Reprise du MotoGP : des chances de 8,5/10 pour un Poncharal optimiste

Les vents semblent favorables pour que la saison MotoGP, qui s'appuie sur de premières dates en Espagne, puisse débuter dans moins de deux mois. Hervé Poncharal en dit plus sur l'avancée du projet et sur le test qui précédera le premier Grand Prix.

Reprise du MotoGP : des chances de 8,5/10 pour un Poncharal optimiste

Le MotoGP espère pouvoir confirmer bientôt les deux Grands Prix en projet à Jerez, devant être disputés à une semaine d'intervalle. Tout s'organise déjà pour que les pilotes reprennent leurs marques, alors que près de cinq mois se seront écoulés depuis leurs derniers essais de pré-saison et la suspension soudaine du championnat. En ce sens, Hervé Poncharal a confirmé qu'un test aurait bel et bien lieu deux jours avant les premiers essais libres de la première épreuve envisagée pour le 19 juillet.

"Le mercredi 15 sera comme un vendredi. Chaque catégorie aura une séance le matin et une séance l'après-midi", explique le directeur de l'IRTA, dans le dernier GP Round Table en date. Et le Français évoque une durée de 90 minutes pour chacune de ces deux séances, au moins concernant la catégorie MotoGP. "C'est un projet", précise-t-il, "mais ce qui est certain c'est qu'il y aura une séance le matin et une séance l'après-midi pour les trois catégories, à Jerez." Le but ? "Aider les pilotes à retrouver leur vitesse, à comprendre leur moto, et ce sans aucune pression − il y aura bien sûr un classement à la fin mais qui ne servira à rien. Pour des raisons de sécurité, nous pensons qu'il faut le faire et que nous ne pouvons pas commencer avec les EL1 le vendredi, donc c'est déjà décidé."

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Ce test est une pierre à l'édifice d'ensemble que bâtit la Dorna actuellement. Ne cachant pas son impatience, Hervé Poncharal apparaît de plus en plus positif en vue du plan de reprise défini par le promoteur. Un signe très encourageant est en effet arrivé en provenance du chef du gouvernement espagnol ce week-end, celui-ci ayant annoncé que l'Espagne ouvrirait ses frontières aux touristes étrangers à partir du mois de juillet et que le championnat de football reprendrait pendant la semaine du 8 juin. Aucune officialisation n'a pour le moment été faite concernant les Grands Prix MotoGP, mais les vents semblent favorables.

Lorsqu'il lui est demandé d'évaluer de 0 à 10 les chances de débuter le championnat à Jerez le 19 juillet comme prévu, Hervé Poncharal répond : "Si vous m'aviez posé cette question vendredi, je vous aurais dit 6. Maintenant je dirais 8,5. Je suis assez optimiste. En Europe et dans le monde entier, tout le monde avait assez peur quand nous avons commencé à déconfiner. La deuxième vague préoccupait beaucoup, or jusqu'à présent, et nous touchons du bois, elle ne semble pas devoir arriver. Les pays rouvrent de plus en plus, leurs frontières mais aussi leurs activités, et ils autorisent aussi certains événements sportifs. Le football va bientôt reprendre en Espagne, il a déjà repris en Allemagne il y a quelques jours. Je crois qu'il n'y a pas de raison [que ça ne se fasse pas]."

"Sans médias, pas d'avenir"

Afin d'obtenir le feu vert final de la part des autorités de chaque pays pressenti au calendrier, les instances ont constitué ce que le patron du team Tech3 qualifie de "solide protocole sanitaire". Celui-ci prévoit à la fois un suivi attentif de toute personne autorisée à se rendre sur les Grands Prix, mais aussi une forte restriction de cet accès. Le paddock sera limité au strict minimum pour que les courses aient lieu et que la sécurité soit garantie, toute activité jugée superflue étant pour le moment écartée. Cela vaut notamment pour les médias qui, dans un premier temps au moins, ne seront pas autorisés à se rendre sur les épreuves. Une situation que déplore Hervé Poncharal, mais qu'il comprend également au vu du contexte d'urgence sanitaire actuel.

"Vous faites partie du championnat et sans médias il n'y a d'avenir pour aucun sport", estime le patron français, qui voit dans la présence des médias autant un gage de crédibilité qu'un élément incontournable des affaires. "Je sais que sans les médias nous ne sommes rien. Quand vous réalisez une performance, si personne n'est au courant de la course que vous faites, c'est comme si vous la faisiez entre amis, et vous n'êtes alors pas un professionnel mais un amateur."

"Pour courir, nous avons besoin de sponsors, les sponsors ont besoin d'être vus à la télévision et dans tous les médias, et si nous ne leur donnons pas cela, nous les perdons ou bien ils ne viennent pas, or si nous n'avons pas de sponsors nous ne pouvons pas faire notre travail et courir", ajoute-t-il. "Ça, c'est pour l'aspect purement business, mais en termes d'affect aussi un Grand Prix sans médias n'est pas un Grand Prix. Il faut qu'il y ait la communication politiquement correcte, celle de l'équipe, mais il faut aussi les journalistes, qui vont beaucoup plus au fond des choses, qui parfois créent des polémiques ou touchent à un sujet auquel personne n'ose toucher. C'est ce qui en fait un véritable sport. Je me battrai autant que je le peux pour que les médias soient sur place, parce que pour moi cela n'a pas de sens de ne pas avoir de médias sur une course."

Hervé Poncharal, Red Bull KTM Tech 3

La réalité du moment impose toutefois de faire preuve de compréhension face à des décisions comme celle-ci. "Ce qui se passe en ce moment est spécial : nous devons respecter un protocole, qui nous dit qu'un certain nombre de personnes peuvent venir et si nous dépassons ce chiffre nous ne serons pas autorisés à venir", rappelle Hervé Poncharal. "Pour le moment, la question est : peut-on avoir des courses avant la fin de l'année ? Oui, mais en suivant un certain protocole. Ce protocole est très strict à l'heure actuelle."

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Pour respecter ces restrictions, les pilotes eux-mêmes savent qu'ils ne seront plus accompagnés par leurs proches, coachs ou assistants. Et les équipes vont également réduire leurs effectifs en se focalisant sur le personnel technique, devant faire l'impasse sur la présence sur place de leur personnel de marketing ou de communication. Dans le cas des équipes satellites MotoGP, la limite est fixée à 25 personnes, et elle est de 40 pour les structures factory.

"Ce nombre n'est pas sorti de nulle part", assure Hervé Ponchara. "Il se base sur les consultations faites par l'intermédiaire de l'IRTA avec toutes les équipes MotoGP, factory et indépendantes, pour voir de quel staff nous avons vraiment besoin afin de faire le show. La condition sine qua non et l'objectif ont toujours été de ne pas empiéter sur le show. Faisons en sorte d'avoir une course aussi bonne que celles que nous connaissons et à la hauteur du standard du MotoGP."

"Bien sûr, nous n'aurons pas autant de personnes pour le marketing ou les relations presse, mais en ce qui concerne l'aspect technique cela couvre ce dont nous avons besoin pour courir. Les équipes d'usine ont 40 personnes, car elles vont faire venir des ingénieurs qui vont aussi s'occuper de leurs opérations satellites. Je peux confirmer et assurer aux fans que le show sera le même et que nous n'avons laissé aucun technicien, aucun mécanicien à la maison. Tout le monde sera sur le circuit et dans le box le show sera le même."

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