Alexander Wurz - Un gentleman et un rival

Alexander Wurz a pris sa retraite sportive en fin de saison dernière. Sur le circuit du Bahreïn, pour sa dernière course en Championnat du Monde d’Endurance, il avait décroché un dernier podium aux commandes de sa Toyota TS040 LMP1.

Alexander Wurz - Un gentleman et un rival
Alexander Wurz, Toyota Racing
#2 Toyota Racing Toyota TS040 Hybrid: Alexander Wurz, Stéphane Sarrazin, Mike Conway
Alexander Wurz, Toyota Racing
#2 Toyota Racing Toyota TS040 Hybrid: Alexander Wurz, Stéphane Sarrazin, Mike Conway
Alexander Wurz et Jean Alesi, Benetton
Le casque d'Alexander Wurz, Toyota Racing
#2 Toyota Racing Toyota TS040 Hybrid: Alexander Wurz, Stéphane Sarrazin, Mike Conway
Podium: Romain Dumas, Neel Jani, Marc Lieb, Porsche Team, Alexander Wurz, Stéphane Sarrazin, Mike Conway, Toyota Racing
Alexander Wurz, Toyota Racing
Alexander Wurz, Toyota Racing
Alexander Wurz, Toyota Racing
#2 Toyota Racing Toyota TS040 Hybrid : Alexander Wurz, Stéphane Sarrazin, Mike Conway

Immédiatement après les cérémonies du podium, ses deux équipiers chez Toyota, Mike Conway et Stéphane Sarrazin, et tous les membres de l’écurie l'avaient chaudement félicité.

Pour Wurz, l’histoire a commencé en 1991 quand il a participé à sa première course automobile en Formule Ford 1600. Un quart de siècle plus tard, ce grand Autrichien, natif de Waidhofen an der Thaya, est devenu un pilote respecté par ses pairs et un grand ambassadeur du sport automobile.

Pour Motorsport.com, il est revenu sur sa décision difficile de raccrocher son casque aux couleurs rouge, blanc et bleu, qu’il avait lui-même imaginé. A vrai dire, l'histoire n'est pas tout à fait terminée puisqu'il s'offre un petit plaisir à Daytona ce week-end, au volant d'un prototype Ford !

"Le sport auto va me manquer. La compétition automobile représente une grande partie de mon existence. J’ai été un professionnel durant la moitié de ma vie", explique Wurz. "Ce n’est pas comme un drogue, mais c’est quelque chose que j’adore. Je peux vivre sans le sport auto, mais je sais que je vivrai des moments où la compétition me manquera. Par contre, la vie continue."

"Il y a tellement de choses que je veux faire. Je suis dans les affaires et tous mes autres rôles en sport automobile m’attendent depuis pas mal de temps. J’attendais d’avoir du temps pour m’y consacrer, car je n’y arrivais pas."

"Je sais très bien que tout pilote a une date à laquelle il n'est plus bon. Il faut quitter le sport auto avant d’atteindre cette date", ajoute-t-il. "Je peux ainsi affirmer que j’ai figuré parmi les plus rapides et que j’étais au top lors de la dernière course de ma carrière. C’est ce que j’ai toujours voulu faire. Vous pouvez vérifier les interviews que je donnais il y a de cela dix ou 15 ans, et c’est exactement ce que je disais à l’époque."

Toutes les catégories, ou presque

Alexander Wurz a piloté dans presque toutes les catégories : Formule 3, Formule 1, ITC, DTM et en endurance en LMP1. Quels sont ses meilleurs souvenirs?

"La McLaren MP4/17D occupe une place spéciale. C’est incroyable de songer que personne ne voulait de cette voiture, car la MP4/18 était en développement et tout le monde croyait qu’elle représentait un pas en avant déterminant", affirme-t-il. "Il n’y avait que quelques personnes dédiées au développement de la 17D et j’en étais le pilote d’essais. Elle fut équipée de la cinématique de suspension que j’avais demandée. C’était une voiture fabuleuse, phénoménale. Elle fonctionnait à merveille, et fracassait les records du tour sur toutes les pistes visitées. Cette voiture était un prolongement de mon être. Je m’asseyais à bord et la sensation était incroyablement grisante."

"J’ai un peu vécu cela en 2009 au volant de la Peugeot 908. On aurait dit que j’étais né dans cette voiture. Elle était parfaite. C’était un peu comme vos chaussures préférées, qui sont si confortables que vous les oubliez", explique Wurz.

Wurz est respecté par tous ses pairs. Lors du briefing des pilotes du jeudi avant la course à Bahreïn, en novembre dernier, tous les pilotes l’ont spontanément applaudi.

"Je n’ai jamais affronté un pilote avec lequel je me suis mis en rogne. Ce n’est pas du tout mon style", ajoute-t-il. "Je respecte tout le monde. J’espère que tous les pilotes respectent leurs rivaux de la même façon. C’est essentiel, car nous repoussons les limites et les lois de la physique, et ce sport sera toujours un peu dangereux. Il faut respecter les autres tout en étant compétitif. Il y a un lien très fort qui nous unis."

"Par contre, on ne fait pas de la course automobile pour se faire des amis. Ce n’est pas pour cette raison que j’ai commencé à courir. Nous faisons de la course parce que nous adorons la compétition. C’est vous contre les autres, et c'est parfois cruel. Il est très rare de se faire des amis dans ce monde, mais ça m’est arrivé avec certains coéquipiers. Les pilotes doivent toujours se souvenir qu’ils font de la course par passion. Tous les pilotes partagent cette même passion, et c’est ce qui devrait les unir."

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