LMP1 - Un avenir technique qui se prépare dans la sérénité

A l’heure où le LMP1 se porte à merveille, avec quatre constructeurs impliqués dans un programme d’usine et une lutte au sommet qui attire le feu des projecteurs, les organisateurs du WEC ne s’endorment pas sur leurs lauriers.

Ces dernières années, l’ACO et la FIA ont réussi à mettre sur pied une réglementation qui va dans le sens du développement de la technologie de pointe, avec l’introduction des systèmes hybrides, ainsi que dans celui d’une consommation toujours plus efficiente. Avec des constructeurs qui n’ont pas compté leurs efforts, cela n’a fait qu’améliorer le spectacle et les prototypes développés ont affiché chaque année des gains de performance considérables, tout en respectant des restrictions de consommation importantes. 

Les constructeurs sont force de proposition

Pour continuer dans cette voie et définir les contours de la future réglementation, les réunions se multiplient actuellement entre les groupes de travail mis en place, qui sont composés de membres de l’ACO, de la FIA, et de représentants des constructeurs. Audi, Toyota, Porsche et Nissan sont ainsi directement concernés par les discussions. 

"On organise aussi des réunions de travail avec tous les constructeurs impliqués pour définir la feuille de route des cinq, six ou sept prochaines années", précise Vincent Beaumesnil, Directeur Sport de l’ACO, lors d’un entretien accordé à Motorsport.com. "Il y a un certain nombre d’options qui sont discutées, qui concernent plusieurs types d’évolution : ça peut être sur la taille des systèmes hybrides, l’allocation du carburant, l’aérodynamique des voitures, l’évolution du châssis de la monocoque et de sa sécurité, quel type d’énergie nouvelle, etc…" 

Le timing concernant l’entrée en vigueur de la future réglementation n’est pas non plus défini. On sait évidemment que cela ne se fera évidemment pas avant 2017, mais aucune date précise n’est encore arrêtée. 

"C’est très ouvert mais pour l’instant rien n’est décidé ; il y a des options sur la table et il y a des feuilles de route qui sont proposées à la Commission Endurance, qui elle-même établira un scénario qu’elle proposera au Conseil Mondial [de la FIA]", souligne Vincent Beaumesnil.

Stabilité et vision à long terme

Outre le succès qui ne se dément pas pour la catégorie LMP1, les organisateurs du Championnat du Monde d’Endurance et des 24 Heures du Mans peuvent compter sur les engagements forts des constructeurs déjà impliqués. Il y a quelques semaines, Porsche a notamment annoncé sa présence officiellement jusqu’en 2018 au moins, sans que les nouvelles directives techniques soient connues pour autant. De quoi instaurer un climat de confiance et de sérénité, qui sécurise la discipline au-delà des enjeux sportifs en permettant d’avoir une visibilité à long terme en matière de stratégie de communication et de marketing. 

Si j’étais un constructeur automobile aujourd’hui et qu’il fallait que je trouve un programme sportif prestigieux pour valoriser ma marque, je pense que c’est toujours plus valorisant de venir se battre contre Porsche, Audi et Toyota.

Vincent Beaumesnil, Directeur Sport de l'ACO

"Pour nous c’est très important d’avoir cette visibilité", insiste Vincent Beaumesnil. "On est ravi que Porsche l’annonce officiellement ; les autres constructeurs ne font pas d’annonce car ce n’est pas toujours simple d’avoir des engagements longue durée, mais on a des perspectives de travail sur le long terme avec les autres constructeurs."

Car en plus de sécuriser la présence des grandes marques déjà engagées, le LMP1 cherche évidemment à attirer d’autres grands groupes. Les signes forts envoyés par des concurrents comme Porsche sont là aussi précieux pour convaincre. 

"Si j’étais un constructeur automobile aujourd’hui et qu’il fallait que je trouve un programme sportif prestigieux pour valoriser ma marque, je pense que c’est toujours plus valorisant de venir se battre contre Porsche, Audi et Toyota que d’aller dans un championnat où l’on se retrouve tout seul. La qualité du plateau ne le rend que plus attrayant." 

"Avec les constructeurs potentiels avec lesquels on discute, qui s’interrogent et nous interrogent sur le LMP1 et l’Endurance, ça fait partie des arguments qui font que ça a un vrai sens de regarder ce qui se passe en Endurance."

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A propos de cet article
Séries WEC , 24 heures du Mans
Équipes Nissan , Porsche Team , Team Joest , Toyota Racing
Type d'article Interview
Tags aco, avenir, constructeurs, efficience, endurance, fia, hybride, lmp1, prototype, réglement, vincent beaumesnil