Rossi : "Lorenzo plus transparent que Márquez, Viñales plus équilibré"

Le temps y changera-t-il un jour quelque chose ? Pour l'instant, Rossi reste marqué par la lourde déception de 2015. Un épisode qui s'inscrit dans son parcours comme tant d'autres, alimentant une soif de victoires toujours intacte.

À 38 ans et alors qu'il est à l'aube de sa 22e saison en Championnat du monde, Valentino Rossi a bonne mémoire et n'oublie pas les événements de 2015, convaincu d'avoir été privé du titre par Marc Márquez. Malgré l'eau qui a coulé sous les ponts et le rapprochement opéré entre les deux hommes l'an dernier, l'Italien garde une dent contre son rival et ne semble pas prêt à lui pardonner de sitôt.

Décrivant "une très forte déception" qui perdure encore aujourd'hui, Rossi explique dans un entretien au Corriere della Sera avoir vécu lors de cet épisode un fait inédit dans sa carrière, malgré les grands rivaux qui ont jalonné son parcours : "Il s'est passé des choses qui ne devraient pas arriver, une honte pour le sport. Je me suis battu contre des adversaires coriaces, plusieurs, de Biaggi à Stoner, mais personne ne s'est comporté comme Márquez l'a fait à ce moment-là. Je n'ai jamais vu un pilote hors-course au championnat courir ainsi contre [un autre]."

"Des regrets ? Bien sûr. Si je n'avais pas parlé... Si je n'avais pas réagi... La vérité, c'est qu'ils m'auraient quand même eu, et au moins je me suis défoulé, j'ai fait du bruit", ajoute le pilote italien, classé deuxième cette année-là comme la précédente et la suivante mais après avoir été battu au championnat lors de la dernière course.

La tension sera révélatrice

Autre protagoniste de cette polémique, Jorge Lorenzo a quitté cet hiver l'équipe de Valentino Rossi, pour céder sa place à un autre Espagnol, le jeune Maverick Viñales. Une nouvelle relation à nouer pour le Docteur, qui peut espérer des échanges plus chaleureux que ceux qu'il a eus avec le Majorquin, lequel aura été son associé pendant sept ans chez Yamaha.

"Dans le bien ou le mal, Lorenzo est plus transparent que Márquez, moins faux. Viñales me paraît plus équilibré que Lorenzo. Après, il faudra voir s'il saura gérer les tensions, s'il changera sous le stress", pointe-t-il. "Les gens se révèlent sous la tension. Le seigneur quand les motos sont à l'arrêt, tout le monde sait le faire."

C'est dans ce contexte que Rossi repart cette année à la conquête du MotoGP, inlassablement en quête d'un dixième titre mondial après lequel il court depuis huit ans. Pense-t-il avoir toujours ce qu'il faut pour y arriver, malgré le temps qui passe ? "Les bases, les ingrédients sont toujours les mêmes. Je peux gagner quand c'est possible, et je peux essayer de gagner quand c'est plus compliqué, pas toujours", résume-t-il.

Dans le parcours du Docteur, la parenthèse Ducati marque une cassure, deux ans d'un projet qui faisait rêver le pilote autant que ses tifosi mais qui n'a pas abouti à la réussite espérée. À son retour chez Yamaha, il lui aura fallu retrouver ses marques et se réinventer avant de se battre à nouveau pour les lauriers, sans être parvenu à ce jour à les coiffer.

C'est une étape dont il sait voir aujourd'hui l'aspect bénéfique. "Les deux années avec Ducati ont été dévastatrices", reconnaît-il, "mais en y regardant aujourd'hui, elles ont servi à relancer mon investissement et mes désirs. Le point culminant a coïncidé avec 2015, une année qui s'est terminée comme elle s'est terminée. Ce sera plus difficile, mais ça l'a toujours été."

Et qu'en est-il de son état d'esprit à moins d'un mois du coup d'envoi du championnat ? "Prêt. Comme avant. Plus qu'avant. Courir signifie penser à l'avenir", assure l'infatigable chasseur de trophées.

"Ma seconde vie a déjà commencé"

L'avenir, il devra s'y confronter un jour ou l'autre et se résoudre à l'écrire avec une autre forme d'adrénaline que celle qui a été le moteur de sa vie jusqu'à présent. Il y pense et le prépare depuis Tavullia, où s'ancrent son entreprise, son Ranch et la VR46 Riders Academy.

"La vérité, c'est que ma seconde vie a déjà commencé", souligne Rossi. "Elle offre des stimulations, tout un tas de nouveaux plaisirs. Bien faire chaque chose, c'est intéressant. Et puis, aider les jeunes pilotes me plaît énormément. Il n'existait rien de ce genre en Italie, maintenant on a beaucoup de jeunes qui sont compétitifs, avec de sérieuses ambitions."

"Pour eux, je suis comme un grand frère", poursuit le nonuple Champion du monde au sujet des membres de son Academy. "Graziano, mon père, m'a toujours appris que la prétention était une bêtise, que l'humilité était plus amusante. Je ne suis pas bête au point de penser que personne ne peut me battre, même s'il s'agit de jeunes à l'entraînement. Bien sûr, je fais un peu attention. Un jour, l'un d'eux vint me voir, tout rayonnant après son premier podium, et me dit : 'Mais, toi, Vale, combien tu en as fait ?' Eh bien, je ne pouvais quand même pas lui dire deux cents et quelque. J'ai fait semblant d'avoir un trou de mémoire."

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