De Rossi à Espargaró, les pilotes saluent des mesures plus sévères

Le clash du Grand Prix d'Argentine a rapidement mené à une sévérité accrue des commissaires pour tenter d'endiguer l'agressivité en piste. Une mesure qui semble convaincre une majorité de pilotes.

Après une fin de week-end polémique en Argentine et les mots forts prononcés de part et d'autre depuis deux semaines, il était impossible de faire comme si de rien n'était lorsque le paddock MotoGP a repris vie au Texas. La réunion de la Commission de sécurité, vendredi soir, était donc un rendez-vous des plus importants afin de replacer le dialogue dans un contexte plus confiné et, comme beaucoup l'espéraient, d'apaiser les tensions.

Rares sont les pilotes qui ont levé le voile sur ce qui s'y est dit, préférant globalement reporter leur attention sur la compétition. "Je ne vais pas en discuter avec vous", a fait savoir Cal Crutchlow aux journalistes, samedi. "Ce qui se dit dans cette pièce devrait rester dans cette pièce. Ce n'est pas pour vous, ce n'est pas pour ma famille, ce n'est pour personne. Les pilotes devraient se respecter suffisamment, respecter Carmelo [Ezpeleta], respecter la Commission de sécurité, pour que tout reste dans cette pièce." Quelques impressions ont toutefois filtré, laissant penser que le recadrage a été apprécié.

Carmelo Ezpeleta, promoteur du MotoGP et membre du Bureau permanent qu'il forme avec le président de la FIM, assistait exceptionnellement à cette réunion, rendez-vous habituel du vendredi, à laquelle ont pris part 19 des 24 pilotes de la catégorie MotoGP. Un huis-clos de plus d'une heure, durant lequel quelques piques semblent avoir été échangées entre les protagonistes du clash argentin, mais qui a surtout mené à une mesure concrète : celle de requérir de la part du Collège de commissaires des sanctions plus sévères en cas d'incident. Rappelons que c'est ce groupe, et lui seul, formé par le directeur de course (nommé par l’IRTA) et deux commissaires nommés par la FIM, qui décide des pénalités à infliger.

"C'était bien, parce qu'on s'est parlé, on s'est confronté, on était presque tous là. Ça a été positif", retient Valentino Rossi. "Le concept important, c'est qu'ils ont dit qu'à partir de maintenant ils seront plus durs en cas de contact entre deux pilotes en essais et surtout en course. On verra comment ça fonctionnera."

Marc Marquez, Repsol Honda Team, Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing se touchent

Cette sévérité accrue s'est ressentie dès samedi, avec les pénalités de trois places dont ont écopé Marc Márquez et Pol Espargaró après avoir été jugés responsables d'une gêne à l'encontre d'un autre pilote en qualifications. Une première façon de montrer que les commissaires ne laisseront plus rien passer désormais, faisant ainsi sentir à tous les pilotes qu'ils sont sous contrôle. "Avant, il y avait un avertissement, maintenant pas d'avertissement, juste la pénalité", constatait Márquez samedi, en prenant acte de sa pénalité.

L'espoir de courses plus propres

Fervent militant d'une prise de conscience des limites à imposer, Aleix Espargaró s'est félicité des mesures annoncées, qui vont selon lui mener le MotoGP vers plus de respect en piste. "Je suis très content. Je pense que les anciens pilotes méritent plus de respect. Il y a quelques pilotes qui pensent un peu différemment quant à la façon dont les dépassements devraient se passer, mais plus ou moins la majorité pense que nous devons éviter les contacts. Nous avons vu beaucoup de courses être gagnées par des pilotes partant derniers ou loin. Je me souviens de la course de Brad Binder à Jerez, c'était une course incroyable, et il n'a touché personne. Il peut dépasser sans toucher. Carmelo a dit qu'ils allaient pousser [les commissaires] à être beaucoup plus stricts, beaucoup plus forts avec les pénalités, et tout le monde était très, très heureux de cette décision."

"Je le demandais depuis cinq ou six ans. Il semble qu'ils vont enfin faire quelque chose, mais j'aurais aimé que cela arrive bien plus tôt", a réagi Jorge Lorenzo, absent de la réunion vendredi, arguant que son opinion sur le sujet était connue de longue date. "À mon avis, la direction de course devrait appliquer des punitions plus sévères, pour protéger les pilotes. Je crois que la F1 est un sport beaucoup moins risqué, mais ils ont des punitions plus fortes qu'en moto, qui est un sport plus dangereux."

Départ : Jorge Lorenzo, Yamaha Factory Racing mène

Carmelo Ezpeleta avait fait savoir qu'il souhaitait parler aux pilotes à cette occasion, particulièrement à Rossi et Márquez, sans préciser quel discours il allait leur tenir, et aucun d'eux n'a révélé les coulisses de cet échange. Aleix Espargaró, pour sa part, sans dire précisément qui s'était exprimé en ce sens, a fait savoir qu'un message avait été passé aux pilotes présents.

"Ils nous ont dit d'oublier le passé et de nous concentrer juste sur l'avenir. Ils nous ont promis qu'ils seraient plus sévères. J'espère qu'à partir de maintenant ils ne devront pas agir et que tout restera normal. La course c'est la course, c'est un sport dangereux et nous pouvons dépasser normalement, nous pouvons rendre les gens heureux comme nous l'avons vu au Grand Prix d'Australie il y a quelques années : c'était très sympa et personne n'est tombé. Revenons-en à cela", a conclu le pilote Aprilia.

Avec Oriol Puigdemont et Michaël Duforest

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A propos de cet article
Séries MotoGP
Événement GP des Amériques
Circuit Circuit of the Americas
Pilotes Valentino Rossi , Jorge Lorenzo , Cal Crutchlow , Aleix Espargaró , Marc Márquez
Type d'article Actualités
Tags commission de sécurité