Suzuki ou le besoin de créativité pour revenir au sommet

En deux ans à peine, Suzuki a déjà réussi à retrouver une stature de prétendant à la victoire, rivalisant avec les constructeurs qui font la pluie et le beau temps du MotoGP. Pour le directeur d'équipe, c'est le fruit d'une approche audacieuse.

Davide Brivio est à la manœuvre pour ramener Suzuki vers les sommets des Grands Prix mondiaux. Loin des titres acquis à l'heure de gloire de la marque, avec les Sheene, Schwantz et autres Roberts Jr - pour ne citer qu'eux -, loin même de la victoire conquise après l'avènement des MotoGP par Chris Vermeulen, le constructeur d'Hamamatsu repartait d'une feuille blanche lorsqu'il a fait son retour dans la discipline en 2015. Pourtant, au bout de deux saisons, le constat est des plus honorables, puisque la GSX-RR est parvenue à rapidement combler son retard et à s'imposer l'an dernier, aux mains de Maverick Viñales.

Comment franchir à présent les dernières étapes et rivaliser avec les leaders établis que sont Honda, Yamaha et Ducati ? “Nous avons probablement moins de ressources que d'autres, mais je crois aussi que nous avons des ingénieurs intelligents. Je pense qu'il faut être plus créatif", pointe le patron des troupes.

Et d'expliquer : "Nous avons été créatifs lorsque nous avons choisi Maverick, alors qu'il n'avait fait qu'un an de Moto2 - beaucoup disaient que c'était trop tôt, que c'était une erreur, mais c'était un défi. Même chose avec Álex [Rins]. Que faisons-nous ? Nous regardons vers l'avenir. Il est intéressant d'investir sur un jeune pilote qui peut être potentiellement un top pilote et de le faire grandir. Peut-être connaîtrons-nous une année difficile, mais ensuite nous pourrons avoir un top pilote pour les prochaines années. C'est le défi."

Un défi que l'équipe relève aussi, d'une certaine manière, avec Andrea Iannone. "Bien sûr, c'est un pilote fort, mais en le faisant intégrer notre équipe, nous lui donnons, au moins au début et jusqu'à ce qu'Álex grandisse, la responsabilité d'être le pilote numéro un, ce qui est une situation nouvelle pour lui, un challenge. Nous devons être créatifs en ce sens : tenter quelque chose qui n'a peut-être pas encore été exploré."

Pour l'heure, Davide Brivio est convaincu que cette stratégie fonctionne à merveille avec son équipe : "Avec Maverick, nous avons relevé un défi qui, je crois, a fonctionné. De même avec Aleix [Espargaró], qui n'avait travaillé que pour des teams privés, mais qui était prêt à rejoindre une équipe factory. Nous avons été heureux du travail qu'il a réalisé, nous lui avons donné une responsabilité qu'il n'avait encore jamais eue."

Selon le team manager, l'équipe Suzuki se doit d'être également créative dans d'autres domaines que le recrutement : "Nous essayons d'avoir de nouvelles idées ou des idées différentes - ce qui n'est pas toujours possible -, par exemple dans le choix du staff ou des ingénieurs, dans l'organisation du travail dans le stand, ou en voyant ce dont nous pourrions avoir besoin en plus, comme peut-être un ingénieur supplémentaire qui ferait autre chose. Si vous gagnez votre défi, vous en retirer un petit avantage."

Se mêler à la bagarre en 2017

Davide Brivio a, bien entendu, la ferme intention de voir Suzuki poursuivre sur sa lancée de 2016, néanmoins il se refuse à en demander trop et trop vite. "Je ne pense pas vraiment au nombre de courses à remporter", explique-t-il. "Le premier objectif est de continuer le travail de la fin de saison dernière, lorsque nous nous battions pour le podium, que nous étions proches du podium pratiquement à chaque manche, et que nous prenions le départ des courses avec une chance [d'y monter]. Ça n'est pas simple mais c'est que nous devons continuer à faire."

Pas simple, en effet, car la concurrence est rude et affûtée. Aussi, plus que le résultat pur, c'est le potentiel que le team manager veut voir avant tout. "Nos adversaires sont très forts", souligne Davide Brivio. "Les trois principaux constructeurs ont six pilotes forts et nous devons être parmi eux. L'objectif est d'être dans le groupe, de les 'déranger', de nous battre et de voir ce que nous pouvons faire. Bien entendu, vous pouvez très bien terminer sixième, troisième ou septième, mais l'objectif principal est d'être là et de prendre part à cette bagarre."

"Je pense que ce sera un championnat très, très intéressant pour les fans et le public, et beaucoup plus dur pour nous", anticipe l'Italien. "Mais c'est excitant et le sport est imprévisible. Peut-être que l'on a un scénario à l'esprit aujourd'hui et que ce sera l'inverse à la fin de la saison."

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