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Razgatlioglu frustré de ne pouvoir dépasser : "En MotoGP vous êtes juste spectateur"

Après huit Grands Prix en MotoGP, Toprak Razgatlioglu continue à ressentir parfois de la colère au guidon de la Yamaha, notamment en Hongrie où il s'est beaucoup plaint de son incapacité à dépasser.

Toprak Razgatlioglu, Pramac Racing

Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images

Il a beau avoir réalisé en Hongrie ce qui est son meilleur week-end en MotoGP jusqu'ici, Toprak Razgatlioglu reste chafouin. Classé 11e du Grand Prix et récompensé par cinq points, le pilote turc s'est dit frustré par sa situation, en particulier son incapacité à dépasser d'autres motos pendant la course et donc à pouvoir s'extraire de groupes dans lesquels il se sent limité.

"Je ne suis pas satisfait car j'ai un bon rythme, mais je n'ai pas roulé seul et c'est ça le problème. Jack [Miller] a eu un peu de chance : après la chute, il a roulé seul pendant quelques tours et il a maintenu son rythme. Moi, je suis toujours resté dans le paquet", constatait le pilote Pramac Racing après la course.

S'il citait son coéquipier, c'est que celui-ci avait réussi à tirer son épingle du jeu avec l'accident du premier virage et à longtemps figurer au quatrième rang, pour finalement rallier l'arrivée à une huitième place assez inespérée au vu des performances actuelles de la Yamaha. Razgatlioglu, lui, a eu beau bondir à la dixième place au départ, il n'a ensuite jamais trouvé l'ouverture pour grimper plus haut dans la hiérarchie.

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Le champion WorldSBK avouait aisément ne pas toujours avoir eu un pilotage très propre. "J'ai fait de mon mieux, mais dans la course j'ai souvent fait des erreurs parce que la moto ne s'arrête pas. Avant la course, on a modifié les réglages du frein moteur mais on semble avoir fait une erreur", expliquait-il au micro du site officiel du MotoGP, déplorant des blocages de sa roue arrière auxquels il a tenté de répondre tant bien que mal.

Surtout, il n'a jamais vraiment eu de voie dégagée face à lui, du moins pas longtemps. Passé le premier tiers de la course, il a brièvement pu compter sur deux petites secondes d'écart sur le pilote le devançant, justement à la suite d'erreurs. Un déficit qu'il a très vite gommé, pour à nouveau se heurter à un mur.

"Dans la course, j'ai trouvé mon rythme mais le plus gros problème, c'est que quand je rejoins un groupe je suis dans l'impossibilité de passer qui que ce soit. En ligne droite, les autres motos sont très fortes. Je ne suis jamais suffisamment proche pour essayer de dépasser, je suis juste les pilotes et, s'ils font une erreur, alors c'est facile de les passer. Mais moi-même j'ai parfois fait des erreurs pendant la course, après quoi j'ai rattrapé le groupe à nouveau et je suis simplement resté derrière tout le monde."

Toprak Razgatlioglu, Pramac Racing

Toprak Razgatlioglu admet avoir commis quelques erreurs en course, dont il s'est toutefois vite rattrapé.

Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images

Ce que regrette surtout le pilote turc, c'est son incapacité à attaquer, ce que l'on pourrait en partie imputer à la typologie de la piste, mais pas seulement. Lui qui a brillé au Balaton Park en WorldSBK, il était même persuadé d'y être efficace en dépit d'une Yamaha peu fringante et de pneus Michelin qui continuent à le laisser perplexe.

"J'aime le circuit", expliquait-il samedi. "La moto n'aide pas vraiment, mais j'aime beaucoup rouler ici. Le seul truc, c'est qu'il est très difficile de dépasser d'autres pilotes parce que ce pneu avant est déjà à la limite et, si on essaye de freiner un peu plus tard, on se met à le bloquer. C'est très difficile. Mais d'une manière générale, je prends du plaisir, en particulier dans la chicane du secteur 3."

Je suis très en colère sur la moto parce que je ne fais que piloter, suivre les autres.

Le lendemain, Razgatlioglu pestait de ne pas avoir réussi à exprimer pleinement son pilotage. Après huit Grands Prix, force est de constater que son ressenti n'évolue que lentement, lui qui a été tellement habitué à se jouer de tous les écueils en WorldSBK.

"En Superbike, j'arrivais toujours facilement à dépasser, mais en MotoGP vous êtes juste spectateur", décrivait-il ainsi dimanche, assez durement. "Si vous essayez de freiner un peu plus tard, le pneu avant commence à se bloquer, vous n'arrêtez pas la moto… C'est très difficile."

"Je suis très en colère sur la moto parce que je ne fais que piloter, suivre les autres. Ça, c'est très difficile. Normalement, j'ai un bon rythme, mais je reste tout le temps dans un groupe, dans l'impossibilité de les dépasser et d'imprimer ensuite mon rythme."

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Au guidon de la Yamaha, Toprak Razgatlioglu déplore tout autant les difficultés qu'il a à freiner pour pénétrer dans les virages, puis à s'en extraire efficacement et sa lenteur en ligne droite, faisant de lui un bien faible attaquant pour les pilotes dotés d'autres machines.

"Quand je roulais seul, je parvenais facilement à rejoindre le groupe, mais après, je me contentais de suivre. Étant donné qu'on perd beaucoup de temps en ligne droite, il est impossible de dépasser qui que ce soit", regrettait-il. "Les KTM paraissent faciles à rattraper, mais le problème, c'est qu'en ligne droite, on perd beaucoup. Ensuite, dans les autres secteurs, on se rapproche, mais en ligne droite on perd à nouveau. C'est très difficile en course."

"Mais bon, c'est mon meilleur week-end. Je termine à la 11e place, mais on dirait que j'aurais facilement pu finir dans le top 10. J'avais le rythme pour ça, car dans le dernier tour j'ai fait 1'39"6. Le groupe de tête, les KTM et, à part ça, juste Lecuona, je crois, étaient en 1'39, les autres étaient en 1'40. J'ai le rythme, mais tout seul. Quand j'arrive dans un groupe, je roule avec eux, lentement, mais je ne peux pas les dépasser, et c'est très difficile."

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