Comment la Toyota n°8 a perdu les 24 Heures du Mans 2026
Il n'aura finalement manqué que 20 secondes à Sébastien Buemi pour décrocher une cinquième victoire aux 24 Heures du Mans, aux côtés de ses équipiers Brendon Hartley et Ryo Hirakawa chez Toyota.
Photo de : Rainier Ehrhardt
Sébastien Buemi est revenu sur les éléments qui ont fait la différence lors des 24 Heures du Mans 2026, remportées par la Toyota n°7 tandis que la voiture sœur, la n°8, a terminé troisième. Les Toyota TR010 Hybrid s'étaient élancées seulement 14e et 15e sur la grille, le constructeur japonais n'ayant "pas du tout mis l'accent sur les qualifications". Une situation compensée par une stratégie décalée dès le début de course.
Les deux voitures ont effectué leur premier arrêt quelques tours avant leurs adversaires, et Buemi a notamment réalisé un véritable tour de force en s'emparant de la tête grâce à une série d'undercuts rendus possibles par un rythme particulièrement élevé. Il a ensuite creusé un écart de près de 30 secondes, faisant de la n°8 une prétendante crédible à la victoire.
Cependant, après plusieurs neutralisations, dont deux interventions de la voiture de sécurité, une pénalité pour excès de vitesse dans la voie des stands et un problème technique, la Toyota n°8 a finalement terminé troisième, à 20"417 du vainqueur et à 9"504 de la BMW n°20, deuxième.
"Un peu fatigué et un peu déçu", Buemi a résumé les péripéties de son équipage : "C'est difficile, mais c'est comme ça, il faut aussi un peu de chance et être au bon endroit au bon moment."
"Clairement, nous nous sentions plus rapides en début de course, et même [dimanche] matin, nous étions performants. Puis nous avons écopé de cette pénalité et nous avons été malchanceux avec cette Slow Zone : nous étions dedans au moment où elle a été activée. Quand on regarde l'écart à l'arrivée, la différence est infime."
Une Toyota a passé plus de temps que l'autre dans les stands.
Photo de: Rainier Ehrhardt
Le pilote suisse a ensuite laissé entendre qu'il n'était pas convaincu par certaines décisions de la direction de course.
"Il est parfois difficile de comprendre comment ils choisissent entre voiture de sécurité, Slow Zone et Full Course Yellow", a-t-il ajouté. "On a parfois l'impression qu'il s'agit du même incident, ou presque. Mais une fois, c'est une voiture de sécurité, et une autre fois, c'est un Full Course Yellow."
Buemi fait probablement référence à la première intervention de la voiture de sécurité, déclenchée vers minuit après qu'une LMGT3 s'est retrouvée immobilisée dans un bac à gravier. Cette décision a effectivement suscité des interrogations, y compris au sein de la salle de presse.
"Nous avons été un peu malchanceux avec ça", a-t-il poursuivi. "Et puis nous avons pris une pénalité avec Ryo. Le limiteur de vitesse à 80 km/h dans les stands a rencontré un petit problème : nous l'avons dépassé de 0,1 ou 0,2 km/h. Nous avons donc reçu un drive-through."
"Ensuite, à la fin, nous avons aussi été un peu malchanceux sur le plan stratégique, parce que nous ne savions pas vraiment quand monter les pneus neufs. La voiture n°7 l'a fait peu avant nous. Nous sommes restés bloqués derrière la Cadillac pendant longtemps. Cela a permis à la n°7 de revenir très fort et de nous dépasser assez facilement."
Au total, la Toyota n°8 a passé 45 minutes et 36 secondes dans la voie des stands durant la course, contre 42 minutes et 56 secondes pour la n°7. La BMW n°20 s'est montrée encore plus efficace avec seulement 41 minutes et 17 secondes cumulées.
Buemi est heureux de voir Toyota renouer avec la victoire.
Photo de: Marc Fleury
Interrogé par Motorsport.com pour savoir si ces quelques minutes supplémentaires avaient fait la différence, Buemi a répondu : "Oui, une vis s'est desserrée sur le carénage autour des éléments en carbone du frein. Cela a commencé à endommager la jante, donc nous avons dû réparer et nous avons perdu une minute à ce moment-là."
Cet arrêt prolongé, forcément préjudiciable alors que la n°8 occupait la tête après la 17e heure de course avant de retomber au quatrième rang, a toutefois été en partie compensé par la deuxième intervention de la voiture de sécurité, survenue peu après.
Dans ce contexte, il est intéressant d'observer le temps passé dans les stands lors des cinq dernières heures de course. Celui-ci s'élève à huit minutes et deux secondes pour la BMW n°20, huit minutes et 38 secondes pour la Toyota n°7, mais seulement sept minutes et 56 secondes pour la Toyota n°8.
Cela n'a toutefois pas suffi à effacer ce contretemps. Brendon Hartley s'est retrouvé relégué à 22 secondes du leader, un écart que Buemi n'est finalement pas parvenu à combler.
Le pilote de 37 ans s'est malgré tout montré satisfait de voir Toyota renouer avec la victoire au Mans après trois succès consécutifs de Ferrari, d'autant que plusieurs des précédents triomphes du constructeur japonais avaient été obtenus dans un contexte de concurrence plus limitée.
"Cela montre que cette fois, nous avons battu tout le monde, et il n'y a aucun débat possible", a insisté Buemi. "C'est formidable. Mais gagner aujourd'hui n'est pas plus difficile qu'à l'époque où nous nous affrontions entre nous il y a quelques années, c'est simplement différent. En revanche, battre toutes ces équipes aujourd'hui apporte davantage de reconnaissance."
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