Valentino Rossi, un futur retraité serein et loyal envers son équipe

Tout sourire, Valentino Rossi a ouvert au Red Bull Ring le dernier chapitre de sa carrière MotoGP, au lendemain d'une annonce qui fera date, celle de sa décision de mettre un terme à sa carrière en Grand Prix. Il est revenu sur l'émotion que cela lui a procuré et ce qui a pu peser dans son choix.

Valentino Rossi, un futur retraité serein et loyal envers son équipe

Valentino Rossi a repris la piste ce vendredi, au Red Bull Ring. Pour la 424e fois de sa carrière, il entame un Grand Prix, mais n'est déjà plus tout à fait le même. Libéré du poids de la décision majeure qu'il devait prendre cet été, le champion italien sait à présent qu'il va vivre ses trois derniers mois en tant que pilote MotoGP. Son agenda prévoit encore dix courses en 15 semaines, et puis ça s'arrêtera. Cette décision, mûrie au fil des semaines, a été annoncée jeudi après-midi dans une conférence de presse brève et sans chichis, comme si l'issue était de toute façon évidente depuis déjà un moment. L'émotion était malgré tout au rendez-vous pour cet indécrottable passionné, qui se serait bien vu garder cette vie-là indéfiniment.

"Hier, c'était très émouvant", admet-il. "Hier soir, surtout, c'était génial parce que j'ai reçu énormément de messages du monde entier. Je m'attendais à en recevoir beaucoup parce que j'en ai quand je fais une bonne course, mais hier c'était incroyable. J'en ai reçu de la part de mes amis, mais aussi de sportifs d'autres disciplines, de pilotes de F1 ou de joueurs de foot. Et surtout, j'en ai reçu beaucoup de mes anciens adversaires, ce sont les meilleurs ! Stoner m'a envoyé un message, Biaggi, Lorenzo, Dovi aussi. C'était super, j'étais très content."

"Aujourd'hui je me suis bien senti sur la moto. Un peu plus détendu, naturellement, car j'ai pris ma décision, mais d'un autre côté il faut toujours rester concentré", poursuit-il. "Et puis, il faut vraiment que j'arrive à être plus compétitif dans la deuxième partie de la saison que dans la première. Hier, il s'agissait de dire à tout le monde quel était mon choix, d'autant que j'avais promis que je l'aurais fait en Autriche, mais il reste dix courses alors je suis encore pilote."

Un choix loyal envers Petronas

Plus qu'un métier, une seconde peau. Valentino Rossi restera pilote quoi qu'il arrive, qu'il s'agisse de la deuxième carrière qu'il souhaite embrasser en sport auto ou des roulages qu'il compte bien continuer à mener dans son antre de Tavullia avec ses fidèles de la VR46 Academy. Mais en annonçant sa décision jeudi, le Docteur a fait part de son pincement au cœur, admettant avoir sérieusement envisagé la possibilité de poursuivre sa carrière en s'alignant avec son équipe, qui fera son entrée en MotoGP en 2022.

Il a finalement écarté cette idée en se montrant réaliste, sachant qu'un tel transfert aurait nécessité qu'il se réadapte à une toute nouvelle moto, ce qui aurait sans doute requis plusieurs années. On se demande alors s'il n'aurait pas été possible pour VR46 de faire aboutir les négociations menées avec Yamaha, qui était en lice face à Ducati pour la fourniture des motos à la nouvelle équipe. Mais Rossi évoque la loyauté dont il a voulu faire preuve à l'égard de son équipe actuelle, elle aussi désireuse de disposer des M1 satellites, limitées à deux exemplaires.

"Dans le MotoGP moderne, si on veut changer de moto − et ce n'est pas le cas qu'avec la Ducati − il faut un programme plus long, au minimum de deux ou trois ans, pour essayer de la comprendre et d'exploiter tout son potentiel. Dans mon cas, je ne sais pas, j'aurais peut-être pu courir un an de plus, mais changer de moto pour une saison seulement c'est difficile", admet le patron de la structure.

"Sincèrement, concernant notre équipe en MotoGP, je n'ai pas envie de pousser [en pensant à] moi. Je ne fais que suivre ce qui se passe. On a aussi un gros problème, qui est que je cours actuellement pour le team Petronas, or le team Petronas veut les Yamaha. Prendre les Yamaha au team Petronas pour [qu'elles aillent dans] mon équipe, alors que Petronas est mon équipe actuellement, je pense que ça ne serait pas bien. J'ai donc laissé les choses se faire et ensuite j'ai pris ma décision."

Concernant notre équipe en MotoGP, je n'ai pas envie de pousser [en pensant à] moi. Et prendre les Yamaha au team Petronas pour [qu'elles aillent dans] mon équipe, alors que Petronas est mon équipe actuellement, ça ne serait pas bien.

Valentino Rossi

Plus que tout intérêt, ce sont bel et bien les résultats qui sont au cœur de ce choix, décevants cette année et qui ont su le convaincre qu'il valait désormais mieux raccrocher. "Le problème ce sont les résultats", tranche le pilote italien, qui court après la victoire depuis désormais quatre ans et qui peine à expliquer pourquoi les choses sont de plus en plus difficiles pour lui.

"Je pense qu'il n'y a pas qu'un seul facteur, mais plusieurs. Par exemple, en 2018, j'ai fait une très bonne saison et j'ai terminé troisième du championnat. Je n'ai pas gagné de course, mais j'ai marqué beaucoup de points et j'aurais aussi pu gagner lors des deux dernières manches mais j'ai fait des erreurs. En tout cas, mon niveau était élevé", se souvient-il. "En 2019, je suis très bien parti, mais ensuite quelque chose a changé. Quoi ? Sincèrement, je ne sais pas. L'année dernière aussi, j'étais assez fort au début de la saison, j'ai fait un podium, des top 5, mais à la fin de la saison j'étais plus en difficulté pour rester avec les premiers."

"Je pense en tout cas que le niveau est très élevé et les jeunes pilotes sont toujours plus forts. Maintenant tous les pilotes s'entraînent beaucoup, ce sont des athlètes, qui travaillent dur. Il y a différentes choses, je ne sais pas précisément quelle est la raison. Et cette année, je pense que j'aurais pu être plus compétitif à défaut de gagner."

Quid de l'évolution continue du pilotage, qui voit désormais un style de plus en plus spectaculaire s'exprimer en piste ? "J'ai toujours essayé d'adapter mon style de pilotage, de l'améliorer, pour qu'il soit plus moderne. Ces deux dernières années en particulier, tout le monde a piloté avec le corps très écarté, le coude et l'épaule au sol et la tête très en avant. Ce n'est pas le cas de tout le monde, il y a des pilotes qui sont moins extrêmes et qui sont quand même très forts, comme Franco [Morbidelli] par exemple", observe-t-il. "Je ne pense pas en tout cas que ce soit la raison, car je peux le faire et tout le monde a de toute façon son propre style."

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