Valentino Rossi : "C'était le bon choix de ne pas s'arrêter"

Acclamé par des tribunes surexcitées, Valentino Rossi a livré une course qui restera dans les annales, ayant fait le choix de ne pas passer les pneus pluie à la fin du Grand Prix d'Autriche, comme le vainqueur Brad Binder. À la clé, une huitième place et une bonne dose d'adrénaline !

Valentino Rossi : "C'était le bon choix de ne pas s'arrêter"

Valentino Rossi a décroché au Grand Prix d'Autriche son meilleur résultat de cette saison, une huitième place qui avait une saveur toute particulière à l'issue d'une course un peu folle. Le pilote italien fait partie de ceux qui ont choisi de rallier le drapeau à damier en pneus slicks malgré l'arrivée de la pluie, si bien qu'il figurait sur le podium provisoire à deux tours de la fin.

Alors en bagarre contre Iker Lecuona et Luca Marini, il brillait par son audace et s'est indéniablement fait plaisir tout autant qu'il a fait vibrer les tribunes du Red Bull Ring. Le retour en force des pilotes ayant chaussé les pneus pluie l'a finalement fait rétrograder à la huitième position dans les derniers instants, mais c'est bien le plaisir de ce final de folie qui se reflétait dimanche soir sur le visage du futur retraité.

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Comment décrirais-tu cette course ?

Ça a été une course incroyable ! Les pilotes qui sont restés en slicks et ceux qui ont mis les pneus pluie se sont retrouvés ensemble dans les trois derniers virages, c'était donc très excitant. J'ai décidé de ne pas m'arrêter parce qu'il ne restait que cinq tours. C'était le bon choix, j'ai amélioré ma position. Jusqu'à deux tours de l'arrivée, ça allait très bien mais les deux derniers tours ont été difficiles à cause de la pluie. Et puis à un moment donné, j'étais sur le podium !

Effectivement, à un moment donné, tu étais sur le podium. Ça aurait été beau de finalement l'obtenir, non ?

Ça aurait super beau. [...] Je n'avais pas compris [où je me situais] parce qu'on a du mal à comprendre sa position dans une course comme celle-ci. Mais quand j'ai vu P3 sur mon panneau et que je suis arrivé au premier virage, j'ai eu peur, je me suis contracté et j'ai tout de suite un peu élargi. Et puis je me suis dit "allez, allez, on essaye !" Malheureusement, à deux tours de la fin, Pecco [Bagnaia], Martín et Mir, qui avaient les pneus pluie sont arrivés et ils nous ont tous passé. Mais les deux derniers virages ont été sympa parce que ceux qui avaient les rain étaient rapides et nous on était lents mais on était devant. C'était donc un final très excitant.

 

Tu as fait beaucoup de courses en MotoGP : avais-tu déjà roulé dans de telles conditions ?

Habituellement, on ne reste jamais en piste quand c'est comme ça. Mais la pluie a commencé très progressivement, vraiment très doucement. Dans les premiers tours, il y avait des soucis dans deux virages, le 3 et le 6, mais le reste était encore sec, donc on pouvait garder les freins et les pneus à une bonne température et rouler malgré tout. On devait rouler très doucement, mais on pouvait quand même continuer. Par contre, le dernier tour et demi a été très, très difficile parce que la moto s'est mise à patiner partout et il était très facile de faire une erreur. Il fallait donc rouler très, très, très doucement. Mais au final, c'était la bonne décision de ne pas s'arrêter.

Qu'est-ce que ça fait d'avoir tous ces spectateurs ?

C'était vraiment bien parce que c'est la première fois que le circuit avait le public au complet [il y avait 86'376 spectateurs dimanche, ndlr]. On peut dire que la situation était normale car il y avait beaucoup, beaucoup de monde autour de la piste et beaucoup de gens avec des t-shirts et des casquettes jaunes ! Il y avait une bonne atmosphère. Le tour qui a suivi le drapeau à damier a été riche en émotions. Et puis le circuit m'a dit merci avec l'hélicoptère et il avait une grande banderole dans la tribune KTM. C'était bien, c'était riche en émotions.

Après le drapeau à damier, on aurait dit qu'Iker, Luca et toi aviez fait la guerre tellement vous fêtiez ce résultat !

Oui, c'était un grand moment ! [...] Sincèrement, on s'est bien amusé, le problème c'est que j'ai le double de leur âge : j'ai le même âge que Lecuona et mon frère réunis ! Mais c'est positif. On s'est bien amusé, on a rigolé et mon frère était vraiment très content car c'est un bon résultat pour lui. Mais à la fin, il m'a battu, putain ! [rires] Je tenterai une autre fois à Silverstone. Ceci dit, dans ce groupe, je pense que Luca voulait rentrer au stand mais qu'après m'avoir vu, lui et Lecuona ont changé d'idée et ils sont venus avec moi. Donc, je pense qu'ils doivent me remercier !

As-tu toi-même pensé à rentrer au stand ? Comment étaient les derniers tours ?

C'est toujours une décision instinctive, mais je ne voulais pas rentrer au stand, parce qu'il restait cinq ou six tours à faire. Quand on entre dans les stands, on perd une minute, alors je me suis dit "non, non, non, j'essaie, je ne veux pas m'arrêter." D'autant que ce n'était pas un orage. Au départ, il pleuvait juste un peu, il n'y avait pas beaucoup d'eau, donc c'était la bonne décision.

Si certains sont restés en slicks parce qu'ils pouvaient faire la course de leur vie, toi tu n'as plus rien à prouver. Ou alors il s’agissait de te prouver quelque chose à toi-même ?

Dans ces situations c'est difficile d'avoir la règle parfaite. Enfin, la règle parfaite ce serait que si tout le monde a les slicks et qu'à six tours de l'arrivée il se met à pleuvoir, la course est arrêtée, c'est tout. On met le drapeau rouge et on prend le classement de ce tour-là ou de celui d'avant. C'est ce qu'il y a de plus sûr. Avec la règle qu'on a, sincèrement je préfère faire deux ou trois tours en slicks en faisant attention, plutôt que devoir m'arrêter au stand. [...] Ça n'a pas été un défi contre moi-même, c'est juste que quand on est sur la moto on essaye de faire ce qu'il y a de mieux pour obtenir un bon résultat, alors c'est ça le choix que j'ai fait. Mais c'était sympa.

Il te reste encore quelques courses pour tenter d'obtenir ton 200e podium

J'ai annoncé que je m'arrêtais parce que j'avais dit que j'aurais pris ma décision ici, mais je ne me suis pas encore relâché. Je m'entraîne, j'essaye de rester aussi concentré que possible. Franchement, je n'ai pas de problème parce que quand je monte sur la moto j'ai l'impression de devoir faire encore plusieurs années. Il reste encore sept ou huit courses alors je tenterai jusqu'au bout.

C'est une course qui te motive pour finir la saison ? C'était la course qu'il te fallait ?

Absolument. C'est ce qu'il me fallait à moi et ce qu'il fallait à l'équipe parce que ces derniers jours il y a eu des infos négatives pour l'avenirEt puis c'est ce qu'il me fallait parce que la première partie de la saison a été très négative, mais elle l'a été surtout à cause de mes chutes au Portugal, à Barcelone et à Assen. Ça, ce n'est pas moi. Se faire battre et finir un peu loin, c'est une chose, mais je ne peux pas tomber pour faire 13e. On a longuement parlé et on a modifié des choses. Sur ces courses, qui sur le papier étaient les plus difficiles de cette deuxième partie de la saison, je me suis senti mieux avec la moto.

Naturellement, je ne vise pas le titre mais sur ces trois courses-là j'aurais voulu ne pas tomber, terminer dans le top 10 et marquer un peu de points. Ça aurait été un peu différent. Désormais, il faut qu'on le fasse d'ici à la fin de la saison. Je sais que c'est difficile, il va falloir se battre mais je veux aller au bout, finir dans le top 10 et marquer des points.

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