Malthe Jakobsen se blâme pour l'abandon de la Peugeot: "J'aurais dû l'éviter"
Malthe Jakobsen a refusé d'accabler le pilote de la Mercedes LMGT3 avec lequel il s'est accroché, un incident qui a contraint la Peugeot n°94 à l'abandon et privé le constructeur français d'un gros résultat lors des 6 Heures de Spa du WEC.
Photo de : FIA WEC / DPPI
Le pilote Peugeot de la 9X8 n°94, Malthe Jakobsen, impliqué dans un accrochage avec une LMGT3 ayant provoqué l'abandon de l'Hypercar française lors des 6 Heures de Spa samedi, a insisté sur le fait qu'il devait assumer une part de responsabilité dans l'incident.
Le Danois de 22 ans avait placé la voiture qu'il partage avec Loïc Duval et Théo Pourchaire en pole position de cette seconde manche du WEC, le trio restant en lice pour un podium durant la première partie de la course.
Mais la catastrophe a frappé la n°94 dans la quatrième heure lorsque Matteo Cressoni a perdu le contrôle de la Mercedes-AMG GT3 n°79 d'Iron Lynx aux Combes, effectuant un tête-à-queue juste devant Jakobsen, qui n'a pu éviter le contact.
La situation a été aggravée par le fait que le Danois roulait encore avec des pneus froids après son arrêt au stand au tour précédent, tandis qu'une Aston Martin Vantage GT3 lui masquait partiellement la visibilité.
L'impact a causé d'importants dégâts à la Peugeot et, même si Jakobsen est parvenu à ramener la 9X8 endommagée aux stands, le constructeur français a finalement été contraint d'abandonner la n°94.
Cela montre également à quel point on peut passer du statut de héros à celui de zéro en l'espace de 24 heures.
Tout en reconnaissant que les circonstances lui avaient laissé très peu de temps pour réagir, Jakobsen a souligné qu'il "aurait dû être capable d'éviter la Mercedes". "Je suis très déçu de l'issue de cet accident au virage 5", a-t-il déclaré à Motorsport.com. "C'est très, très difficile de juger sur le moment quand tout se passe aussi vite."
"Vous sortez des stands avec quatre pneus neufs encore froids et l'intensité est énorme. Avec le recul, oui, j'aurais probablement dû être capable de l'éviter d'une manière ou d'une autre, mais c'est aussi ça la course, malheureusement."
"Cela montre également à quel point on peut passer de héros à zéro en l'espace de 24 heures, entre hier après-midi et aujourd'hui. Mais j'en tirerai des leçons."
Peugeot n°94 était en passe de signer un bon résultat avant l'incident.
Photo de: FIA WEC / DPPI
Jakobsen a insisté sur le fait qu'il ne souhaitait rejeter la faute sur personne, tout en reconnaissant se montrer particulièrement sévère envers lui-même. "Bien sûr, je dois assumer une part de responsabilité", a-t-il ajouté. "J'étais au volant de la voiture. On ne peut pas simplement accuser tout le monde autour de soi. Mais je sais aussi que je suis peut-être un peu trop dur avec moi-même."
"Au final, il n'y a pas de place pour ce genre d'erreur dans ce championnat. C'est un championnat du monde, le plus haut niveau possible, avec les meilleures équipes, les meilleurs pilotes et les meilleures voitures. Il faut être au sommet de son art, et quand on commet des erreurs, ce n'est jamais acceptable."
Une opportunité manquée
Au volant de la Peugeot n°94 au départ, Loïc Duval a perdu deux positions dans le premier relais, passant de la tête à la troisième place, derrière la Cadillac V-Series.R n°12 et la BMW M Hybrid V8 n°15, toutes deux plus rapides en début de course.
Une pénalité de cinq secondes pour une infraction lors d'un arrêt au stand est ensuite venue compliquer la stratégie de l'équipage, qui restait néanmoins en mesure de viser un résultat solide jusqu'à l'accrochage avec la Mercedes n°79.
Interrogé sur le résultat que l'équipe pouvait espérer samedi, Jakobsen a expliqué : "La victoire aurait été difficile, cela aurait sans doute été un peu ambitieux. Mais je pense que le podium était possible si tout s'était déroulé dans notre sens."
"Quand on a vu les bagarres en piste, qui étaient incroyables à suivre à la télévision pendant que je ne pouvais malheureusement plus être dans la voiture… Qui sait, peut-être que nous aurions été au bon endroit au bon moment et que quelque chose aurait pu tourner en notre faveur."
"C'est vrai que nous avons un peu plus souffert lors du deuxième relais par rapport au premier, mais j'avais ensuite deux trains de pneus neufs pour les deux dernières heures et vingt minutes environ. Je pense donc que nous étions dans une très bonne fenêtre de performance."
La Peugeot n°93 de Stoffel Vandoorne, Paul di Resta et Nick Cassidy a finalement terminé septième, à 12 secondes de la BMW M Hybrid n°20 victorieuse de René Rast, Sheldon van der Linde et Robin Frijns.
Propos recueillis par Laurens Stade
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