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Rivola : "Nous avons bien fait de nous battre pour garder Martín"

Leader du championnat, Jorge Martín démontre cette année qu'il avait bel et bien les capacités de performer au plus haut niveau avec Aprilia. Massimo Rivola savoure ce qui est pour lui une forme de victoire.

Massimo Rivola, Aprilia Racing CEO

Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images

Quoi qu'il arrive dans les trois mois à venir, Aprilia aura mené le championnat durant la majorité de cette saison. Une saison étonnamment ouverte, essentiellement du fait de Noale, dont la moto a suffisamment progressé pendant l'hiver pour faire vaciller le piédestal sur lequel Ducati était installé depuis des années.

Si ce rapprochement s'est en réalité opéré progressivement, Aprilia ayant envoyé des signaux de plus en plus puissants pour affirmer son potentiel, la suprématie affichée par le duo Márquez-Ducati l'an dernier n'avait pas véritablement laissé de place à l'autre marque italienne dans les pronostics établis pour 2026.

Les circonstances ont aidé, entre autres les problèmes physiques avec lesquels Márquez a dû composer en début de championnat. Mais le talent des pilotes a également décuplé le potentiel de la RS-GP pour en faire une réelle force à l'avant de la grille cette année. Peu misaient pourtant sur un Marco Bezzecchi que l'on n'avait encore jamais vu à pareil niveau, ni sur un Jorge Martín tombé au plus bas la saison dernière.

Massimo Rivola observe aujourd'hui la situation de ses pilotes au championnat avec le sentiment d'avoir réussi son coup. "S'il y en a bien un qui croit, depuis l'année dernière déjà, que Bezzecchi et Martín peuvent devenir champions du monde, c'est moi", fait remarquer le PDG d'Aprilia Racing à Sky Sport MotoGP, diffuseur italien du championnat.

Et le patron d'insister sur ce qu'il a notamment perçu chez Jorge Martín, avec qui tout aurait pourtant pu s'arrêter dès le printemps 2025 : "Cette année, lors du premier test en Thaïlande, quand je l'ai vu, j'ai dit qu'il se battrait pour le titre. Cela démontre que nous avons bien fait de nous battre pour le garder l'année dernière."

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Après les très grosses chutes qui ont marqué son arrivée chez Aprilia, le champion du monde 2024 avait en effet requis la fin anticipée de cette toute nouvelle union. Après plusieurs semaines de conflit, il s'était finalement résolu à aller au bout de ses deux années de contrat en se heurtant à l'intransigeance de Massimo Rivola, solidement accompagné par les avocats du constructeur pour ne pas plier.

"Nous avons la satisfaction de le voir content", se félicite aujourd'hui le patron. "Et nous avons aussi la satisfaction de voir que Marco Bezzecchi a bâti avec l'équipe une moto qui est clairement compétitive. C'est un pilote qui est bien meilleur que ce que beaucoup ont probablement pensé au cours de sa carrière, et nous espérons ensemble de le mener [vers le sommet]."

Un adversaire à battre, et c'est le plus coriace de tous

Pour aller au bout du défi et en faire véritablement un pari gagnant, il reste au moins un obstacle à dépasser, et non des moindres. "Clairement, dans l'optique du championnat, il n'y a qu'un nom et c'est celui de Marc Márquez. Nous l'avons dit dès le début de la saison et nous continuons, surtout après une course comme celle-ci où, pour la énième fois, il démontre que quand il faut faire 37 points, il le fait", admet le PDG d'Aprilia Racing.

Le GP d'Aragón a vu le champion en titre réduire de moitié son retard sur Jorge Martín, avec également un resserrement venu de Marco Bezzecchi. Cela crée un trio de tête très compact, seuls 24 points les séparant désormais, et semble orienter la fin du championnat vers cette lutte à trois. Et si Massimo Rivola se plaît à entretenir le statut d'outsider d'Aprilia en rappelant que ses troupes ne sont pas habituées à de tels enjeux, c'est avec ambition qu'il affirme sa volonté de livrer bagarre sans retenue.

"Nous sommes ici et nous devons nous battre jusqu'à la dernière course. Nous savons que nous faisons face à un adversaire comme Marc, qui est l'un des pilotes les plus forts de l'histoire. Avoir l'honneur d'essayer de le battre, c'est magnifique, ça nous stimule énormément, et nous ne lâcherons rien jusqu'au bout."

 

Treizième des 22 manches figurant aujourd'hui au programme de la saison - tandis que l'on ignore pour le moment le sort du GP du Qatar - Aragón a vu Aprilia sauver de gros points derrière un Marc Márquez au rendez-vous pour signer le doublé, comme attendu. Un week-end idéal pour le constructeur de Noale sur ce terrain ?

"Tout est relatif. L'idéal, c'est le Mugello, où nous avons fait le doublé et où toutes les Aprilia étaient devant. Ici, nous savions que nous serions un peu plus en défense. Nous devions appliquer un catenaccio et je dois dire que ça a été une très grande satisfaction de faire la pole position avec Bezz sur les terres de Marc. Mais ici, on est chez lui. On l'a vu en course : quand il a voulu se détacher, il a enchaîné trois tours impressionnants."

Lorsqu'il lui est fait remarquer que le jeu défensif peut payer, comme cela a été le cas pour l'équipe de football italienne à laquelle il fait référence en évoquant le catenaccio, Massimo Rivola ajoute : "Je pense qu'il faut aussi apprendre cela de Marc. Voyez ce qui s'est passé au Mugello ou à Silverstone : il ramène [un résultat] qui laisse penser qu'il est en crise, et en réalité il le fait sans prendre de risques parce qu'il sait que c'est la constance qui compte le plus à la fin de l'année. Et quand vient le moment de ramener des victoires parce qu'il sait qu'il est le plus fort, il le fait."

"Nous avons beaucoup à apprendre de lui, de son attitude rusée. Après, on a les capacités ou on ne les a pas, mais il vaut en tout cas toujours mieux apprendre des plus forts."

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