Zarco a connu une rentrée sous pression, vite dépassée

Le meilleur rookie de 2017 est un outsider reconnu et craint par la concurrence.

Rarement a-t-on vu un pilote débuter en MotoGP, au sein d'une équipe satellite, avec une telle aura que Johann Zarco. Leader de son premier Grand Prix en catégorie reine l'an dernier, le Français a pu démontrer qu'il ne serait pas une étoile filante, mais bien un futur grand de la discipline, solidement armé pour s'installer durablement.

Sa première saison a d'emblée été marquée par des confrontations passées à la postérité contre les poids lourds du MotoGP, par six départs de la première ligne dont deux pole positions, ainsi que trois podiums et quelques sept courses sur lesquelles il a pu occuper la position de leader, le tout récompensé par la sixième place au championnat, la première parmi les pilotes indépendants et, bien sûr, parmi les rookies.

Un an après qu'il ait fait des débuts tonitruants à Losail, le regard des autres pilotes sur lui a-t-il changé ? Ressent-il du respect, peut-être de la crainte ? "Sans doute un peu de crainte, mais le respect en tant que pilote on l'a tous", répond le principal intéressé. "Ceux qui sont en MotoGP savent ce que c'est d'être Champion Moto2 parce que certains l'ont été, d'autres n'ont pas été champions et ont manqué cet objectif. Quand on arrive en tant que champion, ce respect s'impose parce que, eux, savent."

La rentrée des classes, à Losail, a démontré à Zarco qu'il avait bel et bien passé un cap. Convié à la conférence de presse de lancement du Grand Prix, à la veille des premiers essais libres, il y a été cité par les top pilotes du championnat comme l'un des prétendants au titre le jeudi. Est-ce que cela a pu contribuer à lui mettre la pression en ce début de week-end qatari ? "Je crois, consciente ou inconsciente ça en a fait partie", admet-il, tout en avouant que le simple fait de participer à cette conférence aux côtés des trois premier du championnat 2017 ainsi que de Valentino Rossi et Andrea Iannone l'avait positivement surpris.

"Il y a eu des commentaires [du genre] 'On annonce Johann, il peut jouer un titre, il est très constant'… Je me suis rendu compte que ça m'a fait monter de la pression", reconnaît le pilote français, qui a ressenti l'impact de cette atmosphère lors des premiers essais ainsi qu'avait pu l'expliquer Hervé Poncharal. "Au Qatar, j'ai un peu subi cette pression le vendredi, je me suis énervé. Le samedi, compteurs à zéro et rebelote, ça a ultra bien marché."

Quel a été l'autre élément ayant contribué à faire peser cette pression sur ses épaules le vendredi ? "Des sensations qui ne reviennent pas immédiatement, on insiste, on essaye de trouver le réglage, on ne le trouve pas et ça fait monter cette pression et de l'agacement. Et le samedi, ça y est, les sensations reviennent et tout de suite je me décontracte", explique-t-il.

"Ce petit aspect mental joue beaucoup et ça peut se comprendre, parce qu'on sentait que la première de l'année débutait. Même si on fait des tests officiels, les premiers EL1 de l'année ce sont 45 minutes et elles comptent parce qu'il faut se qualifier pour la Q2. Je ne sais pas, il faut quelque chose et ça m'a un peu tourmenté."

Un troisième élément est-il à prendre en considération, à savoir l'intérêt manifesté par des équipes officielles à l'heure où se discutent les contrats pour 2019 ? "Non, ça c'est un autre sujet. Sur l'actualité du Qatar, ça n'était pas ça", assure Zarco. "Ça ne me perturbe pas."

Le cap de la rentrée étant désormais passé, place à une saison sur laquelle le pilote Tech3 aura à cœur d'afficher sa constance aux avant-postes et de prouver que les résultats qu'on lui prédit sont bel et bien réalisables.

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