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Le cas de Zarco est "inhabituel et étrange" pour Dovizioso

Alors qu'ils saluent le talent de Johann Zarco, certains pilotes MotoGP s'interrogent sur la mise à pied du Français pour les six derniers Grands Prix, une situation qu'ils peuvent difficilement juger de l'extérieur mais face à laquelle ils se montrent compatissants.

Johann Zarco, Red Bull KTM Factory Racing

Quatre jours à peine après avoir quitté Misano, le paddock MotoGP a repris vie ce jeudi dans les terres espagnoles, avec toutefois un changement majeur dans les effectifs de la catégorie reine : Johann Zarco ne courra plus cette saison, seulement de passage à Alcañiz en ce début de week-end mais remplacé dans l’équipe officielle KTM par Mika Kallio. La nouvelle a fait l'effet d'une bombe mardi, bien qu'elle soit perçue comme la conséquence compréhensible de la rupture de contrat sur laquelle se sont accordés le pilote et le constructeur le mois dernier et qui devait prendre effet à la fin de la saison.

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Si le Français tente de faire bonne figure et de vivre cette situation de la manière la plus positive et constructive possible, elle ne manque pas de faire parler. Certains de ses adversaires ont néanmoins tenu à rappeler à quel point il était complexe de porter un jugement sans avoir vécu les faits en personne. C'est l'opinion notamment d'Andrea Dovizioso, interrogé ce jeudi sur les difficultés rencontrées par le Français alors que lui-même a connu plusieurs changements de moto importants au cours de ses 12 ans de MotoGP. "L'histoire est chaque fois différente", prévient le pilote Ducati. "Si on parle de ma carrière, j'ai changé de marque trois fois et chacune avait des caractéristiques complètement différentes. Mais chaque pilote aborde les choses d'une manière différente. Je pense qu'il faut garder l'esprit complètement ouvert [quand on change]."

"Quand je suis passé de Honda à Yamaha, j'ai fait beaucoup de bonnes courses", poursuit Dovizioso, rappelant à quel point l'ADN de la moto compte, au-delà même de ses performances. "Quand on change de moto, le niveau de la moto est très important, or à ce moment-là, la moto était très stable. Ce n'était pas la plus rapide, pas la meilleure moto, mais elle était très constante, alors je me suis adapté très vite et j'ai pu être le plus rapide ou l'un des plus rapides avec ce constructeur. Cela a toujours été mon but quand j'ai été chez Yamaha, puis quand je suis passé ensuite chez Ducati."

"Mais à chaque fois l'histoire est différente, alors je ne peux pas exactement connaître les détails chez KTM. Et puis je pense surtout que le passage de Yamaha à KTM est énorme, alors c'est normal, ça peut arriver. C'est toutefois assez inhabituel et étrange de voir autant de difficultés. Il n'a pas réussi à améliorer la situation, c'est le point négatif, mais il est certain qu'il y a une raison à cela. Ils la connaissent et c'est très difficile à analyser de l'extérieur et d'en dire quelque chose."

"Je pense que Zarco a beaucoup de talent", poursuit le #4. "Il l'a montré l'année dernière avec Yamaha, il était très rapide et pilotait très différemment des pilotes factory et parfois il était plus rapide [qu'eux], alors il est certain qu'il a du talent. Mais quand le feeling baisse, c'est difficile de revenir. Mais pour quelle raison ont-ils arrêté ? Je ne sais pas. Je ne connais pas les détails et je ne peux pas en dire grand-chose."

Maverick Vinales, Yamaha Factory Racing

De même, Maverick Viñales ne s'est pas risqué à porter de jugement sur cette situation, rare et délicate, lorsqu'il a été interrogé sur le sujet lors de la conférence de presse, estimant qu'il faut en avoir été au cœur pour pouvoir véritablement se faire un avis. L'Espagnol a cependant eu un mot de compassion à l'égard du #5, qui a fait partie du groupe Yamaha avec lui ces deux dernières années. "Franchement, c'est dur de voir un pilote changer en milieu de saison, et il est toujours très difficile et de trouver un autre guidon. Je souhaite à Zarco et à KTM le meilleur, c'est certain", a-t-il déclaré.

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Qu'en aurait-il été chez Yamaha ?

Cal Crutchlow a lui aussi rappelé à quel point Johann Zarco a sa place parmi l'élite, tout en concédant, réaliste, que le MotoGP ne laisse que peu de temps pour performer. "Au final, c'est un business féroce, malheureusement, et il faut obtenir des résultats", pointe l'Anglais. "Je suis désolé pour lui. C'est un pilote fantastique, c'est un Champion du monde et on n'obtient pas ça en claquant des doigts. [...] Je pense que c'est dommage qu'il soit à la maison, parce que bien qu'il ait choisi de ne pas courir l'année prochaine – ou bien ils l'ont choisi pour lui – on a vu que Misano a été son meilleur week-end de l'année."

"Je pense que sa personnalité est très différente de celle des autres, et peut-être qu'il n'a pas géré cette situation aussi bien que d'autres auraient pu le faire", ajoute le pilote LCR, qui sait comme chacun que le Français a eu un contact pour rejoindre Repsol Honda après ses deux ans chez Tech3. "Je ne vais pas lui donner de conseils ou quoi que ce soit, mais c'est un pilote fluide et s'il était resté chez Yamaha il aurait probablement été aussi rapide que Quartararo aujourd'hui. Parce que c'est son style de pilotage et il comprend la moto", juge-t-il. "Maintenant, s'il pense que la Honda aurait plus facile que la KTM, il faudrait qu'il y réfléchisse à deux fois, si jamais c'était son autre option à l'époque", ajoute Crutchlow, estimant que la RC213V est aussi difficile, "si ce n'est plus", que la RC16.

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