Zarco favori au Mans ? "Je comprends pourquoi les gens pensent ça, mais non"
Alors que les conditions annoncées ce week-end au Mans rappellent celles qui avaient permis la victoire historique de Johann Zarco l'an dernier, les fans français rêvent déjà d'un nouvel exploit du pilote ce dimanche. Conscient de cet enthousiasme, Zarco a toutefois tenu à calmer les attentes.
Photo de : Loic Venance / AFP via Getty Images
Un an après sa magnifique victoire au Grand Prix de France, Johann Zarco reste plus que jamais dans le cœur des fans français… et bien au-delà. Alors que le MotoGP retrouve le circuit du Mans ce week-end, la pluie est de nouveau annoncée tout au long du rendez-vous sarthois, un élément qui avait joué un rôle clé dans le succès historique du Français à domicile en 2025.
Ces prévisions nourrissent encore davantage les espoirs du public tricolore, qui rêve de voir un pilote français s'imposer à nouveau au Mans. D'autant que Zarco s'est imposé comme l'un des grands spécialistes du plateau sur piste mouillée. Un talent qu'il a encore démontré lors de la dernière manche à Jerez, où il avait décroché la deuxième place en qualifications dans des conditions perturbées par la pluie.
Néanmoins, bien que conscient de l'enthousiasme des supporters, Zarco a préféré tempérer les attentes ce jeudi dans le paddock. Le Français sait toutefois qu'une opportunité pourrait se présenter grâce aux conditions météo… et il compte bien tenter de la saisir.
Johann, de retour au Mans un an après cette course incroyable, tu es devenu le premier Français à remporter ton Grand Prix à domicile depuis 1954. Beaucoup de gens ont des frissons rien qu'en repensant à cette course exceptionnelle de l'an dernier. Quelles émotions ressens-tu en revenant ici ? J'imagine que beaucoup de souvenirs sont revenus en arrivant dans le paddock ce week-end.
J'ai gardé ce souvenir de l'an dernier tout au long de l'année, parce que tous les fans que je croise me disent à quel point cette victoire était incroyable. Même des supporters qui ne sont pas français, dans différents pays d'Europe et du monde, me rappellent cette victoire. J'ai compris que gagner dans son pays change vraiment beaucoup de choses, ce à quoi je ne m'attendais pas avant, et c'est très beau à vivre.
J'en profite énormément. Et ce qui s'est passé l'an dernier me fait penser que si une opportunité similaire se présente cette année, je dois rester concentré pour la saisir à nouveau, car ce genre de chance ne doit pas être gâché.
Au Mans, on sait que la météo peut être imprévisible et qu'elle a joué un rôle important l'an dernier dans ta victoire. Dimanche pourrait à nouveau être humide, et les fans français rêvent déjà d'un nouveau succès de Zarco. Penses-tu pouvoir le refaire ?
Je crois que les fans français sont les seuls à espérer la pluie pour un Grand Prix ! En général, on préfère le soleil et se détendre dans l'herbe, mais là ils ne veulent plus de beau temps.
Et c'est vrai que j'ai plus de chances s'il pleut. À Jerez, j'ai vu que sur le sec, même avec un bon rythme, je ne pouvais pas espérer un podium et j'ai souffert en fin de course. Mais sous la pluie, j'ai plus d'opportunités de podium. Donc je ne l'espère pas forcément dimanche. Je m'en fiche en réalité, mais si ça arrive, je sais que je dois saisir ma chance.
Je ne pense pas arriver ici comme un favori.
Johann Zarco avait réalisé une véritable prouesse l'an dernier.
Photo de: Gold and Goose Photography / LAT Images / via Getty Images
[Mais] Je ne pense pas arriver ici comme un favori. J'arrive plutôt avec ce sentiment de 'wow', quelque chose d'incroyable s'est produit l'an dernier, qu'on n'arrivait pas à imaginer. Je pense que les gens veulent croire que ça peut se reproduire, ils y croient encore plus maintenant. Mais c'est plus de l'incrédulité que le fait d'être vraiment considéré comme favori pour la victoire.
Ce qui était positif à Jerez, c'est que sous la pluie j'ai réussi à partir en première ligne et à jouer la pole position. Ça confirme que dans ces conditions, j'ai plus de chances, et j'essaie de les saisir quand elles se présentent. Donc quand je regarde la météo, je comprends pourquoi les gens posent cette question et pensent que je peux être favori… mais non. Je pense surtout que j'ai une opportunité, et j'essaie simplement de la prendre.
Qu'est-ce qui fait ta force sous la pluie ?
Je ne sais pas vraiment. Je pense que ça vient de l'expérience, du fait d'avoir grandi et roulé sous la pluie pendant des années, et de mieux comprendre le comportement des pneus. Ce ressenti s'est amélioré saison après saison. Et sous la pluie, les mouvements de la moto sont plus doux, avec moins d'énergie, donc j'ai un meilleur contrôle. Sur le sec, il faut beaucoup plus attaquer, et c'est parfois plus difficile.
Mais je préfère surtout les conditions où il y a un peu moins d'eau sur la piste. Quand il pleut beaucoup, je ne peux pas vraiment faire la différence car il me faut des tours pour retrouver de la confiance. En revanche, quand il y a juste un peu d'humidité et que les autres ont du mal avec les pneus qui bougent, là je peux tirer avantage de la situation.
Johann Zarco tempère les attentes sur ses résultats au Mans cette saison.
Photo de: Loic Venance / AFP via Getty Images
Est-ce que tu apprécies vraiment un Grand Prix comme celui-ci, avec autant de monde, toutes les choses à faire… Est-ce que ce n'est pas un peu un cauchemar avec toute cette pression et ces obligations sur quatre ou cinq jours ?
Dire que c'est un cauchemar serait une mauvaise réponse, parce qu'il faut réaliser que nous ne sommes rien sans les fans. Et il faut comprendre qu'ils sont très heureux de nous voir, de nous rencontrer, de prendre une photo ou un autographe. Ils savent aussi que nous ne pouvons pas répondre à tout le monde, mais nous essayons de prendre du temps pour le faire.
C'est très exigeant, il faut de l'organisation, et c'est fatigant aussi, parce que je pense qu'on met un peu de côté le côté sportif. On a tellement de choses à faire qu'on oublie parfois qu'on doit aussi être en forme pour piloter. Pendant ces cinq jours, on sacrifie un peu le côté athlète, puis on essaie de retrouver l'énergie pour le Grand Prix suivant. Voilà mon point de vue.
Les fans ici sont vraiment spéciaux, il y a une vraie passion pour la moto.
Est-ce qu'à ce stade de ta carrière, le public à domicile peut réellement améliorer tes performances, ou est-ce plutôt quelque chose qui joue davantage quand on dispute son tout premier Grand Prix à domicile ?
Pour être honnête, on n'entend pas vraiment la foule crier. On peut parfois voir du coin de l'œil les gens bouger, comme une sorte de vague noire autour du circuit, et c'est très beau.
Il y a 17 ans, j'essayais de faire quelque chose en plus, mais de manière un peu excessive, et je faisais des erreurs. Aujourd'hui, je laisse plutôt cette énergie supplémentaire me porter. Je n'essaie plus de forcer quelque chose en plus par moi-même, mais je laisse cette énergie du public me soulever. Les fans ici sont vraiment spéciaux, il y a une vraie passion pour la moto. Et venir ici, dans ce lieu [au Mans] qui est comme la cathédrale du sport mécanique, c'est quelque chose de très particulier.
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