Alpine ne basera pas son moteur LMDh sur le bloc F1

Alpine a bien avancé sur son moteur pour le LMDh, dont les spécifications restent tenues secrètes à ce jour. Une seule certitude : il ne sera pas basé sur le bloc utilisé en Formule 1.

#36 Alpine Elf Team Alpine A480 - Gibson - Andre Negrao, Nicolas Lapierre, Matthieu Vaxiviere

Alors qu'Alpine a choisi Oreca pour lui fournir le châssis LMDh qui lui permettra de revenir dans la catégorie Hypercar en 2024, la marque française planche sur la motorisation qui y sera associée. La première décision connue est que le bloc ne se basera pas sur le V6 1,6 litre utilisé en Formule 1 et développé à Viry-Châtillon.

Directeur exécutif d'Alpine Racing, Bruno Famin explique que cette option "n'a jamais été envisagée", pour des raisons liées au coût et à la complexité technologique. "On peut trouver la puissance supérieure à 500 kW [670 ch] d'une manière beaucoup plus facile et beaucoup moins chère, bien plus simple en matière de conception et de maintenance également", précise celui qui était directeur technique du projet 908 entre 2007 et 2011.

Le moteur choisi pour le LMDh par le groupe Renault a déjà tourné au banc d'essai de Viry-Châtillon. "Le concept a été finalisé il y a un moment et on procède déjà aux essais et au développement", confirme Bruno Famin. "Il est sur le banc depuis un certain temps déjà. On est plutôt contents car le développement se passe plutôt bien."

Néanmoins, les détails techniques de ce moteur ne seront pas révélés dans l'immédiat, ni son origine, à savoir une conception entièrement consacrée à la compétition ou dérivée de la série. "Pour l'instant, on ne donne pas trop d'informations à ce sujet, mais notre objectif est de mettre la voiture en piste dès que possible pour faire suffisamment d'essais avant le début de la saison 2024", indique Bruno Famin.

Alpine doit néanmoins faire preuve de patience puisque le premier projet d'Oreca était de fournir à Acura le châssis ARX-06 LMDh pour l'IMSA, qui a pris la piste l'été dernier et roulera en IMSA dès 2023. "Oreca n'était pas en mesure de gérer deux programmes [de conception] en même temps et ils viennent tout juste de terminer l'Acura", rappelle Bruno Famin. "Maintenant, on travaille vraiment d'arrache-pied ensemble pour développer la voiture, mais on a évidemment besoin de quelques mois avant de la voir en piste. On progresse bien par rapport au calendrier du projet, tout avance."

Si, lors de l'annonce de ce programme, le PDG d'Alpine Laurent Rossi avait souligné les synergies possibles avec l'écurie de Formule 1, Bruno Famin relativise aujourd'hui les ponts qui peuvent être mis en place, sans toutefois les exclure.

"La réglementation LMDh n'est pas très ambitieuse sur le plan de la performance aérodynamique, donc on n'a pas besoin de la dernière technologie de pointe en aéro", explique-t-il. "Je pense que la valeur ajoutée que l'on peut apporter sera au niveau du développement de l'unité de puissance, de la gestion de l'énergie et de l'incidence du système hybride sur la dynamique de la voiture. C'est un savoir-faire que l'on a à l'usine de Viry, mais si on a besoin de plus, pourquoi ne pas utiliser les installations d'Enstone ?"

Après deux saisons passées à exploiter un châssis ex-LMP1 grâce à une dérogation, Alpine mènera en 2023 une campagne de transition avec un retour temporaire en LMP2. La marque française n'exclut pas à l'avenir de vendre son futur prototype LMDh à des écuries clientes, en plus de son programme d'usine.

Propos recueillis par Gary Watkins

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