Rossi, déçu, s'attendait à mieux en course

Le pilote Yamaha n'a pas été en mesure d'atteindre l'objectif qu'il s'était fixé, en proie à une dégradation de son pneu arrière survenue trop tôt dans la course. Dominé par Viñales et Quartararo en interne, il veut réagir.

Rossi, déçu, s'attendait à mieux en course

Valentino Rossi a rallié l'arrivée du Grand Prix d'Aragón à une huitième place qui a de quoi le décevoir. Car s'il s'agit du même classement que l'an dernier, il a cette fois concédé 23 secondes au vainqueur contre 15 en 2018, et surtout il n'a pas fait jeu égal avec les plus rapides des pilotes Yamaha. Premier classé avec la M1 il y a 12 mois sur cette course difficile pour Iwata, il a cette fois assisté impuissant au bon début de course de Fabio Quartararo, finalement cinquième, puis à la bagarre menée par Maverick Viñales pour le podium.

Un problème de manque d'adhérence dans le pneu arrière a concerné tous les pilotes de la marque, néanmoins le #46 en a pâti plus tôt que ses collègues et s'est donc rapidement retrouvé isolé, battu dans son groupe par Cal Crutchlow et Aleix Espargaró. À l'issue de la course, il ne cachait pas sa déception face aux journalistes.

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Ce résultat est-il une mauvaise surprise ?

Je sais que mon rythme n'a pas été fantastique, peut-être insuffisant pour jouer le podium, mais j'espérais et je m'attendais à être meilleur. La course a été très difficile car on est partis avec le hard, comme les autres Yamaha. […] Je m'attendais plus des Yamaha, mais ce sont plutôt les Ducati [qui ont été compétitives]. Que ce soit Jack [Miller] ou Dovi, ils ont réussi à avoir un bon rythme, et surtout les Ducati ont réussi à utiliser le pneu soft, or c'est un gros avantage ici. On a essayé pendant les essais, mais au bout de quelques tours on était malheureusement en grande difficulté.

J'espérais finir parmi les cinq premiers, sincèrement, être un peu plus haut. Avec le rythme que j'ai eu en essais, je devais y arriver, c'était donc l'objectif. Le problème c'est qu'au bout de cinq tours j'ai commencé à glisser beaucoup à l'arrière et d'un tour à l'autre j'ai perdu sept dixièmes. À partir de là, ça n'a été que de pire en pire. Je n'avais donc malheureusement pas le rythme pour rester avec eux devant.

Heureusement que je suis parti de cette positon [la sixième, ndlr], car en qualifs j'ai été plutôt rapide sur deux tours, mais ensuite j'étais plus en difficulté en termes de rythme. Le problème, c'est que je l'ai été beaucoup plus que Maverick et Quartararo, qui ont eu les mêmes problèmes que moi mais 15 tours plus tard. Vers la fin de la course ils ont dû eux aussi ralentir, mais moi ça m'est arrivé plus tôt alors il faut qu'on comprenne pourquoi.

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Ce n'est pas tant un problème de pneu, mais plus un problème qui vient de nous, de nos réglages. Dans la deuxième moitié de la saison, on a fait des modifications et j'ai été plus compétitif en général, mais on a toujours eu ce problème de grip arrière. J'ai plus souffert que Quartararo et Viñales. Il faut que l'on continue à travailler et que l'on essaye de comprendre comment progresser pour être plus compétitifs. On sait que cette piste est difficile, car elle l'est toujours pour moi, mais cette année la course a été vraiment compliquée.

Tu as utilisé le nouveau bras oscillant et le nouvel échappement : est-ce que cela peut être lié ?

Je ne sais pas… J'ai eu ce manque de grip dès l'Autriche par exemple, ou à Silverstone, et j'avais les anciennes pièces. Alors, pour moi, non. C'est quelque chose d'autre. Il me manquait vraiment du grip à l'arrière, surtout sur le flanc, je glissais énormément. Or, quand on glisse sur le flanc, on use plus le pneu, donc on va moins vite et on l'use encore plus. Il faut trouver la solution pour améliorer ça.

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing

Comment a fonctionné le bras oscillant ici, avec beaucoup plus de grip en piste qu'à Misano ?

Malheureusement ici, le grip est aussi mauvais qu'à Misano, peut-être même pire. La piste est pire que l'an dernier, car on était six à sept dixièmes plus lents et on manquait beaucoup de grip. Pour une raison ou une autre, vendredi ça n'était pas si mal, mais samedi j'ai eu plus de problèmes et [dimanche] a été la pire journée. C'est difficile à prédire aussi, car on prend la même moto avec les mêmes pneus que vendredi, où ça n'était pas si mal, et pourtant j'ai plus souffert. Franchement, on ne comprend pas pourquoi.

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Michelin dit avoir conseillé de ne pas utiliser le hard : te l'ont-ils conseillé à toi aussi ?

Non, ils ont conseillé aux Yamaha d'utiliser le hard car le soft pour nous aurait été très difficile, il ne fonctionne pas bien avec notre moto. Au final, toutes les Yamaha sont parties avec le hard mais il n'y avait pas de grip.

Tu dis que cette dégradation du pneu vient de vous et non de Michelin. Que faudrait-il faire dans le box ? Changer de méthode de travail ?

Franchement, à partir de Brno on a changé beaucoup de choses sur la moto et j'ai été plus rapide et fait quelques belles courses. Mais j'ai souffert de ce problème de grip à l'arrière. Je suis un peu en difficulté sur ce point, malheureusement plus que Maverick et Quartararo alors il faut qu'on comprenne la façon d'améliorer ça, avec des réglages différents, quelque chose de différent, et c'est surtout ça plus que la méthode de travail. Il nous faut la bonne idée pour essayer de gagner un peu de grip à l'arrière.

Avec Michaël Duforest

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