Redding craint de manquer de temps pour convaincre Aprilia

Le plateau 2019 prend forme, alors que Scott Redding cherche toujours à trouver ses marques avec l'Aprilia. Après avoir vécu un calvaire à Jerez, c'est très réaliste qu'il quittait l'Espagne.

Redding craint de manquer de temps pour convaincre Aprilia
Scott Redding, Aprilia Racing Team Gresini
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Cela ne fait que quatre courses que Scott Redding pilote l'Aprilia, et pourtant son avenir avec la marque italienne paraît déjà bien mal engagé. Remplaçant d'un Sam Lowes à qui la porte de sortie a été montrée prématurément, Redding ne parvient pas à mettre son expérience du MotoGP à profit – laquelle avait tant manqué l'an dernier à son compatriote – pour réussir le challenge.

Ne pas s'être encore adapté à une nouvelle moto au bout de quatre courses n'aurait rien de si inquiétant si le marché des transferts était toujours celui qu'il était il y a encore quelques années à peine, grandement articulé autour du GP de République Tchèque, au plein cœur de l'été. Aujourd'hui, alors que la saison européenne vient tout juste de commencer, cinq des 12 guidons officiels sont attribués pour les deux saisons à venir, et la liste des grands noms devant encore être confirmés n'augure rien de bon à quiconque ne saura pas convaincre.

Alors que Johann Zarco s'est assuré de passer d'une structure satellite à une équipe officielle l'année prochaine, et que Márquez, Rossi, Viñales et Pol Espargaró ont tous obtenu l'assurance de garder leur place, il reste encore huit pilotes factory actuels sur le marché… mais sept places à attribuer. Et ce, sans même compter les prétendants à une promotion, tels Petrucci et Miller.

Chez Aprilia, Aleix Espargaró ne se cache pas d'être en discussion pour poursuivre l'aventure, lui qui a rejoint l'équipe l'an dernier et met en application son talent de développeur, autant que sa vitesse en piste lorsque la mécanique est avec lui. En revanche, Scott Redding n'a pas encore d'offre, et au vu de la course particulièrement compliquée qu'il a vécue, dimanche, à Jerez, il se veut réaliste. Car, à la quatrième épreuve, le constat reste le même : il n'a pas encore trouvé la recette qui lui permettra de se sentir à l'aise au guidon de la RS-GP.

"Ça n'est qu'une question de temps, mais le temps commence à me manquer et je n'arrive pas à mettre le résultat noir sur blanc", regrettait-il à l'arrivée du GP d'Espagne. "J'aurais aimé pouvoir rentrer au stand et dire 'Désolé, les gars, j'ai piloté comme un idiot, j'ai sur-piloté, je n'ai pas fait ce que j'aurais dû'. Mais je ne peux pas, j'ai piloté au meilleur de mes capacités. Je n'ai pas sur-piloté, j'ai pris les bonnes trajectoires, j'ai essayé de faire travailler le pneu avec les cartographies, mais peu importe où je vais, ça me revient en pleine face, alors je ne peux malheureusement pas dire que ce soit moi."

"Tout le monde signe, il se passe ci, il se passe ça… Tout est contre moi en ce moment", constatait le pilote anglais. "Je me donne à 110% et, franchement, que ce soit chez moi ou sur le circuit, je m'implique vraiment. Si ça ne suffit pas, au moins je peux me regarder en face et me dire : 'Wow, tu ne l'as pas fait en ne t'y mettant pas à fond'. C'est pour ça que ça me fait mal de ne pas réussir à obtenir de résultats, parce que je donne vraiment tout."

Un point amer

Scott Redding a souffert à Jerez d'un manque de grip arrière quasi permanent, à la seule exception des EL1 dont il a signé le dixième temps. Alors que son coéquipier a dépassé ce problème samedi en modifiant ses réglages de traction control, l'Anglais a vécu un calvaire du début à la fin des trois jours du Grand Prix, se qualifiant au passage en dernière position.

"Il n’y a juste pas de grip, pas d’adhérence à l’arrière. Ça ne fait que patiner, patiner, patiner et patiner encore ! Je ne sais pas si c’étaient les pneus ou le châssis, mais il n’y a juste rien", commentait-il après cette qualif, la plus faible qu'il ait connue depuis son arrivée en MotoGP, en 2015. "J’essayais d’en obtenir plus, mais il n’y avait rien, que du patinage. Je ne sais pas quoi faire ; je suis rentré car ce putain de patinage n’arrêtais jamais. Je me suis dit que je perdais juste mon temps, je risque ma vie pour rien. Je pourrais pousser encore plus fort, et le résultat serait le même."

Après avoir regretté un changement de réglages malvenu à Austin, cette fois Redding et son team ont voulu adopter une autre stratégie et ne pas opérer de changements radicaux, tentant de travailler en pneus usés afin de préparer au mieux la course. En vain. Redding s'est défait de Syahrin et Siméon au départ et n'a grappillé de place supplémentaire qu'à la faveur des abandons survenus devant.

"Je ne peux pas blâmer l'équipe, tout le monde travaille à son meilleur niveau", soulignait le pilote dimanche. "D'un autre côté, je sais qu'ils veulent des résultats. Et aujourd'hui… j'ai fini 15e parce que la plupart des gars sont tombés, Aleix n'a pas fait de résultat… Ils vont chercher quelqu'un d'autre pour l'année prochaine. Je sais que je suis sur cette liste, mais il faut que je performe, or quand la moto ne m'aide pas, ça rend les choses difficiles."

"Je vais faire de mon mieux jusqu'à la dernière course de la saison, même s'ils signent quelqu'un d'autre, parce que je suis comme ça. Avant ça, il faut que j'aie le bénéfice du doute, il faut qu'ils voient que je travaille pour y arriver. Ça n'est pas facile."

Scott Redding comptait sur les essais privés que mène Aprilia ce jeudi et demain au Mugello pour poursuivre son travail et chercher des solutions. Il devrait être aidé par un programme de tests très riche prévu par le constructeur. Reste à voir si cela lui permettra de rebondir dès la semaine prochaine au GP de France.

Avec Guillaume Navarro

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