Limite trop vite atteinte, puissance, motricité : les principaux défauts de la Yamaha
Fabio Quartararo et Jack Miller se sentent démunis sur la Yamaha. Le premier sent qu'il n'a "aucune marge pour vraiment attaquer" en course, tandis que le second pointe plusieurs faiblesses du côté du moteur.
Photo de : Gold and Goose Photography / Getty Images
Yamaha est le moins performant des cinq constructeurs engagés en MotoGP cette année, ce qui s'explique par de gros changements techniques. La marque japonaise a changé d'architecture moteur, en adoptant le V4 de ses rivales et en renonçant au quatre cylindres en ligne.
Le but était de prendre de l'expérience avec cette technologie avant la réduction de la cylindrée imposée en 2027, pour ne pas partir sans le moindre repère. C'est donc cette année que Yamaha est reparti d'une page blanche, puisque son nouveau moteur impliquait des changements dans le comportement de la moto et qu'il a aussi fallu modifier cette dernière.
Mais puisqu'il faut préparer la machine de 2027, la moto actuellement engagée n'a pas reçu de réelle évolution depuis le début de l'année et ses défauts de jeunesse perdurent. En 11 courses, Fabio Quartararo a néanmoins réussi à atteindre cinq fois la Q2, et trois fois les deux premières lignes.
Le Français est en revanche souvent incapable de lutter en course, puisqu'il doit adopter un pilotage selon lui "très différent" sur une M1 qui atteint vite son potentiel maximum. "En qualifications, on peut repousser la limite très, très loin, donc je peux attaquer plus, mais j'arrive à la limite en course", a expliqué Quartararo. "On n'a aucune marge pour vraiment attaquer."
Fabio Quartararo perçoit de grosses limites sur la Yamaha en course.
Photo de: Alexander Trienitz
"Au Mans, la piste avait un très bon grip et je pouvais vraiment faire une différence dans le rythme, mais habituellement, le grip est très, très bas sur les pistes et on arrive très vite à la limite."
"C'est aussi pour ça qu'il y a des écarts vraiment faibles entre les Yamaha en course, parce qu'on ne peut pas attaquer. On se contente juste de glisser et de freiner. On peut un peu faire la différence au freinage mais j'ai vraiment du mal parce que j'arrive très vite à la limite."
Miller évoque un déficit de 15 à 20 chevaux
Jack Miller perçoit aussi ces limites avec la Yamaha, mais sans parvenir à faire la différence en qualifications. "En tant que telle, la moto ne se comporte pas trop mal", a jugé le pilote Pramac. "On lui en demande beaucoup, c'est certain. Quand on finit les qualifications 15e ou 16e, on se dit 'Bordel, comment je peux être 16e avec un tour comme ça ?'. On ne peut pas en faire plus."
Comme Quartararo, Miller essaie de faire la différence au freinage… mais constate les manques de sa moto à l'accélération, à cause d'un déficit de puissance : "On freine parfois 15 mètres plus tard que les autres et il faut essayer d'accélérer 15 mètres plus tôt aussi, donc on en demande beaucoup au châssis, aux pneus, à toutes ces choses-là."
Jack Miller déplore un gros manque de puissance sur sa Yamaha.
Photo de: Ronny Hartmann / AFP via Getty Images
"Le principal sujet a été la puissance, toute l'année. Il nous manque 15 à 20 chevaux par rapport aux autres, au minimum, et après, on sait que la moto se comporte totalement différemment."
La puissance pure n'explique pas tout. En Q2 au Sachsenring, Miller a fait un tour derrière Marc Márquez et a vu que la Ducati parvenait à mieux exploiter son moteur en sortie de courbe, en trouvant plus de motricité : "À chaque accélération, sa moto mordait un peu plus le sol, pas grâce à la puissance, juste à la motricité, la motricité pure."
"Il arrive à redresser la moto un peu mieux que moi. En ce qui concerne la vitesse à la corde, on y est plus ou moins. Le freinage est très bon, il faut juste travailler un peu pour mettre la puissance au sol."
C'est pour cette raison que même sur un circuit comme le Sachsenring, qui n'a pas de longue ligne droite et ne réclame pas une immense puissance, les Yamaha restaient distancées.
"C'est sûr que je m'attendais à ce que ce soit un peu mieux", a reconnu Miller. "Si on revient en arrière, même les CRT étaient assez performantes ici. C'est une piste où tout ne se fait pas à la puissance. J'espère que nous pourrons continuer à progresser après la pause."
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