Valentino Rossi et la retraite : "Je suis sorti de ma bulle"

L'idée de la retraite a mûri durant deux ans dans l'esprit de Valentino Rossi, au gré de ses mauvais résultats et de sa prise de conscience de ce que la vie pouvait lui offrir en dehors des courses.

Valentino Rossi et la retraite : "Je suis sorti de ma bulle"

Dans sept semaines, Valentino Rossi ne sera plus pilote MotoGP. Celui dont l'image et les performances ont longtemps été indissociables du championnat, le personnifiant totalement à une époque, a annoncé cet été sa retraite future. Un projet mûri au fil des mois, alimenté par des résultats en chute constante.

"La première fois où j'ai pensé arrêter, ça a été au Mugello en 2019", admet le pilote italien dans une interview pour Sky en Italie. Un Grand Prix d'Italie qu'il avait décrit à l'époque comme "un choc", avec un véritable "contre-coup psychologique" à gérer par la suite, car alors qu'il s'attendait à être compétitif il s'était montré lent, incapable de se battre aux avant-postes, et avait fini par chuter en course.

La vie avait repris, et inlassablement Rossi était reparti en quête de résultats malgré une dernière victoire datant de plus en plus. Toujours motivé, l'an dernier il a même prolongé son engagement en MotoGP en acceptant de rejoindre l'équipe satellite Yamaha pour faire une, voire deux saisons de plus. L'arrêt brutal dû à la crise sanitaire l'a toutefois fait avancer sur le chemin de l'acceptation d'une retraite qui désormais devenait irrémédiable.

"J'étais toujours dans ma bulle", décrit-il en évoquant ce qu'avait jusqu'alors été sa vie, même hors du paddock. "C'était un peu étrange, puis le Covid a aussi changé les situations. Pour une fois, j'ai fait un pas en arrière, je suis sorti de ma bulle et je me suis rendu compte qu'il y avait aussi autre chose autour."

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"La course, c'est la vie. Avant et après, ce n'est que de l'attente" : la célèbre phrase prononcée par un personne interprété par Steve McQueen a longtemps pu être indissociable de Valentino Rossi, entièrement dédié à son métier-passion. Et c'est aussi comme cela qu'il explique sa longévité, alimentée par une certaine dépendance aux émotions de la compétition.

"C'est un ensemble de choses. Le plus important, c'est que ça doit beaucoup vous plaire. Il faut aimer être sous pression, c'est quelque chose de difficile. Il faut aimer cette façon de vivre. Ça dépend pourquoi on court : moi, je suis passionné, j'aime les sensations que l'on a après une belle course ou une victoire. Ça motive encore plus."

La pression, c'est pour lui "une sensation avec laquelle on n'est pas bien, mais elle plaît malgré tout et quand on ne l'a pas, elle nous manque". Réaliste sur cette dépendance, cela a longtemps été son moteur. "C'est beau et moche à la fois, doux-amer. Ça rend nerveux et tendu, mais dans ce moment-là on donne le maximum, on donne même ce qu'on n'est pas conscient d'avoir. On n'entre jamais dans un état de béatitude."

C'est cette pression qui a alimenté la poursuite incessante de sa carrière durant des années, jusqu'à ce qu'il décrit comme un réveil. "L'année dernière, c'est comme si je m'étais réveillé d'un beau rêve, ou d'un cauchemar : j'étais tellement dedans, dans une situation où je voulais être bon et gagner, que c'est comme si je vivais dans un univers parallèle. Le reste, ce n'est que du remplissage, comme disait Steve McQueen."

Aujourd'hui, Valentino Rossi assure être serein, résolu à l'idée qu'il n'était de toute façon pas assez compétitif pour continuer. Futur père, il se tourne vers l'avenir avec l'envie d'écrire une belle page de sa vie personnelle... tout en cherchant à boucler un programme en course auto. Qui aurait imaginé qu'il puisse couper de façon radicale ?

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