Smith - "J'avais besoin d'être sous pression, mais ça ne fonctionnait pas"

Sixième au Championnat du Monde MotoGP cette saison, Bradley Smith a brillé par une approche plus mûre de la compétition.

Dès les essais d'intersaison, il a pris conscience qu'il y avait une alternative à la pression qu'il se mettait jusqu'alors. "Même si ça n'était pas drôle de rouler blessé à Sepang (en février, ndlr), le fait d'entamer les essais hivernaux blessé m'a montré qu'un environnement très calme et sans pression donnait des résultats," explique-t-il dans un entretien à Crash.net.

"J'ai toujours pensé qu'il fallait que la tension soit forte pour que je donne le meilleur de moi-même," poursuit le pilote anglais. "J'avais besoin d'être sous pression et dos au mur. J'avais besoin d'être en colère. Mais toutes ces choses ne fonctionnaient pas avec la Yamaha. Ça m'a vraiment ouvert les yeux."

C'est ainsi que Smith a pris conscience de l'effet contre-productif de la tension qu'il s'imposait auparavant. S'il indique ne pas avoir eu recours à la méditation au contraire de certains autres pilotes, il a néanmoins compris le besoin d'évoluer dans un environnement serein. "Si tu te mets en colère et que tu te décourages, cela va affecter tes résultats et, si ça arrive, cela va affecter ta carrière. Il faut continuer à travailler sur des objectifs réalistes et en tirer le maximum possible."

"Il s'agit d'être calme. Avoir cette croyance en soi et cette sécurité pour être calme et ensuite faire son travail de la bonne façon," explique le pilote Tech3, qui refuse désormais de se laisser abattre par les moments plus compliqués. "C'est une chose sur laquelle Randy Mamola m'a beaucoup aidé. Juste prendre du recul et avoir une vision large des choses. Il a essayé autant que possible de me guider."

"Et je pense aussi que j'ai vieilli, tout simplement," ajoute Smith, 25 ans. "En avançant en âge, on devient un peu plus calme et on comprend qu'il y a autre chose dans la vie que les motos. Elles doivent être super importantes, mais il faut avoir une vision plus large."

Savoir se reposer sur son équipe

Convaincu du bénéfice de croire en lui-même, Bradley Smith a, par extension, accordé plus de confiance à son team. "J'ai énormément de respect pour les gars qui forment mon team. Je dois être meneur de ces personnes pour pouvoir donner le meilleur de moi-même sur la moto. Je suis le seul à pouvoir rendre la moto rapide et ils doivent trouver une façon d'y arriver. Je dois trouver une manière de leur faire me fournir ce dont j'ai besoin."

A l'heure d'entamer sa troisième saison en catégorie reine, l'Anglais était parti du constat simple qu'il n'avait pas beaucoup de solutions pour se distinguer de son coéquipier au sein du team Tech3, Pol Espargaró. Permettre à son team d'évoluer dans un bon environnement en était une. "Je me suis demandé : 'Qu'est-ce que je dois faire? Je vais devoir faire en sorte que tous ceux qui sont de mon côté du stand se donnent à 100%'," raconte-t-il.

Cette approche s'est traduite par des propos plus positifs et encourageants envers son staff technique. "La façon dont tu parles, comment tu structures ce que tu vas dire. Suggérer plutôt que dire," résume-t-il. "Le ton de la voix est important lui aussi. Si tu commences à crier en regardant les gens en face, ils ne vont pas accepter l'information. Si tout le monde est calme et écoute, personne ne se sent en danger."

Randy Mamola, qui l'accompagne et le manage, a joué un rôle clé dans cette prise de conscience et dans l'adoption de cette nouvelle démarche. "Il a insisté pour que je le fasse. Il m'a expliqué comment j'étais vu de l'extérieur. La lecture de quelques livres de psychologie m'a également aidé à obtenir plus des personnes qui m'entourent et aussi à extraire plus de ces personnes."

Fruit de cette approche plus mûre, Bradley Smith a réalisé une excellente saison, auréolée notamment par un podium et le sixième rang du Championnat. "La saison a été géniale," résume-t-il. "J'ai toujours eu pour objectif d'être le premier pilote satellite. Je pensais que j'exagérais mais ça a toujours été mon objectif. Je ne m'attendais pas à finir devant une moto Factory : je m'attendais à devancer les Suzuki mais pas Dovi [Andrea Dovizioso], surtout après ses trois premières courses. Au final, je n'étais qu'à sept points de Iannone, ça a donc été une saison géniale. Je n'ai commis aucune erreur, mais l'équipe non plus, c'était donc du bon boulot."

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Type d'article Actualités
Tags psychologie, randy mamola