l'équipe VR46. Jorge Martín (2021) va poursuivre dans l'équipe Pramac, après avoir été proche de la titularisation dans l'équipe Ducati officielle, qui lui a finalement préféré Enea Bastianini. De son côté, Brad Binder (2020) a fait ses débuts directement au sein d'une structure d'usine, chez KTM, et s'est depuis imposé comme le leader de la marque grâce à sa régularité qui lui a permis d'effectuer quelques coups d'éclat, dont deux victoires et trois podiums malgré les difficultés rencontrées par la RC16.
Depuis leur titre de meilleur rookie, les autres pilotes encore présents sont tous passés tour à tour par des équipes d'usine, avec plus ou moins de succès. Vice-Champion du monde 2020, Franco Morbidelli (2018) a été promu dans le team factory Yamaha en 2021, dans des conditions particulières puisqu'il était de retour d'une lourde blessure au genou et que la saison était en cours, la place s'étant libérée de façon imprévue avec le départ de Maverick Viñales. L'alchimie avec la nouvelle M1 s'est révélée compliquée depuis, malgré du mieux fin 2022.
Maverick Viñales (2015), justement, a également connu une trajectoire faite de hauts et de bas. S'il s'est imposé avec Suzuki dès sa seconde saison avant de signer chez Yamaha, il n'est pas parvenu à décrocher le titre malgré ses victoires et a vu sa relation avec le constructeur se dégrader au fur et à mesure des années, jusqu'à la rupture, survenue donc en milieu de saison 2021. Parvenu à rebondir chez Aprilia, il a décroché trois podiums en 2022 et est désormais en quête de son premier succès avec la marque.
Johann Zarco et Pol Espargaró au GP d'Aragón 2020
Johann Zarco (2017) s'est lui aussi retrouvé sans guidon en cours d'année avant d'obtenir une nouvelle chance. Après ses deux premières saisons impressionnantes chez Yamaha, le Français est devenu pilote officiel KTM en 2019 mais a vu son rêve tourner court. Décidant de quitter la marque pendant l'été, il est rapidement revenu chez LCR avant de signer avec Ducati à compter de 2020, ce qui lui a permis de renouer avec le podium.
À l'inverse de Zarco, Pol Espargaró (2014) a trouvé en KTM une union qui lui a permis de revenir aux avant-postes, après une solide première saison de rookie avec Yamaha à laquelle il n’était pas parvenu à donner la suite espérée. Leader du projet autrichien à compter de 2017, il a conclu la saison 2020 dans le top 5 après plusieurs années de développement et espérait monter d'un cran en rejoignant Honda, ce qui ne s'est pas concrétisé. Deux ans après avoir quitté KTM, l'Espagnol y revient en 2023, cette fois dans le team satellite Tech3.
Les actuels pilotes d'essai
Dani Pedrosa (2006), Mika Kallio (2009), Cal Crutchlow (2011) et Stefan Bradl (2012) officient toujours dans le paddock en tant que pilotes d'essai. L'Espagnol, tout d'abord, possède l'une des carrières les plus riches du MotoGP, avec 13 années passées au sommet, dans le giron Honda, dont 11 parmi le top 4 final. S'il n'a jamais été titré, il a décroché 112 podiums dont 31 victoires et a été l'un des pilotes les plus performants de la décennie, avant de prendre sa retraite fin 2018 et de devenir essayeur pour KTM, où officiait déjà Kallio. Le Finlandais aura connu un passage très rapide en MotoGP en 2009 et 2010, avant de retrouver le Moto2 pour y décrocher de biens meilleurs résultats. Vice-Champion du monde en 2014, sa carrière a connu une fin précipitée avec une saison 2015 très compliquée. Son arrivée chez KTM à partir de 2016 lui a permis d'effectuer plusieurs wild-cards et remplacements en plus de son travail de développeur.
De son côté, Crutchlow a évolué trois ans pour la marque aux diapasons avant de tenter le pari Ducati pour une saison... et de vite demander la rupture de son contrat. C'est finalement chez Honda qu'il a passé la plus grande partie de sa carrière en MotoGP, de 2015 à 2020, avant de se retirer des Grands Prix avec un palmarès de 19 podiums, dont trois victoires, et de devenir essayeur pour Yamaha. Il a à nouveau disputé plusieurs Grands Prix, notamment en remplacement d'Andrea Dovizioso en fin de saison dernière.
Champion du monde Moto2 en titre à son arrivée dans la catégorie, Bradl n'a finalement passé que cinq saisons complètes en MotoGP avec un podium à son compteur, avant de tenter sa chance en WorldSBK. Devenu pilote d'essai pour Honda à compter de 2018, il a effectué plusieurs wild-cards et remplacements en MotoGP, notamment ceux de Marc Márquez depuis sa blessure en 2020.
Jusqu’à l'an passé, Sylvain Guintoli (2007) était lui aussi actif dans le paddock en tant que pilote essayeur pour Suzuki. Après deux saisons au guidon de Yamaha puis de Ducati, le Français est parti faire carrière en WorldSBK en 2009 et a été sacré Champion du monde en 2014. Revenu au MotoGP avec le projet Suzuki en 2017, il a aidé au développement de la GSX-RR et disputé plusieurs courses, avant que le constructeur ne décide de quitter la compétition fin 2022.
Les Champions du monde
Marc Márquez (2013) et Fabio Quartararo (2019) complètent la liste des pilotes toujours présents en MotoGP, mais font également partie des quatre seuls meilleurs rookies à avoir été sacrés Champions du monde par la suite. Parmi eux, le #93 reste bien entendu celui qui détient le palmarès le plus important. Champion du monde dès son arrivée dans la catégorie en 2013, il était alors à la fois le meilleur rookie et le meilleur pilote du plateau, et il a par la suite été sacré à cinq autre reprises, en plus de battre de nombreux records.
Sur le podium dès son septième Grand Prix en MotoGP, en 2019, Fabio Quartararo a quant à lui remporté sa première course dès sa deuxième année et s'est alors retrouvé en lice pour le titre une grande partie de la saison. Apprenant de ses erreurs, il l'a finalement décroché en 2021 et est devenu le premier Français Champion du monde de MotoGP de l'Histoire. Il a remis sa couronne en jeu en 2022 et a cette fois terminé deuxième du championnat, derrière Pecco Bagnaia.
Avec ses trois titres MotoGP, Jorge Lorenzo (2008) est l'ancien meilleur rookie le plus performant après Márquez. Sacré en 2010, 2012 et 2015 avec Yamaha, il est parti chez Ducati en 2016, où la mayonnaise a peiné à prendre malgré trois victoires, puis chez Honda pour y faire équipe avec Márquez. Las des chutes à répétition et d’une RC213V trop éloignée de son style de pilotage, le Majorquin a pris sa retraite fin 2019. Brièvement pilote d'essai pour Yamaha, il s'est depuis orienté vers la course auto.
Marc Márquez, Jorge Lorenzo et Nicky Hayden au GP du Japon 2013.
Nicky Hayden (2003) est lui aussi parvenu à transformer son titre de meilleur rookie en celui de Champion du monde, trois ans après son arrivée dans la catégorie. En 2006, il a ainsi triomphé face à Valentino Rossi, mais n'est pas parvenu à se maintenir ensuite aux avant-postes, et les podiums se sont faits de plus en plus rares avec son passage de Honda à Ducati. Engagé ensuite dans des équipes moins importantes à partir de 2014, il a finalement quitté le MotoGP pour le WorldSBK en 2016, où il a retrouvé la victoire, mais n'a pas eu le temps de briller dans la catégorie. Percuté par une voiture alors qu'il s'entraînait à vélo en Italie, Nicky Hayden est décédé en 2017, à l'âge de 35 ans.
Espoirs envolés
Parmi les 21 pilotes à avoir ainsi brillé à leurs débuts en MotoGP, la course moto a aussi pleuré Daijiro Kato, qui fut le premier à obtenir ce titre de Rookie de l’année, en 2002. Champion 250cc en titre, le Japonais avait impressionné en montant sur le podium dès sa troisième course, et réalisé une solide saison de débutant. L'année 2003 devait être celle de la confirmation, tous les espoirs étant alors permis, mais ceux-ci se sont envolés dès la première course, à Suzuka. Victime d'un très violent accident, le Japonais est décédé des suites de ses blessures deux semaines plus tard, à seulement 26 ans.
De façon bien moins dramatique, plusieurs pilotes ont quitté rapidement le MotoGP sans parvenir à concrétiser leur première année réussie. L'exemple le plus notable est celui de Ben Spies, fort d'un gros palmarès avant le MotoGP et qui, dès ses premières wild-cards chez Yamaha, avait impressionné en terminant à trois reprises dans le top 10. Titularisé en 2010, il a conclu sa saison de rookie au sixième rang avec deux podiums et a été promu dans l'équipe officielle Yamaha dès l'année suivante. Cinquième au classement général grâce notamment à un premier succès, il a continué sur sa lancée avant de rencontrer des difficultés en 2012, et de lourdement se blesser à l'épaule en fin de saison. Cet accident a marqué la fin de la carrière de l'Américain, malgré sa tentative de disputer la saison 2013 chez Pramac. Contraint au forfait après deux courses, il a connu plusieurs opérations et un retour manqué en cours d'année, l'obligeant à prendre sa retraite, à 29 ans.
Arrivé en 2016 après avoir été sacré Champion du monde Moto2, Tito Rabat a de son côté enchaîné les difficultés en plus de subir une importante blessure en 2018, et n'a jamais été en mesure de monter sur le podium. Cantonné au fond du peloton, il est resté cinq saisons avant de partir en WorldSBK.
Tito Rabat et Rubén Xaus, alors team manager d'Avintia, en 2020.
Rubén Xaus (2004) et Toni Elías (2005) n'ont pas non plus connu le parcours escompté en MotoGP. Onzième de sa première saison avec un podium à son actif, Xaus a pourtant rencontré des difficultés lors de sa seconde année, entre un changement d'équipe et de machine qui n'a pas fonctionné. L'Espagnol est alors retourné en WorldSBK, où il a été vice-Champion avant son arrivée en MotoGP, et y a retrouvé la victoire et le podium durant deux saisons. Il a depuis pris d'autres responsabilité et notamment celles de team manager de l'équipe Avintia en MotoGP.
Elías a de son côté connu un parcours atypique. Meilleur rookie MotoGP en 2005, il s'est imposé dès 2006 et est monté sur le podium à une ou deux reprises chaque année avant de décider de rejoindre le Moto2 en 2010, où il a été sacré Champion du monde. Ce titre a néanmoins marqué la fin de ses performances puisque, revenu en MotoGP la saison suivante, il n'est plus monté sur le podium et a alterné entre des saisons en Moto2 et en MotoGP avant de partir en MotoAmerica Superbike, où il a lancé une autre carrière réussie, décrochant le titre en 2016.
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires