Un pneu usé à cause de son style ? Rossi "pas d'accord" avec Michelin

Valentino Rossi retrouve à Jerez son cauchemar, un pneu arrière qui s'use et lui transmet peu de grip. Son style de pilotage en est-il la cause ?

Un pneu usé à cause de son style ? Rossi "pas d'accord" avec Michelin

Les observateurs attentifs auront remarqué que Valentino Rossi a été le seul pilote avec son équipier Yamaha factory Maverick Viñales à chausser un ensemble pneumatique tendre-tendre lors de la quatrième séance d'essais libres du Grand Prix d'Espagne. Dans le cas de l'Espagnol, deuxième sur la grille de départ au terme des qualifications, il ne s'agissait que d'une évaluation des conditions d'adhérence et incidemment d'une occasion de placer un chrono tôt dans la séance, avant de se tourner après seulement trois boucles vers un composé plus dur comme l'intégralité du plateau, alors équipé d'une gomme arrière hard.

Cependant, Rossi a étonné en persévérant pendant une majorité de la séance avec cette allocation tendre, allant jusqu'à réaliser un relais entamant sérieusement l'endurance de ces enveloppes, alors même que l'Italien a répété plusieurs fois ne pas se sentir à l'aise avec les mélanges Michelin qu'il juge déjà très tendres à la base. Suffisant pour déterminer que le doyen du plateau cherche avant tout du grip et une meilleure entrée en virages, alors qu'il peine manifestement à atteindre les mêmes performances que ses homologues du clan Yamaha jusqu'à présent.

Pas à l'aise

Distancé au chrono même lorsque ses tendres étaient frais à l'inverse de son équipier qui passait une référence au même moment et dans des conditions similaires, Rossi donnait alors l'impression de rencontrer d'importantes difficultés et de s'accrocher à un scénario improbable pour la course, ou de perdre du précieux temps d'EL4 tandis que ses adversaires planchaient sur des gommes en apparence bien plus désignées pour l'après-midi de dimanche...

L'Italien a-t-il réellement nourri l'idée de prendre le départ du Grand Prix de 25 tours, dimanche, avec un pneu arrière tendre ? Dans tous les cas, le Docteur souffre particulièrement avec le produit mis à disposition par Michelin cette année, tout du moins à Jerez, et semble ne pas se faire à l'idée que la dégradation constatée sur sa moto puisse être le fait d'un style de pilotage s'adaptant moins bien au produit que celui, par exemple, de Fabio Quartararo et Maverick Viñales, eux aussi sur Yamaha.

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Dès vendredi, Piero Taramasso, responsable de la compétition Michelin, indiquait sans équivoque à Motorsport.com que le choix logique pour la chaleur de dimanche était de "s'orienter vers le choix du pneu dur ou du medium à l'avant et du medium ou du soft à l'arrière".

"Ceux qui choisiront une solution agressive, en misant sur le soft, devront probablement gérer une dégradation. Par contre, ceux qui prendront un medium ou un soft pourront attaquer du début à la fin. Il faudra voir également quel sera le rythme en course, ce qui dépendra aussi de la température et du grip offert par la piste", avait-il par ailleurs anticipé.

Ce matin, le responsable Michelin ajoutait que Rossi semblait peiner à s'accommoder des enveloppes proposées. "Je ne suis pas d’accord avec Taramasso", tranche Rossi ce soir, par ailleurs un poil pincé par des qualifications conclues à la 11e position. "Il dit que j'use plus le pneu parce que je me décale moins de la moto, mais si vous regardez les images ce n'est pas vrai : je suis assez décalé", se défend le Docteur. "J'ai beaucoup travaillé là-dessus ; on le faisait encore plus quand on travaillait avec Bridgestone."

Et d'indiquer que la suggestion du responsable de Michelin n'est pas cohérente par rapport à d'autres de ses observations. "Dovizioso, par exemple, a un style très recentré sur la moto et pourtant il ne finit pas ses pneus, alors je ne suis pas d'accord avec Taramasso", contre-argumente Rossi, qui admet cependant avoir toujours, au cours de sa carrière "préféré les pneus durs, qu'il s'agisse de la gomme ou de la carcasse".

"Et maintenant les Michelin sont au contraire très, très tendres, que ce soit la gomme ou la carcasse", regrette-t-il. "Après, je suis le plus grand de tous et même si je suis maigre, je paye aussi un peu le prix de quelques kilos de plus par rapport aux autres."

À Rossi... et son ingénieur de trouver la solution !

Rossi est cependant capable d'accepter le fait que si d'autres parviennent à s'enthousiasmer des gommes proposées, c'est qu'une manière de mieux les exploiter est possible. "D'un autre côté, je suis d'accord avec Taramasso, au sens où avec ces pneus les autres pilotes sont performants", lâche-t-il avec raison. "Alors comme il l'a dit, c'est à nous de résoudre ce problème."

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"On y travaille et par rapport à hier. On a beaucoup progressé. On commence à bien travailler avec David" [Muñoz]", poursuit-il, portant l'attention sur le fait qu'il collabore cette année avec un nouveau chef mécanicien. "On n'a fait que deux tests [quatre, en réalité, ndlr] et il n'a pas beaucoup d'expérience, alors il faut un peu de temps. Par rapport à hier c'était mieux aujourd'hui. Je suis mieux le matin, parce que je souffre un peu l'après-midi, mais on a fait un bon pas en avant. Mais ça ne suffit pas encore, il faut qu'on travaille et qu'on essaye d'être plus compétitifs pour demain."

Avec Léna Buffa

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