Rossi aborde sa 22e saison : "Personne ne m'a fait arrêter"

La star du MotoGP aborde une 22e saison mondiale, toujours passionné par l'exercice de sa passion au plus haut niveau, malgré l'usure qui commence à se faire sentir face à un niveau de sollicitations incomparable.

À quelques jours de la reprise, qui aura lieu lundi avec le début des essais officiels de Sepang, l'excitation monte chez tous les pilotes. Valentino Rossi a beau être le plus expérimenté de tous, il partage cette impatience, non sans une pointe d'appréhension.

"Franchement, en ce moment, les points d'interrogation sont de plus en plus nombreux. Chez tous les pilotes, il y a le doute de ne plus savoir piloter une moto - en tout cas, c'est comme ça pour moi", avoue le vétéran du plateau dans un entretien à La Gazzetta dello Sport. "Et puis, il faut voir comment sera la moto, à quel point les autres seront forts… Beaucoup de doutes avant de commencer, mais c'est de l'énergie positive, ça sert à ne pas trop se relâcher."

À bientôt 38 ans, Valentino Rossi s'apprête à faire sa 22e rentrée en championnat du monde. Toujours pas repu, il repart inlassablement en quête d'un dixième titre. Le scénario sera quelque peu différent cette année, compte tenu du nouveau défi qu'a choisi de relever son meilleur ennemi, Jorge Lorenzo, et de l'arrivée chez Yamaha d'un jeune loup bien décidé à maintenir une concurrence interne élevée, Maverick Viñales.

Le Docteur l'a reconnu, la compétitivité affichée par le jeune Espagnol dès sa prise en main de la Yamaha lui a d'emblée confirmé que ce renouveau ne ferait que, au mieux, maintenir sur lui la pression de devoir être sans cesse performant, sans jamais rien laisser au hasard, voire qu'il rehausserait encore un peu plus la barre.

Est-ce à dire que ce nouveau rival interne pourrait également être celui qui le poussera à la retraite ? "J'ai eu des adversaires très forts durant ma carrière et personne ne m'a fait arrêter, alors… Je ne pense donc pas que ça arrivera maintenant, en tout cas je ne l'espère pas. Cela dépendra des résultats", pointe Rossi.

La retraite de Rossi reste un serpent de mer, ce sujet incontournable auquel il est confronté à chaque analyse ou interview, tant sa longévité impressionne autant qu'elle intrigue. On lui en aura tellement parlé qu'il a eu tout le loisir de se projeter mentalement sur ce qui adviendra le jour où il aura raccroché le casque, et ce même s'il entame tout juste un nouveau contrat de deux ans.

Le fait est que le quotidien du nonuple champion du monde est rythmé par les exigences du MotoGP depuis tant d'années qu'il pressent que son retrait le confrontera à un changement de vie profond qui a pu mener d'autres pilotes vers une forme de dépression. La craint-il ? "J'espère ne pas y tomber, heureusement je suis assez loin d'avoir un caractère dépressif. Quand je m'arrêterai, une chose très importante me manquera et j'espère que je réagirai bien. Ce ne sera certainement pas remplaçable, il faudra que je cherche des choses différentes."

Le poids des sollicitations

Star bien au-delà des frontières du MotoGP, Valentino Rossi suscite une attention sans égal et ne peut exercer son métier sans le poids incommensurable des sollicitations. C'est, là aussi, un paramètre qu'une future retraite redéfinira sans doute. "Je suis désormais tellement habitué que je ne sais pas comment je réagirai quand ce ne sera plus le cas", se projette-t-il. "Ma vie est celle-ci depuis toujours. C'est bien, je suis très bien à Tavullia, mais au bout d'un moment, ça commence à devenir un peu étroit et il vous vient l'envie de partir. Ce qu'il y a de bien dans ce métier, c'est que tu bouges. Il y a beaucoup de routine, mais c'est une vie dont on ne se lasse pas."

"C'est une grande satisfaction d'avoir des fans dans le monde entier. C'est difficile à expliquer, mais c'est aussi une grande charge", poursuit-il. "Il est clair que cela influence beaucoup ma vie ; j'ai beaucoup d'avantages mais il y a aussi beaucoup de choses que je ne peux pas faire, comme aller faire un tour au centre de Pesaro le dimanche après-midi, aller au cinéma, acheter une paire de chaussures. Les choses les plus normales."

"Quand on grandit, tout devient plus difficile et, pour obtenir les mêmes résultats, il faut se battre encore plus. Mais la fatigue concerne plus ce qu'il y a autour - les voyages, les aéroports, les fuseaux horaires, beaucoup aussi les tifosi. Pendant les week-ends de course, on ne peut pas uniquement travailler, mais il faut trouver le temps et surtout l'énergie pour faire les photos, signer les autographes, et ce même dans les moments de presse, où tu devrais faire autre chose. La fatigue vient donc peut-être plus de ça."

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