Smith : "La clé ? Continuer à être le meilleur satellite et à m’améliorer"

Bradley Smith est en progrès constant et sa troisième saison en MotoGP ne déçoit pas.

S'il a subi l'an dernier le contrecoup des débuts très réussis de Pol Espargaró en catégorie reine, l'Anglais a cette fois pris le dessus sur son coéquipier, qu'il a battu à treize reprises en course. En plus d'être souvent en vue lors des séances d'essais, Smith compte à ce stade de la saison cinq sixièmes places, deux cinquièmes et un podium, en l'occurrence une deuxième place décrochée à Misano.

Cette courbe de performances ne l'a pas empêché de douter, cet été, alors que la reconduction de son contrat prenait trop de temps à son goût. Mais, puisqu'il est aujourd'hui fixé sur son avenir immédiat, Smith veut poursuivre son chemin en se construisant une solide carrière. L'objectif est donc aussi clair que difficile à atteindre : rejoindre une équipe officielle en 2017, lorsque nombre de contrats arriveront à échéance.

Motorsport.com s'est entretenu avec Bradley Smith, afin de faire le point sur sa situation et ses perspectives.

Quel bilan tires-tu de ta saison ?

"Je suis évidemment très heureux du déroulement de ma saison. Ce fut une bonne chose de signer mon contrat et de continuer avec Hervé [Poncharal] et son équipe, car ce fut un gros sujet de conversation durant deux courses. Alors, après Indy et Brno, c'était bien de l’annoncer juste avant mon Grand Prix national où mes fans m’apportent tant de soutien. Du point de vue des performances, c’est mieux que ce que je prévoyais en début de saison. Je m’étais fixé un objectif assez élevé, et jusqu'ici je l'atteins. Grimper sur le podium [à Misano] a été un joli plus, mais il faut continuer sur cette lancée."

L’an dernier, tu as été éclipsé par Pol. Cette année, c’est toi qui as l’avantage. Comment l’expliques-tu ?

"C’est toujours une bonne chose d’avoir un coéquipier rapide, et Pol a eu une première saison MotoGP très impressionnante [l’an dernier], ce qui m’a poussé à aller de l'avant. Je voulais être certain d’être le premier pilote satellite, ce qui signifie le battre mais aussi battre Cal [Crutchlow] et Scott [Redding]. Ce sont les trois gars qui m'ont poussé à me surpasser. Pol est mon principal rival, car il pilote la même moto que moi. Il m’a donné l’objectif dont j’avais besoin, et j’ai été aidé par la Yamaha M1 de configuration 2014. J'ai été plus heureux dès que j'ai reçu cette moto lors des essais de Valence [l’an passé], et on a ensuite connu de très bons essais hivernaux. Et puis, je travaille encore mieux avec l’équipe technique, ce qui m’aide à élever le niveau de mes performances."

Crois-tu que ta victoire aux 8h de Suzuka ait aidé à conclure ton nouveau contrat ?

"Je ne crois pas que cela ait changé quoi que ce soit avec Yamaha ou Tech3. C’était un projet totalement séparé du MotoGP, même si ça a été bon pour mon relationnel avec l’usine et pour leur montrer comment je travaille. J’ai aimé cette expérience qui m’a occupé durant la pause estivale. C’est aussi bon pour mon CV, car cela prouve que je suis aussi compétitif sur une moto de production que sur un prototype."

Quel est ton sentiment sur la mise en place de l'électronique commune et des pneus Michelin en 2016 ?

"Je crois qu’il est difficile de savoir précisément quels en seront les effets. J’aime le fait que tout le monde roulera avec les mêmes pneus et avec la même électronique, ce qui va aider à réduire les écarts entre les équipe d'usine et satellites. Mais au final, les équipes d’usine disposeront toujours des meilleurs châssis, suspensions et boites de vitesses, alors il y aura encore une différence. Ca pourrait aider les teams satellites lors des premières courses quand tout le monde sera en train de s’adapter. Mais après cinq ou six courses, les équipes factory auront tout maîtrisé et on verra les mêmes écarts que ces dernières saisons."

Tu as dit que ton but était de piloter une moto d’usine en 2017. Quels résultats dois-tu obtenir pour y parvenir ?

"Avec cette nouvelle réglementation, il est difficile de prédire ce qu’il faut faire, d'autant que je ne sais pas quelles seront les performances de Yamaha en tant que constructeur. Mes résultats importent peu, car ils sont largement dictés par les performances de la moto. Cette année, j'ai régulièrement roulé dans le top 6, mais peut-être que le nouveau règlement conviendra mieux à un autre constructeur et que l'on va se retrouver en bagarre pour la huitième place, ou bien peut-être que l'on sera sur le podium si jamais la Yamaha apparaît beaucoup plus forte. La clé ce sera de continuer à battre mon coéquipier, à être le meilleur pilote satellite et à m’améliorer tout au long de la saison."

Comment peux-tu expliquer cet afflux de pilotes britanniques en MotoGP ?

"La raison qui explique cette arrivée de pilotes britanniques en Grands Prix, c'est la Dorna. Ils ont lancé leur projet [la Dorna Academy] en 2005, et ils y ont consacré beaucoup d’efforts jusqu’en 2008 pour attirer de jeunes pilotes britanniques [en Grands Prix], incluant Scott [Redding], Danny Kent, et moi-même. Après, grâce à nos succès, le chemin était tracé pour les autres Britanniques comme on l’a constaté avec Cal [Crutchlow], Eugene Laverty et Sam Lowes, mais le projet de Dorna a été le déclencheur. Il faut aussi remercier la force de notre championnat national, et Stuart Higgs [promoteur du BSB] a effectué un travail formidable dans des circonstances économiques difficiles afin de créer des ouvertures pour les jeunes pilotes afin qu’ils puissent démonter leur talent."

Interview réalisée par Jamie Klein

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