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La technique improbable de Pedrosa pour apprendre à rouler sous la pluie

Dani Pedrosa a révélé à Valentino Rossi comment il s'y était pris, pendant sa carrière, pour apprendre à piloter sur le mouillé alors qu'il avait beaucoup de mal. Et c'est un entraînement pas du tout académique qui l'a aidé.

Dani Pedrosa, Red Bull KTM Factory Racing

Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images

On parle souvent des pilotes naturellement à l'aise sur le mouillé, ceux qui, dès qu'il pleut, parviennent à mettre de côté les faiblesses de leur moto et à dépasser avec une aisance impressionnante les pièges qu'apporte un bitume plein d'eau. Mais certains pilotes, y compris parmi les plus gros palmarès, sont à l'opposé de cela et font la moue dès que la pluie vient perturber un Grand Prix.

Dani Pedrosa était de ceux-là dans les premières années de sa carrière. S'il n'a pas tardé à gagner lorsqu'il a rejoint la catégorie MotoGP, ses premières victoires sont toutes intervenues par beau temps. Lors de sa troisième saison, il tenait une opportunité de s'imposer au GP d'Allemagne, l'une de ses épreuves fétiches, seulement il n'a pu mener la course que quelques tours sur une piste détrempée.

Très rapide, il s'était constitué une avance étonnante de sept secondes et demie en l'espace de cinq tours, cependant sa limite n'a pas tardé à se présenter, puisqu'il est soudain tombé en bout de ligne droite.

Lors d'un dîner exceptionnel organisé par le MotoGP en marge de l'inauguration, l'an dernier, du Hall of Fame du championnat, Dani Pedrosa a évoqué cet épisode aux côtés d'un Valentino Rossi avide de savoir comment son ancien adversaire avait pu dépasser ses difficultés. Leur échange, rendu public cet hiver par le promoteur, permet de découvrir le secret employé par l'Espagnol et son coach de l'époque, dévoilant une technique peu académique.

"J'ai fait beaucoup de moto pour apprendre à piloter sur le mouillé, parce que je n'étais pas bon sur le mouillé", admet le triple champion du monde 125cc et 250cc, qui relate l'épisode du GP d'Allemagne 2008 et le tournant que cela a représenté pour lui. "Je me suis dit 'ça suffit !'. […] Tous les ans, je perds le championnat parce qu'il y a une course où il pleut. Je suis fait comme ça et je dois aller au-delà de ce que je ressens."

Départ : Andrea Dovizioso, Colin Edwards, Dani Pedrosa et Casey Stoner en lutte pour la tête

Le GP d'Allemagne 2008, un déclic pour Dani Pedrosa.

Photo de : Bridgestone Corporation

Et Pedrosa d'expliquer alors, sous les yeux d'un Rossi ébahi, comment il a cherché la meilleure méthode d'entraînement pour mieux sentir les conditions de route en cas de pluie. Après avoir tenté une solution assez classique, c'est près de chez son coach, Alberto Puig, en périphérie de Barcelone qu'il a trouvé la bonne méthode, à savoir se forcer à avaler les kilomètres sur des routes de montagne.

"Je ne savais pas comment faire", admet Pedrosa lorsque Rossi lui demande comment il s'entraînait pour le mouillé, "alors j'ai pris la moto de supermotard [une Honda 450, ndlr], j'ai mis des pneus pluie et, quand il pleuvait, je suis allé sur un circuit de karting."

"Le premier jour, je commence et, paf, je suis par terre au premier tour. J'essaye de faire chauffer les pneus, je roule un peu plus et, boom, je tombe à nouveau. Les pistes de karting sont très lisses, il n'y a aucun grip, c'est impossible à comprendre. Donc, là, on s'est dit qu'on ne pouvait pas faire ça comme ça."

"Alors, qu'avons-nous fait ?", poursuit Pedrosa en riant. "Puig m'appelait et me disait qu'il allait pleuvoir toute la journée, alors j'allais chez lui, on prenait les motos de supermotard, la combi, la protection pour la pluie par-dessus, de l'argent pour l'essence et après on prenait la route de montagne et on faisait des aller-retours pour la monter et la descendre."

"Quand il le fallait, on remettait un peu d'essence et hop, on montait et on descendait, ainsi de suite. Je mettais le genou par terre et on montait et on descendait cent fois. On le faisait pendant une journée, puis quand il pleuvait encore, on poursuivait le lendemain."

"À partir de là, j'ai commencé à apprendre. J'ai gagné une course, je suis monté sur le podium sur une autre", ajoute Dani Pedrosa, trois fois vice-champion du monde en 13 ans passés en MotoGP.

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