Rea certain que la nouvelle génération va "écrire sa propre légende"

Jonathan Rea était "fan" de l'ère des Quatre Fantastiques en MotoGP, mais le recordman de titres en WorldSBK suit avec plaisir la nouvelle génération de pilotes et ne doute pas de sa capacité à écrire à son tour l'Histoire.

Rea certain que la nouvelle génération va "écrire sa propre légende"
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Les têtes d'affiches du MotoGP ont changé ces dernières années, avec les retraites de Dani Pedrosa, Jorge Lorenzo et Valentino Rossi et la blessure de Marc Márquez. Joan Mir et Fabio Quartararo ont remporté les deux derniers titres mondiaux tandis que d'autres pilotes ont éclos au premier rang. Ils sont ainsi neuf à avoir rejoint le cercle des vainqueurs depuis deux ans, dont Pecco Bagnaia et Aleix Espargaró.

Jonathan Rea, spectateur assidu du MotoGP et grand admirateur des Quatre Fantastiques qui ont marqué les années 2010, a vu une ère se conclure et une autre débuter. Et même si les personnalités ont changé, le sextuple Champion du WorldSBK est convaincu que la nouvelle génération saura entrer dans l'Histoire à sa manière.

"Naturellement, Valentino Rossi était très important", a déclaré Rea à Motorsport-Total.com, publication soeur de Motorsport.com. "Même s'il est parti, dans les premières courses c'était encore totalement jaune, avec les t-shirts et les drapeaux. C'est Monsieur MotoGP. Je suis un fan de cette période, de l'ère de Nicky Hayden, Casey Stoner, Dani Pedrosa, [Jorge] Lorenzo, Rossi, [Marc] Márquez mais on ne peut peut pas dire que la génération suivante est plus lente, moins performante ou moins bonne parce qu'ils sont super rapides, encore plus. Quartararo, [Álex] Rins, Mir, c'est la génération actuelle. Je suis sûr qu'ils vont écrire leur propre légende."

Le pilote irlandais perçoit des différences entre les générations, notamment dans les relations entre les pilotes, désormais plus apaisées : "Quand Rossi était en compétition, ou avec Márquez, [Kevin] Schwantz, Lorenzo ou Casey, il y avait de la colère et de la rivalité. Tout le monde semble s'entendre très bien en MotoGP maintenant. Peut-être que cela créé moins de polémiques qu'avant."

Fabio Quartararo et Aleix Espargaró s'affrontent pour le titre sans animosité

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Un championnat plus incertain que jamais

Plus que les changements de noms, c'est la physionomie actuelle de la compétition qui trouble Jonathan Rea. Cinq pilotes s'étaient partagés les victoires en 2019 mais ils ont été neuf l'année suivante, malgré un tiers de course en moins en raison de la pandémie, huit en 2021 et la saison 2022 a déjà vu cinq hommes s'imposer en 11 départs. Rea apprend à apprécier l'incertitude qui entoure les courses, même si elle le prive de repères.

"Je ne peux pas l'expliquer. Ça me fait dire que le pilote ne peut pas faire la différence, c'est la machine ; la fenêtre de performances est très étroite. Dans certaines courses, on voit que Quartararo est dix secondes devant mais à la course suivante, il donne tout et se retrouve sixième. C'est la même chose pour KTM, on les voit gagner puis on les voit derrière. C'est dur à expliquer, je ne le comprends pas mais c'est bien."

"Je n'aime pas cette idée mais pour moi, en tant que passionné devant son téléviseur, c'est bien. Avec mes amis, en prenant une bière devant une course, on peut parier sur la course. On n'est pas triste de ne pas avoir Márquez ou Rossi parce qu'on a une chance de gagner."

Les six constructeurs actuellement impliqués affichent des performances très proches et Rea ne s'attend pas à ce que l'intérêt que suscite le MotoGP soit troublé par le départ de Suzuki en fin d'année : "Je ne pense pas que le départ de Suzuki ou le reste va changer la compétition ou le spectacle. La plus grosse influence était le départ de Rossi, c'est certain."

Propos recueillis par Sebastian Fränzschky

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