Un week-end "émouvant" attend les pilotes Suzuki à Valence
Joan Mir et Álex Rins espèrent briller pour les adieux de Suzuki au MotoGP, au Grand Prix de Valence. Le duo espagnol, qui n'a couru qu'avec cette marque en catégorie reine, aborde l'épreuve avec émotion.
La fin de l'aventure approche pour Suzuki. L'équipe japonaise va disputer sa dernière course en MotoGP ce week-end, à Valence, sur le circuit qui avait marqué son retour à la compétition il y a huit ans. Annoncé au printemps, ce départ reste douloureux pour les membres de l'équipe, dont les deux pilotes, Joan Mir et Álex Rins. Mir espère être en mesure d'offrir un dernier bon résultat à son équipe après une période difficile, entre son absence de quatre courses en raison d'une blessure puis ses problèmes à Phillip Island et à Sepang.
"C'est la fin d'une très belle période avec cette marque, avec Suzuki", a déclaré le Majorquin. "C'était une très belle période mais elle se termine donc ce que j'ai à l'esprit est un peu déprimant, après ce qu'il s'est passé lors des deux dernières courses : on pouvait décrocher des résultats incroyables et après une blessure, on a eu un problème technique en Australie et un problème physique en Malaisie, dans deux courses où on avait le potentiel pour être devant. J'ai une chose en moi qui me dit qu'on peut faire mieux et je pense qu'on pourra bien conclure cette ère."
La motivation est la même du côté d'Alex Rins, plus en réussite dernièrement puisqu'il s'est imposé à Phillip Island : "Plus que de la motivation en plus pour un bon résultat, je dirais que pour notre dernière course avec Suzuki, nous allons essayer de nous donner à 100%", a confié celui qui porte les couleurs de la marque depuis 2017. "Ce week-end va être très émouvant pour moi, pour toute l'équipe, pour tous les gens qui contribuent à mettre en piste ces belles motos bleues. À part le résultat, je vais essayer de me donner à 100%. Si après la course je me suis donné à 100%, je serai content."
"Nous avons fait énormément de courses avec Suzuki, nous avons connu beaucoup de bons et de mauvais moments. Je suis assez satisfait de ce que j'ai fait pendant ces années."
Des souvenirs très forts
Álex Rins a décroché un total de quatre succès avec Suzuki, plus que tout autre pilote depuis le retour de la marque en MotoGP. De la première, au Grand Prix des Amériques 2019, à la dernière, à Phillip Island, il y a moins de trois semaines, toutes ont laissé des souvenirs très forts au natif de Barcelone.
"Chaque victoire est un bon moment. Elles sont différentes, car à Silverstone [en 2019] nous nous sommes battus, il n'y a pas eu beaucoup de dépassements avec Marc [Márquez], juste deux ou trois, et à Phillip Island, j'en ai fait beaucoup avec Marc, avec Pecco [Bagnaia], avec Fabio [Quartararo], avec beaucoup de pilotes – je partais dixième ! C'est difficile d'en choisir une."
Joan Mir a décroché le titre 2020 avec Suzuki
Pour Joan Mir, c'est naturellement l'année 2020 qui se détache, celle de son titre mondial. Il se félicite d'avoir su saisir cette chance unique : "L'année où on a eu une chance de titre, on l'a décroché. C'est le plus important. On n'a pas eu d'autres opportunités. L'année dernière a été bonne, on a fini troisièmes mais on n'a pas pu se battre pour mieux. Je sais que si j'ai cette chance, j'aime la saisir !".
Mir et Rins n'ont connu que Suzuki en MotoGP
Joan Mir et Álex Rins ont tous les deux disputé l'intégralité de leur carrière en MotoGP avec les GSX-RR, et rejoindront Honda la saison prochaine, dans l'équipe officielle pour le premier et chez LCR pour le second. C'est avec Honda que Mir avait signé son premier contrat dans la catégorie reine mais la marque l'avait finalement laissé filer et Davide Brivio, l'emblématique patron de Suzuki parti juste après les titres conquis en 2020, avait sauté sur l'occasion en 2018.
"C'était assez tôt en Moto2", s'est souvenu Mir. "J'ai fait quelques podiums vers la troisième ou la quatrième course et c'est là que Davide nous a approchés. Ça me fait sourire de me souvenir de cette période parce qu'elle était bonne. Je sais qu'on s'est réunis dans un hôtel, hors du paddock. C'est grisant ! C'était sympa."
Davide Brivio s'était également assuré les services d'Álex Rins très tôt quand il courrait en Moto2, en 2016 : "Je me rappelle cette période, je me rappelle que je marchais dans le paddock d'Austin, j'ai vu Davide, et c'était depuis la course précédente qu'il était intéressé par moi", a confié le #42. "Il avait demandé le numéro de mon manager, je l'ai vu et j'ai dit : 'Hey, Davide, merci, merci !' Puis, je crois que c'était à Montmeló, nous avions déjà signé le pré-contrat, c'était super sympa."
"Nous avons vécu beaucoup de bons et de mauvais moments. Ce qui est bien, c'est que je comprends pourquoi j'ai perdu des points dans beaucoup de courses et pourquoi Suzuki a perdu des points dans beaucoup de courses. C'est ce que je retiens pour ma carrière et pour mon expérience."
Avec Benjamin Vinel
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