Valentino Rossi ou la difficulté de gérer les courses flag-to-flag

À chaque fois qu'un passage par les stands a été réalisé en pleine course, cette année, Valentino Rossi a perdu gros. Son ancien chef mécanicien s'interroge, mais refuse de le critiquer.

Sur les 17 courses qui ont été disputées à ce stade de la saison, quatre ont été déclarées mouillées avant le départ : celle d'Assen, qui a été interrompue sur drapeau rouge compte tenu de la quantité d'eau en piste ; celle de Sepang dont les conditions sont restées humides jusqu'à l'arrivée, sans requérir de changement de moto ; et enfin celles du Sachsenring et de Brno qui ont donné lieu au passage par les stands de tous ou partie des pilotes. Un autre Grand Prix de ce championnat est considéré comme flag-to-flag, celui d'Argentine, où des problèmes de pneus ont poussé Michelin à imposer un changement de machine aux pilotes.

Très rares ont été les pilotes à passer par les stands pendant le Grand Prix de République Tchèque et Valentino Rossi, qui s'est classé à la deuxième place, n'en a pas fait partie. En revanche, il s'est soumis à ce changement en Argentine, où cela était donc obligatoire, ainsi qu'en Allemagne, et à chaque fois il a vu la victoire lui échapper.

À Termas de Río Hondo, le pilote italien occupait la deuxième place, en bagarre contre Marc Márquez, lorsque les deux hommes ont observé leur arrêt au stand à la mi-course, roue dans roue. Ce changement a propulsé l'Espagnol vers la victoire tandis que Rossi, s'il était toujours deuxième à l'arrivée, a pu compter pour cela sur l'élimination conjointe des deux pilotes Ducati alors que le drapeau à damier et un double podium pour les Rouges étaient en vue, et sur la chute, deux tours plus tôt, d'un Maverick Viñales très menaçant.

Mais c'est le Grand Prix d'Allemagne qui reflète mieux que n'importe quel autre sa gestion difficile de ces situations complexes. Deuxième au moment d'entrer dans la pitlane, à sept tours de l'arrivée, Valentino Rossi a finalement obtenu la septième place de cette course. Márquez, qui comptait 8"5 de retard sur lui au moment de passer par les stands, finira par en afficher plus de 26 d'avance en passant la ligne d'arrivée en premier.

Entre-temps, sept tours s'étaient écoulés, sept tours durant lesquels le team du pilote n°46 se désespérait de voir son poulain changer de machine, constatant impuissant le rythme effréné affiché par l'Espagnol avec une gomme lisse à l'arrière, intermédiaire à l'avant. Par la suite, Rossi assumera sa responsabilité dans ce pitstop tardif et à l'impact décisif dans cette course.

Burgess impressionné par Márquez

Cette différence de gestion de ces courses très délicates n'a pas échappé à Jeremy Burgess, ancien chef mécanicien de Valentino Rossi. "Je suis très impressionné par la façon dont Marc a pris cette décision, de changer de moto si tôt au Sachsenring. Vale, de son côté, soit il n'a pas vu le panneau soit il n'a pas voulu faire ce que lui disait son team", explique l'ingénieur australien dans un entretien avec Motorsport.com.

Toutefois, celui qui a accompagné Rossi dans chacun de ses titres en catégorie reine refuse de tomber dans la critique facile et veut se montrer compréhensif. "L'homme n'a pas été conçu pour aller à plus de 300 km/h sur une moto, alors je ne vais pas critiquer un pilote qui se sent plus à l'aise avec un type de pneus plutôt qu'avec un autre, et qui préfère donc ne pas changer de moto. Mais pour une raison quelconque, Valentino n'a jamais gagné une course flag-to-flag", pointe-t-il.

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Tags flag to flag, jeremy burgess