Zarco adopte un "pilotage extrême" sur une Honda très physique

Johann Zarco doit adopter un pilotage qui n'est "pas naturel" sur la Honda, évoquant "un combat" pour la contraindre à tourner. Un constat partagé par son coéquipier, Takaaki Nakagami, qui déplore l'absence d'évolution.

Johann Zarco, Team LCR Honda

Honda est le constructeur le plus à la peine cette saison. La marque japonaise ne rivalise qu'avec Yamaha, mais quand cette dernière arrive parfois à placer ses machines dans le top 10, les pilotes de la RC213V n'ont jamais atteint la Q2 et ne sont entrés qu'une seule fois dans les dix premiers lors des courses, en l'occurrence lors du sprint de Jerez, où les chutes ont été nombreuses.

La moto paie toujours son manque d'adhérence chronique, auquel les gros changements apportés cette année n'ont pas remédié. Pire, ils ont même fait perdre à Honda son avantage en entrée de courbe. Le constructeur semble enfin avoir trouvé la direction à prendre mais devra probablement attendre la fin de la trêve estivale pour disposer de nouveautés concrètes. En attendant, les pilotes doivent composer avec une moto au comportement très lourd, compliquée à manier dans la durée d'une course.

"C'est difficile physiquement", a résumé Johann Zarco. "On ne peut pas se battre plus avec son corps. Je pense que c'est plus un souci pour mener la moto. En tant que pilote, on veut prendre le virage et on voit qu'une chose ne se passe pas. Après, tu peux le faire mais tu dois faire des choses extrêmes sur la moto, qui te fatiguent. En course, il y a un moment où tu dois refaire les mêmes mouvements et trouver ton rythme et si tu fais ça, tu deviens trop lent. Il faut un pilotage extrême. "

"En rythme de course, on est dans la zone", a ajouté le pilote LCR. "Simplement, notre moto nous empêche de rouler plus vite parce qu'on ne peut pas appliquer la base du pilotage, vu qu'elle ne nous aide pas assez à tourner dans les virages ou à ressortir des virages naturellement. C'est vraiment un combat où il faut aller chercher des angles très extrêmes, ce n'est pas naturel."

Pour son coéquipier Takaaki Nakagami, les difficulté se concentrent également dans les virages. "Quand la moto est relevée, c'est une bonne moto", a-t-il estimé. "Dès qu'on arrive à un freinage et qu'on tourne, on a vraiment, vraiment du mal."

Takaaki Nakagami, Team LCR Honda

Takaaki Nakagami

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

"Le problème est que la moto ne tourne pas à cause d'un manque de grip à l'arrière", a détaillé Nakagami. "Dès que j'incline la moto, l'avant donne l'impression de glisser, elle ne permet pas de rester sur la trajectoire, elle part toujours large. À ce moment, j'étais de forcer à rester à l'intérieur, mais on perd l'avant. Les sensations sont juste que l'avant glisse et ne permet pas de tourner. Quand il faut mettre les gaz, ça part en travers, ça glisse, donc ça donne l'impression qu'on n'avance pas à cause d'un problème de timing : je ne peux pas relever [la moto] parce que je tourne encore."

Même si la Honda évolue régulièrement, Nakagami ne perçoit pas d'évolution réelle dans le comportement de sa moto : "Ce sont plus ou moins les mêmes commentaires depuis de nombreuses courses. Le nouvel aéro a beaucoup amélioré la vitesse de pointe mais n'a rien changé sur les performances dans le turning et l'adhérence. Les sensations étaient les mêmes [au Grand Prix] que dans le test [effectué au Mugello deux semaines avant la course]."

"Je suis content que la vitesse de pointe soit vraiment bonne mais il n'y a pas que des lignes droites. Si je dois choisir entre l'ancienne et la nouvelle version, il y a un certain potentiel [dans la nouvelle] mais il faudra beaucoup de temps pour comprendre, essayer beaucoup de choses et trouver des sensations."

[Marc Márquez] cachait presque trop les problèmes avec ses compétences.

Jusqu'à l'an passé, Honda était déjà en difficulté mais profitait parfois des coups d'éclat de Marc Márquez, auteur d'une pole, présent une fois sur le podium et qui a décroché trois médailles lors des courses sprint de 2023. Finalement, Zarco voit du positif dans l'absence de l'octuple Champion du monde cette année, car Honda est contraint de faire évoluer sa moto et ne peut plus se cacher derrière le talent de son ancien pilote phare.

"Même si c'était une moto différente, Marc était vraiment en mesure de compenser cet aspect [le manque de performances en courbe, ndlr]", a commenté Zarco. "On n'est pas tous comme Marc mais parfois, c'est mieux de ne pas être comme Marc pour développer la moto parce qu'on peux mieux voir les problèmes. Il cachait presque trop les problèmes avec ses compétences."

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