Zarco : Rossi ? "Il vaut mieux être dans son camp"

Johann Zarco estime qu'il vaut mieux se trouver du côté de Valentino Rossi, dont l'expérience et l'influence en MotoGP font de lui un animal politique pouvant à lui seul influencer le paddock, à ne pas avoir contre soi.

On dit bien souvent que l'on est perçu aussi beau ou médiocre que ce que l'on a montré lors de la dernière course en date. En arrivant à Spielberg, il y a deux semaines, Johann Zarco profitait de séances avec la presse lors desquelles les discussions s'orientaient autour de son excellent résultat de Brno, au terme d'une course solide bien que non dénuée d'une petite polémique liée à un accrochage qui avait provoqué l'ire de Pol Espargaró. Les échanges étaient avant tout positifs et évaluaient notamment l'avenir du Français avec Ducati et sa capacité à se placer comme un candidat potentiel pour un guidon factory ou Pramac.

Une semaine plus tard, l'ambiance était tout autre et Zarco a fait son retour au Red Bull Ring au cœur d'un feuilleton ayant copieusement alimenté la presse et les réseaux sociaux après le spectaculaire accrochage dont il a été l'instigateur selon certains, un simple protagoniste selon d'autres, mais ayant surtout produit des images glaçantes et impliquant la superstar du MotoGP, Valentino Rossi.

Sous le feu des critiques, le Français s'est longuement justifié, devant les commissaires de la direction de course comme face aux médias, alors qu'il se remettait encore d'une opération chirurgicale dont le timing lui avait empêché de prendre part aux deux premières séances d'essais libres. D'autant plus déçu d'avoir été pénalisé au lendemain de son arrivée malgré sa défense argumentée, le Français regrettait au micro de Canal+ : "On veut me mettre la faute dessus parce qu'on ne s'est jamais dit 'est-ce que Morbidelli n'aurait pas fait une erreur aussi à ce moment-là ?', ce qui est humain."

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Zarco s'estimait alors dans la position de souffre-douleur après la peur bleue que Valentino Rossi avait ressentie pour lui-même et pour son protégé Franco Morbidelli, et qui avait selon lui donné le ton du reste du paddock par mimétisme. "C'est facile, c'est tout, surtout quand c'est Rossi qui parle. Hop ! Se mettre ensuite sur le même bateau que lui. C'est un bateau solide, donc c'est facile. Mais ce sont juste des chiens qui aboient, c'est tout, ça n'est pas inquiétant."

Connu pour son introspection permanente et sa propension à profondément analyser son propre parcours, Johann Zarco sait qu'un épisode comme celui-ci peut démoraliser comme rendre plus solide psychologiquement, surtout lorsque l'on est la cible d'une personne aussi influente que Valentino Rossi.

"Je pense qu'on pourra voir avec le temps si ça me rend plus fort", soulignait-il en point presse. "Sur le moment, ça me fait vraiment voir qu'il faut prendre la vie comme un jeu. Un jeu de rôles, mais il faut bien placer ses pions pour traverser la vie correctement, et je trouve que notre sport c'est la vie en accéléré : tous les week-ends, on a différents moments. Mais surtout, là, on touche du très haut niveau. Sur le côté médiatique, on touche des personnes qui sont très fortes et on voit qu'il y a beaucoup de politique qui entre en jeu. Et ça, moi, je n'y comprends rien mais ça fait grandir", poursuivait celui qui avait pour autant immédiatement décelé la nécessité de s'entretenir longuement avec l'Italien juste après la course.

Mieux vaut être dans le camp de Rossi

Réaliser un week-end aussi propre et performant que possible, pour rebondir immédiatement, était bien entendu la meilleure manière d'isoler l'événement et d'en faire une expérience anecdotique n'affectant pas trop le moral, et le pilote Avintia s'y est efforcé en dominant la Q1 puis en signant un troisième temps épatant en qualifications au lieu de ménager son poignet meurtri en sachant qu'il s'élancerait de toute façon de la pitlane. En course aussi, il s'est battu avec une 14e place à la clé.

Plus largement, prendre du recul demeure nécessaire, rappelait Zarco, surtout lorsque l'on se trouve dans le viseur du pilote le plus influent de la discipline... "On peut être triste de ça et donc du monde, ou essayer de prendre du recul et de se dire qu'il faut savoir bien gérer. Par exemple, en ayant discuté avec Franco, on s'est très bien entendu et ça va. Avec Valentino, j'aurais cru que ça se serait mieux passé ensuite, mais ça n'a pas été le cas."

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"Ça ne veut pas dire pour autant que c'est une mauvaise personne, car je pense qu'il fait vraiment apparaître quelque chose de bon et sincère, mais il arrive à toujours avoir un coup d'avance. Ça, c'est l'expérience. En fait, il n'est pas bon qu'en moto, il est bon dans tout. Je suis encore fan de lui parce qu'il se balade ! Même s'il n'avait pas fait de la moto, dans la vie en général il est très bon de toute façon. C'est intéressant, c'est ça que j'apprends avec le sourire, parce que je pense encore que c'est un super gars, mais il vaut mieux être dans son camp ! [rires]"

Spectateur autant qu'acteur du jeu d'échecs qu'est le MotoGP au quotidien, donc, Zarco s'est gardé en tout cas de critiquer toute forme d'injustice que pourrait représenter la situation qu'il vit en ce moment. "C'est une expérience de vie supplémentaire, mais qui est là pour dire ce qu'est la justice ? Ça n'est pas grave, c'est une histoire qui se termine par un départ en pitlane et pour moi on clôt le dossier et je trouve que ça n'est finalement pas plus mal", concluait-il.

Avec Léna Buffa

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