Qui sera la prochaine star du MotoGP?

Sans même parler des Champions, les vainqueurs du MotoGP font partie d'un club privé, réservé aux plus illustres. Qui, parmi les étoiles montantes de la discipline, pourrait y faire son entrée?

Depuis le début de l'ère 1000cc du MotoGP, ils ne sont que cinq à s'être imposés en catégorie reine : Jorge Lorenzo, Casey Stoner, Dani Pedrosa, Marc Márquez et Valentino Rossi. Dans ce quinté vainqueur, on doit désormais se passer de Stoner, l'Australien ayant raccroché fin 2012 fort de deux titres de Champion du Monde.

Il ne reste donc que les "quatre fantastiques" comme on les appelle communément, qui se partagent à eux seuls les guidons officiels Honda et Yamaha. Tous sous contrat pour la saison prochaine, il ne reste que peu de chances à quiconque de s'inviter dans un futur proche parmi les pilotes victorieux en MotoGP.

Mais lorsque l'une des machines des deux équipes dominatrices sera libre, ou bien lorsque Ducati, Suzuki ou une autre marque sera en mesure de franchir le cap de la victoire, qui saura rivaliser avec les stars du Championnat?

Nous avons sélectionné six pilotes qui nous paraissent en position d'y parvenir. Certains sont déjà en MotoGP, d'autres gravissent les échelons qui y mènent.

Andrea Iannone (26 ans, pilote Ducati en MotoGP)

Il est l'un des rares à avoir pu rivaliser avec Márquez en Moto2. Deux ans et demi après son accession à la catégorie reine, l'Italien a mûri et nous a habitués à se montrer rapide tout en évitant les erreurs. Il a déjà connu la pole position, la place de leader en course et le podium depuis son arrivée.

Le prochain cap à franchir, c'est la victoire. Quant à savoir quand il sera en mesure d'y arriver, cela dépendra grandement des progrès réalisés par Ducati, avec qui il est sous contrat jusque fin 2016. Si le constructeur de Borgo Panigale poursuit la courbe de progression entamée après avoir touché le fond entre 2011 et 2013, alors Andrea Iannone pourrait avoir remporté une première course avant la fin de son engagement.

Les meilleures chances de titre du pilote italien pourraient toutefois se trouver chez Honda et Yamaha, si jamais l'une des deux équipes phares du Championnat devait se séparer de l'un de ses pilotes actuels. La façon dont il a pris le dessus sur Andrea Dovizioso, un ancien de Repsol Honda, laisse à penser qu'il a bien tout ce qu'il faut pour prendre ses habitudes sur la plus haute marche du podium, à partir du moment où il disposera de la bonne moto pour le faire.

Maverick Viñales (20 ans, pilote officiel Suzuki MotoGP)

Dès sa première saison en 125cc en 2011, Viñales a montré qu'il avait tout d'une star. Il n'a donc pas été surprenant de voir l'Espagnol accéder à un guidon MotoGP en à peine quatre ans de carrière mondiale, après avoir remporté 16 victoires en Grands Prix et le titre Moto3 en 2013.

Il faut bien reconnaître que Suzuki a encore un bout de chemin à parcourir avant de retrouver des courbes de résultats dignes de ses heures de gloire, celles de Kevin Schwantz ou de Kenny Roberts Jr. Néanmoins, la structure gérée par l'expérimenté Davide Brivio a déjà dépassé les attentes pour sa première année.

Maverick Viñales, pour sa part, ne fait pas pâle figure face à son coéquipier, le réputé Aleix Espargaró, star des catégories CRT et Open. Déjà sous contrat pour 2016, Viñales ne changera pas de crèmerie la saison prochaine mais pourrait, en revanche, bien figurer sur le mercato 2017.

Il a pour lui la jeunesse et de la vitesse à revendre. Il doit encore lisser quelques aspérités - sa chute à Brno découlait tout simplement de son refus de se contenter de la neuvième place - mais ne fera que se bonifier avec le temps. Et puis, il a quand même le prénom le plus cool du paddock!

Jack Miller (20 ans, sous contrat avec le HRC en MotoGP)

Les réactions étaient plutôt dubitatives lorsque Miller a annoncé l'an dernier qu'il passait directement du Moto3 au MotoGP, un contrat de trois ans avec Honda en poche. Mais le Vice Champion du Monde de la plus petite des cylindrées a montré qu'il avait les qualités pour faire perdurer la tradition des succès australiens au plus haut niveau de la compétition moto, dans la lignée des Wayne Gardner, Mick Doohan et autre Casey Stoner.

Grâce à ses performances au guidon d'une FTR Honda plutôt faible en comparaison du reste du plateau Moto3, sa saison 2013 lui a valu de figurer au classement Motocourse des 10 meilleurs pilotes de la saison - toutes catégories confondues. L'an dernier, ses exploits au guidon de la KTM se sont avérés insuffisants pour battre Alex Márquez dans la course au titre, toutefois Jack Miller a signé six victoires et huit pole positions, contre trois succès de chaque pour l'Espagnol.

Sa première saison en MotoGP ne l'a pas ménagé, mais compte tenu du saut de géant qu'il opérait entre les deux disciplines, il savait qu'il s'attaquait à un Everest. Et c'est précisément pour lui laisser le temps de prendre ses marques qu'Honda lui a offert un contrat sur le long terme, ce qui pourrait lui permettre de trouver une place au sein de l'équipe officielle en 2017.

Sa saison 2016 - qu'il disputera très probablement chez Aspar - pèsera sur son avenir, mais il se pourrait bien que l'on voie le jeune Jack Miller suivre un jour les traces de Doohan et Stoner en revêtant les couleurs de Repsol Honda.

Álex Rins (19 ans, actuellement 2e du Moto2)

Ces dernières années, les rookies ont eu un peu de mal à réussir leurs débuts en Moto2. Rins est une exception, car dès son arrivée du Moto3 il a su faire forte impression dans la catégorie intermédiaire face à des adversaires bien plus habitués à ce plateau. Finalement, on retrouve chez lui quelque chose de Maverick Viñales, son prédécesseur l'an dernier au sein de l'équipe de Sito Pons.

Malgré son manque d'expérience, sa maturité et son intelligence ont valu à Álex Rins de s'attirer l'attention du paddock MotoGP. Si son nom a circulé sur le mercato de la catégorie reine, il semble bien parti pour renouveler son association avec son équipe actuelle pour la saison 2016. Ce n'est pourtant qu'une question de temps avant qu'on ne le voie gravir l'échelon supérieur.

Cela tombe bien, car Pons a la ferme intention de revenir à la catégorie reine. On pourrait donc envisager un passage conjoint au MotoGP en 2017 pour le pilote espagnol et l'équipe de l'ancien Champion, qui a par le passé fait courir quelques grands noms tels qu'Alex Barros, Loris Capirossi ou Max Biaggi. Ses résultats en Moto2 l'an prochain pèseront dans la balance, sans compter que Rins est lié à Repsol et pourrait, par conséquent, avoir une autre carte à jouer pour accéder à un guidon officiel Honda.

Enea Bastianini (17 ans, actuellement 2e en Moto3)

Après s'être fait remarquer par d'impressionnantes performances durant sa première saison en Moto3 l'an dernier, Bastianini s'est affirmé cette année comme le plus grand rival de Danny Kent dans la course au titre. Sa régularité a de quoi faire des jaloux parmi des adversaires bien plus expérimentés que lui.

Jusqu'à la manche de Silverstone, il était en effet le seul à avoir atteint la zone des points à chaque manche. En l'espace de sept courses, il n'avait concédé qu'un seul point à Kent - un "vieux" qui compte 85 Grands Prix à son actif - et lui en avait même repris 21 en deux manches. Jusqu'à présent, la victoire a toujours échappé à l'Italien, mais cela témoigne surtout du niveau particulièrement élevé du Moto3.

Ses liens avec le team Gresini, qui l'aligne actuellement et qui gère le programme Aprilia en MotoGP, lui seront certainement utiles un jour. En attendant, une troisième saison en Moto3 ne ferait pas de mal à Enea Bastianini, même si des pilotes sans toute moins qualifiés ont déjà tenté avec succès le passage au Moto2. Peu importe où il évoluera l'année prochaine, il faudra certainement garder un oeil sur lui.

Fabio Quartararo (16 ans, rookie en Moto3)

On dit de lui que c'est le futur Marc Márquez. A 15 ans seulement, il a décroché un guidon en Moto3, après avoir enchaîné deux titres dans cette catégorie en Championnat espagnol (CEV). Jusqu'à présent, sa première saison sur la scène mondiale a toutefois été faite de hauts et de bas, avec deux pole positions, deux podiums mais aussi quatre abandons.

Cette irrégularité lui coûte cher, puisque Fabio Quartararo est passé de la troisième à la huitième place du classement mondial. Ceci dit, si l'on compare sa première saison à celles de Márquez, Rossi ou Lorenzo, le Français reste sans conteste en lice pour connaître un avenir brillant.

Pour ce faire, son manager Emilio Alzamora sera d'une aide précieuse. Champion du Monde 125cc en 1999, l'Espagnol est devenu l'un des conseillers les plus en vue du paddock et il a notamment accompagné l'évolution de Marc Márquez. Talentueux, bien entouré, dans les petits papiers des meilleures équipes... Et si Quartararo suivait les pas de Rossi en décrochant les lauriers dès sa deuxième saison?

 

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Séries MotoGP , Moto2 , Moto3
Pilotes Andrea Iannone , Jack Miller , Maverick Viñales , Enea Bastianini , Fabio Quartararo , Álex Rins
Type d'article Analyse