La situation mystérieuse de Nicolas Lapierre
#8 Toyota Racing Toyota TS 040 - Hybrid: Anthony Davidson, Nicolas Lapierre, Sébastien Buemi
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Pole position LMP1 : Anthony Davidson, Nicolas Lapierre, Sébastien Buemi

L’an passé, Toyota a surpris son monde en annonçant en fin de saison que Nicolas Lapierre ne roulerait plus au sein de l’équipage qu’il formait avec Anthony Davidson et Sébastien Buemi. Une décision survenue alors que les trois hommes étaient en course pour la couronne mondiale, que le Britannique et le Suisse ont finalement décrochée. Initialement, Toyota a évoqué des "raisons personnelles" pour justifier l’absence de Lapierre lors des 6 Heures de Fuji. Quelques semaines plus tard, l’équipe japonaise annonçait que Davidson et Buemi termineraient la saison seuls à bord de la TS040 Hybrid n°8.

Pendant que les deux pilotes ont évoqué la contribution de Nicolas Lapierre au titre mondial, lors du gala FIA de fin d’année en décembre, les dirigeants de Toyota n’ont quant à eux jamais mentionné le nom du Français.

Les accidents lui ont-ils couté sa place ?

De retour en France, Lapierre a passé du temps chez lui et n’a plus pris la parole depuis. Il a connu deux accidents durant sa saison 2014, à chaque fois dans des conditions climatiques difficiles au Mans et à Austin. Faut-il y voir les raisons d’une éviction ?

Le premier des accidents a peut-être coûté la victoire finale aux 24 Heures du Mans pour Toyota, car le proto n°8 aura finalement été le seul parmi les favoris à ne pas connaitre le moindre incident technique tout au long de la course. Puis il y a également eu l’accident survenu sur le COTA. Des discussions houleuses auraient eu lieu en interne après cette manche d’Austin, mais il est impossible de l’affirmer de manière catégorique. Ce qui est certain, c’est que le langage corporel de Lapierre à l’issue de l’épreuve envoyait des mauvais signaux.

Les confidences d’un pilote du WEC, qui connait très bien Nicolas Lapierre mais tient à rester anonyme, suggèrent que ces accidents ont sans doute pesé très lourd.

"Nicolas est un très bon pilote et c’est un professionnel solide, mais il est aussi assez émotionnel et je l’ai vu perdre ses nerfs quelques fois", explique ce pilote à Motorsport.com. "Sous la pression il peut être susceptible, mais dans la chaleur de la bagarre nous sommes tous sous pression j’imagine. Mais je peux voir le point de vue de Toyota. Souvenons-nous qu’il a également eu un accident au Mans en 2013, dans les virages Porsche quand c’était humide, et il est sorti immédiatement de la voiture alors qu’elle était encore pilotable. [il aurait éventuellement pu regagner les stands]. Il peut parfois réagir sans réfléchir à certaines choses et je suis certain qu’il était préoccupé pour l’équipe et cela pourrait avoir contribué à la situation actuelle."

Le rythme, pas un problème

Ce qui est certain, c’est que le rythme en piste de Lapierre n’est pas à remettre en cause. Lors des quatre premières courses en 2014 il était plus ou moins dans le même rythme que Davidson et des références du LMP1 que sont Lotterer ou Jani. Au Mans, Lapierre a même signé le meilleur tour de la n°8 le week-end.

La théorie la plus forte veut que Lapierre se soit senti sous pression avec le sentiment d’avoir coûté la première victoire au Mans de Toyota. Un poids qui s’est de nouveau fait sentir lors de l’apparition de conditions climatiques dantesques à Austin, et qui fut peut-être difficile à assumer vis-à-vis de ses coéquipiers. Pourtant, on ne peut pas oublier que même Buemi a connu plusieurs sorties de piste, certes sans gravité ni conséquences majeures, sur le COTA ou encore à Interlagos.

Quel futur avec Toyota ?

Six mois se sont écoulés désormais et il semble que Lapierre peut encore avoir un avenir avec Toyota. Un porte-parole du constructeur a confirmé à Motorsport.com que le Français "reste l’un des pilotes sous contrat en 2015 chez Toyota Racing".

En WEC, Mike Conway a été annoncé aux côtés de Stéphane Sarrazin et Alexander Wurz, tandis que Kazuki Nakajima rejoint les Champions du Monde Buemi et Davidson. Il reste ainsi une opportunité pour être pilote de réserve. Lapierre pourrait-il l’envisager ? Une décision difficile pour tout pilote, dont l’ego peut être logiquement affecté par un pas en arrière comme celui-ci. Toyota a également testé d’autres pilotes cet hiver, qui pourraient endosser cette fonction, comme Mathias Beche, Jean-Eric Vergne ou Kamui Kobayashi.

Il est impossible de connaitre la vérité sur ce qui s’est réellement passé en coulisses entre les 24 Heures du Mans et les 6 Heures du COTA en 2014. Quant à la relation entre Lapierre et Toyota, on devrait y voir plus clair dans les jours qui viennent, notamment avec l’annonce du pilote de réserve en WEC.

Avec Sam Smith.

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