Razgatlioglu face à un mur avec sa Yamaha : "Chaque week-end, j'ai le même problème"
En dehors de l'espoir d'un top 5 que lui a donné le passage de la pluie samedi, Toprak Razgatlioglu a connu un week-end similaire aux précédents à Jerez, bloqué face à ce qu'il pense être un problème de réglages électroniques sur sa Yamaha.
Toprak Razgatlioglu a connu un week-end mouvementé à Jerez, notamment à cause de sa chute dans la course sprint et de la pénalité que cela lui a valu pour la course principale, puisqu'il a été jugé responsable d'avoir fait tomber Lorenzo Savadori avec lui. En dehors de cet incident et de ses conséquences, le pilote turc a encore une fois subi un manque de performance criant, qui l'a relégué dans la seconde partie du classement.
La seule exception est venue du passage de la pluie, qui a gommé son retard samedi matin comme cela avait été le cas également au Brésil. Mais après sa sixième place dans les EL2, Razgatlioglu n'a pu se qualifier que 19e, avec pour seul soulagement de continuer à devancer Álex Rins et Jack Miller dans le petit groupe Yamaha.
Si le week-end a donc été difficile pour lui, le pilote Pramac Racing veut retenir qu'il a bien connu des moments de mieux, ce qui oriente de plus en plus l'origine de ses soucis vers l'électronique de sa moto.
"Vendredi, on avait plutôt bien commencé, et samedi matin, c'était parfait avec les conditions mouillées. Je me suis dit que c'était peut-être une bonne opportunité pour moi. Mais en qualifications, je ne me suis pas senti à l'aise : il y avait moins d'eau sur la piste, la moto patinait et je n'ai pas réussi à trouver le rythme", relate le pilote turc.
"Ensuite, la course [sprint] m'offrait peut-être une très belle opportunité, parce qu'on changeait de moto [avec le retour de la pluie], mais je suis tombé avant cela. Si je n'étais pas tombé, j'aurais peut-être eu une chance de finir dans le top 10 - peut-être même dans le top 5, je ne sais pas - parce que je me sens bien mieux sur le mouillé que sur le sec, surtout quand il y a beaucoup d'eau sur la piste."
Toprak Razgatlioglu était sixième des EL2 sous la pluie.
Photo de : Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
C'est précisément la pluie qui a entraîné son erreur de samedi dans la course sprint, et le fait qu'il soit pénalisé pour la première fois depuis qu'il a entamé cette nouvelle carrière de pilote MotoGP. Razgatlioglu a parfaitement accepté cette sanction en dépit de ce qui semble avoir été une incompréhension entre Savadori et lui.
"C'est ma faute parce que je suis tombé et que j'ai heurté Savadori. Il avait glissé avant cela, mais je suis tombé et je l'ai heurté, alors c'est ma faute", acceptait-il samedi après s'être excusé auprès du pilote Aprilia.
Razgatlioglu admettait s'être tout bonnement laissé tenter par l'arrivée de la pluie, qui lui offrait soudain une opportunité de briller. "Quand j'ai vu que la pluie s'intensifiait, je me suis mis à pousser un peu plus fort. J'ai essayé de dépasser des pilotes parce que tout le monde ralentissait, je poussais plus fort. J'ai passé Savadori et aussi Morbidelli dans le même virage. Savadori a eu l'air de manquer sa trajectoire et d'élargir, alors je me suis dit que j'allais relâcher les freins et prendre la ligne intérieure, mais je suis tombé."
"Toujours le même problème" qui le gêne en début de course
Après son long-lap, Razgatlioglu a terminé la course de dimanche à la 19e place, celle qu'il occupait sur la grille de départ. Et c'est en pestant contre le comportement de la Yamaha, particulièrement en début de course, qu'il a dressé le bilan de ce week-end amer.
"Pour moi, ça a vraiment été le pire week-end - enfin, après la Thaïlande… et aussi le Brésil", tente d'analyser Razgatlioglu, qui n'en est qu'à son quatrième Grand Prix en MotoGP mais se heurte immanquablement au même problème.
"Quoi qu'il en soit, j'ai quand même appris quelque chose pendant la course, parce qu'au début, je n'arrivais pas vraiment à trouver mon rythme : avec les pneus neufs, la moto ne s'arrêtait pas - toujours le même problème, le frein moteur. Mais vers la fin de la course, je sentais que ça allait beaucoup mieux, et j'ai aussi réalisé de bien meilleurs temps dans les cinq ou six derniers tours."
"J'ai discuté avec mon équipe et je leur ai demandé si on pouvait comparer les premiers et les derniers tours pour voir quelle était la différence. OK, l'arrière se dégrade, et j'ai l'impression que la moto bloque un peu au freinage, mais là, j'ai commencé à exploiter le potentiel du pneu avant."
"Avant cela, je n'arrivais pas à stopper la moto parce que l'arrière poussait sur l'avant. Et quand je freine plus fort, j'ai l'impression que l'avant se bloque, mais une fois que l'arrière commence à se bloquer et que je me mets à utiliser l'avant, la différence est énorme. En tout cas, ils analysent les données pour comprendre d'où vient cette grande différence. Mais j'ai encore compris [des choses] ce week-end."
L'électronique et le frein moteur au cœur du test
Désormais, Toprak Razgatlioglu attend beaucoup de la journée de test qui se déroule ce lundi à Jerez. "Il faut résoudre l'aspect électronique, c'est très important", martèle-t-il, ayant annoncé vouloir se concentrer exclusivement sur ce point. "J'en ai parlé avec mon équipe : on va utiliser surtout des pneus medium et se concentrer uniquement sur l'électronique."
Si on trouve le bon réglage pour le frein moteur, je pense que je commencerai à prendre du plaisir sur la moto.
"Il faut qu'on règle ce problème, car c'est vraiment un gros problème pour moi. Chaque week-end, j'ai le même problème, alors il faut le résoudre, et ensuite peut-être se concentrer sur le fait de faire tourner la moto et sur le grip arrière."
"Il faut qu'on trouve le bon réglage au niveau du frein moteur. Je n'ai que des problèmes de frein moteur, j'en reviens toujours à ça, donc je dois trouver une solution parce que je suis fatigué. Aujourd'hui, je ne prends pas de plaisir parce que la moto ne fonctionne pas. Je ne prends pas de plaisir sur la moto, c'est vraiment difficile de la piloter, mais si on trouve le bon réglage pour le frein moteur, je pense que je commencerai à prendre du plaisir sur la moto."
"Pour l'instant, je ne comprends pas la moto, car elle ne fonctionne pas, mais dans les derniers tours de la course, je commence à prendre du plaisir et je me sens plus motivé parce que je roule comme Toprak. Ça arrive trop tard, mais je commence à voir et comprendre certaines choses."
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