"Triste" pour Miller, le patron de KTM veut l'aider à trouver un guidon

Pit Beirer dit avoir espéré un sursaut de Jack Miller, en vain, alors que les performances de l'Australien se sont affadies dans le courant de la saison dernière. Désormais sur le marché, Miller va devoir faire ses preuves pour trouver un autre guidon et le patron de KTM Motorsports veut l'y aider.

Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Alors que KTM a réussi à s'assurer les services de deux des pilotes les plus en vue de la grille avec Maverick Viñales et Enea Bastianini, deux autres vont devoir faire leurs valises. C'est le cas d'Augusto Fernández, qui a fait ses débuts dans la catégorie MotoGP après son titre Moto2, la saison dernière, mais aussi de Jack Miller, qui en est également à sa deuxième saison sur la RC16. Aucun d'eux n'a véritablement convaincu avec la moto autrichienne, en dépit de quelques performances qui sont sorties du lot l'an dernier.

L'Australien a tout de même dernière lui dix saisons de MotoGP, avec quatre victoires à son palmarès. Souvent contraint de courir sous pression, il profitait pour la première fois d'un contrat de deux ans, dont il n'aura pourtant pas tiré avantage jusqu'à présent, empêtré dans des sensations imparfaites avec la KTM.

Bien que très heureux de l'arrivée de ses deux futurs pilotes, Pit Beirer a souligné à quel point il en regrettait ces effets collatéraux. "Cela signifie se séparer de deux pilotes qui sont avec nous en ce moment, que nous avons essayé et que nous essayons encore de ramener en forme, de ramener là où ils veulent et nous voulons qu'ils soient", a-t-il expliqué en rencontrant la presse au lendemain de l'annonce faite cette semaine.

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Triste de se séparer des deux pilotes, le directeur de KTM Motorsports a néanmoins souligné qu'il avait attendu une réaction de la part de Miller, jusqu'au GP d'Italie en marge duquel le marché s'est soudainement accéléré.

"Renoncer à Jack et Augusto est très triste. J'espérais, y compris au Mugello, que Jack allait nous montrer qu'on l'avait retrouvé au niveau où il devrait être. Finir hors des points au Mugello, ça n'est pas là que Jack Miller devrait être et, quoi qu'apporte l'avenir, nous devons faire changer cela parce que ça n'est pas comme ça que nous allons finir notre relation. Nous avons essayé mais, au final... Je pensais que nous aurions peut-être un peu plus de temps à donner aux deux pilotes pour y arriver."

À ce stade du championnat, Jack Miller occupe la 16e place du classement général, avec un week-end réussi à Portimão comme seule oasis (il y a fait cinquième au sprint et en course principale). L'année dernière, un seul podium est venu récompenser ses premiers pas avec la moto autrichienne, ainsi que deux médailles de bronze en sprint, avant que ses performances s'affadissent dans le courant de la saison.

"Ça n'est pas un secret : Jack, avec son chef mécanicien et son team, a fait quelque chose sur la moto que nous n'avions jamais fait auparavant", veut pourtant rappeler Pit Beirer, qui avait débauché l'Australien après ses cinq années sur la Ducati. "Au début de l'année dernière, ils ont élargi le potentiel de KTM, ils nous ont montré de nouvelles choses, que nous ne voulions pas explorer auparavant chez KTM. Il nous a donc fait nous améliorer."

"Mais l'année dernière, déjà, dans la seconde partie de la saison, Brad [Binder] a pu beaucoup plus tirer bénéfice de ce que Jack avait fait sur la moto que Jack lui-même. Jack a commencé à avoir des problèmes l'année dernière et nous n'avons jamais pu résoudre cela. Je réaffirme néanmoins que Jack a fait s'améliorer notre moto et il semble que pour le moment, il est peut-être le dernier à en bénéficier."

Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing

Jack Miller se sait en difficulté depuis plusieurs mois.

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Ce constat, Miller lui-même le fait, au point d'avoir mis en avant son souhait profond de rebondir pour mériter une place sur la grille la saison prochaine. Cette année, ce manque de performance est devenu d'autant plus criant que Pedro Acosta a pris le leadership dans le groupe KTM, lui qui occupe à ce stade la cinquième place du championnat. "Certes, il pourrait choisir le set-up de Pedro, mais cette moto est assez différente de celle qu'il a choisie", a fait remarquer Beirer.

Et le responsable de KTM Motorsports affirme vouloir aider Miller à remonter la pente. "Notre objectif, et non pas à moyen ou long terme, c'est de remettre Jack sur de bons rails. Bien sûr, on peut dire qu'il vieillit, il a maintenant une famille, mais il lui manque quelque chose pour avoir de bonnes sensations sur la moto et nous devons le trouver. Nous l'avons perdu quelque part en cours de route", regrette celui-ci.

"Le faire revenir, c'est l'objectif, aussi pour lui donner la plateforme qui lui permette de briller parce que je veux qu'il reste en MotoGP, je veux qu'il ait un bel avenir et qu'il trouve un bon guidon. S'il est performant avec nous, ce sera gagnant-gagnant, car nous obtiendrons de meilleurs résultats et j'espère que cela l'aidera aussi d'avoir un bel avenir dans le championnat. J'ai le sentiment que Jack n'est pas encore fini."

Pas de place pour Miller en tant que pilote essayeur

Questionné pour savoir si Miller pourrait poursuivre sa collaboration avec KTM sous une autre forme en rejoignant le groupe de pilotes essayeurs de la marque, Pit Beirer a écarté cette idée. "D'un côté, ce serait bien, mais nous ne pouvons pas avoir un test team qui deviendrait à un moment donné plus gros que l'équipe de course", a fait remarquer l'Allemand, sachant que les essais sont déjà partagés entre Dani Pedrosa, Pol Espargaró, Mika Kallio et Jonas Folger.

"Nous sommes convaincus que Jack veut rester pilote de course", a-t-il ajouté. "Il est encore un peu trop jeune pour que l'on puisse qu'il doit trouver quelque chose avec nous. Je pense qu'il veut trouver un guidon. Il a en la personne d'Aki [Ajo] un manager qui travaille dur. Il faut des pilotes d'expérience dans cette catégorie, alors je pense qu'il restera en lice pour un guidon MotoGP avant de devoir étudier d'autres options."

Avec Gerald Dirnbeck

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