Rejoindre le DJR Team Penske, une "décision difficile" pour Prémat

Après avoir remporté l'Enduro Cup l'an passé sur la Holden du Triple Eight aux côtés de Shane van Gisbergen, Alexandre Prémat a choisi de rejoindre les rangs du DJR Team Penske sur la Ford Falcon avec Scott McLaughlin.

Après deux saisons pleines en Supercars sur la Holden Commodore du Garry Rogers Motorsport en 2012 et 2013, le pilote tricolore avait endossé le rôle de copilote, toujours avec le GRM mais cette fois au volant d'une Volvo S60, pour les trois courses enduro (Sandown, Bathurst et Gold Coast) en tant qu'équipier de Scott McLaughlin, les deux hommes ayant notamment décroché une deuxième place à Gold Coast en 2014.

L'an passé, Prémat avait rejoint les rangs de Triple Eight Race Engineering, l'équipe phare du championnat, où il était cette fois associé à Shane van Gisbergen sur la Holden Commodore. Le duo franco-néo-zélandais faisait ainsi des merveilles en se classant deuxième à Sandown puis à Bathurst, avant d'enregistrer une victoire puis une autre deuxième place lors des deux manches de Gold Coast.

Un beau score qui leur permettait de décrocher l'Enduro Cup 2016, Shane van Gisbergen décrochant par la suite son premier titre en Supercars.

Alors que l'écurie Triple Eight accède cette saison au statut d'équipe officielle Holden, Alexandre Prémat a pourtant choisi de changer d'équipe pour les enduros en 2017, qu'il disputera finalement au sein de l'écurie DJR Team Penske, et au volant d'une nouvelle monture pour lui, la Ford FG X Falcon. Une décision notamment motivée par le transfert durant l'hiver de son ancien complice Scott McLaughlin chez DJR Team Penske, une écurie qui a également enregistré l'arrivée du Français Ludo Lacroix, directeur technique historique du Triple Eight durant de nombreuses saisons, et passé chez DJR à l'issue d'un transfert controversé cet hiver.

Il y a quelques jours, Alexandre Prémat a eu l'opportunité de prendre pour la première fois le volant de la Ford au cours d'une journée consacrée à des baptêmes de piste pour les partenaires du DJR Team Penske. 

"Lors d'un roulage comme ça, c'est toujours difficile à voir, surtout quand vous avez un peu de bagage sur le côté !", a expliqué Alexandre Prémat à Motorsport.com. "Mais ça s'est plutôt bien passé, je me suis senti assez à l'aise de suite avec les freins, avec la charge aéro, avec tout le package aéro. Entre la Volvo, la Holden ou la Ford, je n'ai jamais senti de grande différence lors des roulages."

Reste que le choix de quitter l'équipe Triple Eight, toujours considérée comme la référence absolue du championnat Supercars en 2017, était une décision difficile à prendre pour le Francilien, qui disposait de deux belles offres sur la table.

J'y ai pensé pendant une semaine !

Alexandre Prémat

"Bien sûr, ce fut une décision difficile de quitter Triple Eight pour DJR Team Penske", continue Prémat. "J'avais deux belles options. Avec le Red Bull Team et Shane, j'ai connu une excellente saison l'an passé, avec la dynamique de l'équipe et tout cela. Mais là, avoir Scott [McLaughlin], avoir Ludo [Lacroix] avec moi, c'est génial. Je vis aux États-Unis maintenant, et ce lien avec Penske est aussi intéressant."

"Mais, honnêtement, prendre cette décision a été difficile, très difficile. J'y ai pensé pendant une semaine ! Je crois sincèrement que le Team Penske fait son maximum pour porter le DJR Team Penske au top. Cela ne sera pas facile, car les gars de chez Triple Eight sont très forts, et ils sont rapides sur chaque piste. Mais oui, c'est l'objectif, de montrer qu'une autre équipe peut battre les meilleurs gars du plateau."

Pas d'essais avec la Ford avant septembre

L'an passé, on se souvient qu'Alexandre Prémat était au centre des attentions lors de ses débuts en enduro à Sandown avec l'équipe Triple Eight. De nombreux observateurs s'étaient en effet étonnés du choix de l'équipe à faire appel au Français, à court de compétition l'an passé, pour épauler Van Gisbergen qui jouait alors le titre.

Pourtant, Prémat avait rendu une copie parfaite, ne commettant pas la moindre erreur sur les trois meetings enduro, et contribuant grandement aux résultats des deux hommes et au titre de SVG. Cette année encore, le natif de Juvisy-sur-Orge suivra de loin le développement de la Ford Falcon DJR Team Penske, et ne prévoit pas se rendre en Australie pour des tests d'ici-là.

"Non, ce sera la même chose. J'ai eu cette discussion avec Roland [Dane] lorsque j'étais chez Triple Eight l'an passé, et aussi avec Ryan [Story] et l'équipe cette année. Venir des États-Unis ou d'Europe jusqu'ici pour faire 30 minutes de tests avec des pneus de merde, cela n'a aucun sens. Cela ne vaut pas la peine. Je préférerais que ce soit juste Scott qui pilote la voiture, et que les gens soient concentrés sur leur week-end."

"Même Paul Dumbrell ne l'a pas fait l'an passé, et nous étions les copilotes les plus rapides. Dans mon cas, avec toute l'expérience que j'ai depuis les dix dernières années en Formule 1, en DTM, en voitures de sport, je peux monter dans la voiture et être rapide au bout de cinq tours."

Un programme bien chargé en 2017

Pour autant, le Français ne sera pas à court de compétition, lui qui vient d'être annoncé parmi les pilotes de l'Electric GT pour 2017, entre autres projets sportifs pour lui.

"Ce sera à peu près la même chose [qu'en 2016]. Je vais encore piloter dans la série dont je m'occupe aux États-Unis. Et en même temps je vais faire des tests de développement avec l'Electric GT, qui est basée en Europe. Ils vont faire un championnat de GT électrique avec des Tesla en 2017, donc je vais y participer, faire quelques courses en Europe, et ils auront peut-être quelques courses aux États-Unis."

"Et puis, oui, quelques tests de développement pour Renault, pour Ligier en LMP2, donc j'essaie de me maintenir en forme. Je ferai peut-être quelques courses de 12 heures comme au Mugello, ou encore les 24 Heures de Barcelone. Ce ne sera pas un problème."

Ainsi, Alexandre Prémat ne craint pas de passer du temps à prendre ses marques au volant de la Ford Falcon, lorsqu'il retrouvera son volant avant Sandown en septembre.

"La chose la plus difficile en Supercars est quand vous ne connaissez pas la piste et que vous ne connaissez pas la voiture. Mais une fois que vous connaissez la série, le règlement, les pilotes, la mentalité, les circuits, vous pouvez grimper dans la voiture assez vite. Il faut juste avoir cette culture Supercars. Quand vous l'avez, tout va bien."

"Les voitures sont très différentes de ce que l'on connaît en Europe. Je ne veux pas dire que les GT3 sont plus sympa à conduire, car l'an passé après Gold Coast, je suis revenu en Europe et j'ai testé pour McLaren au Paul Ricard. Les voitures sont vraiment difficiles à piloter. Il faut piloter les GT3 à la limite, et il n'y a pas de sensation. Il faut juste pousser à la limite, et une fois que la voiture est partie, c'est terminé. Avec la Supercar, on a toujours la sensation et le contrôle de la voiture, cela devrait aller."

Les trois courses Enduro du Supercars se disputeront en septembre et en octobre avec, successivement, Sandown le 17 septembre, Bathurst le 8 octobre, et Gold Coast les 21 et 22 octobre.

Propos recueillis par Andrew van Leeuwen

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Séries Supercars
Événement Présentation de la livrée de la Ford DJR Team Penske
Pilotes Alexandre Prémat
Type d'article Actualités