Porsche en capacité de maintenir Audi à distance?

Une demi-saison, et Porsche peut déjà se féliciter d’avoir atteint son objectif. Ainsi est fait le calendrier du WEC. 

Revenu en 2014 dans le grand bain du LMP1, le constructeur allemand avait placardé partout dans le paddock manceau son ambition, et ce dès l’année 2013. Détenteur du record de victoires aux 24 Heures du Mans, Porsche ne revenait évidemment pas pour faire de la figuration. En témoigne le fait d’avoir mené la course au petit matin lors de l’édition 2013, comme une prémonition. 

Du roulage, encore et encore!

En s’appuyant sur une première année solide, durant laquelle les progrès ont été constants, jusqu’à décrocher une première victoire lors de la dernière manche au Brésil, la firme de Stuttgart a mis les petits plats dans les grands pendant le dernier hiver. Si le proto porte toujours le nom de 919 Hybrid, il s’agit en réalité d’une voiture nouvelle qui a été dessinée en tirant les leçons de sa première mouture, et en embarquant de très nombreuses nouveautés.

En progressant sur tous les plans, mais surtout en avalant des milliers de kilomètres d’essais entre décembre et avril - et encore maintenant pour en assurer le développement - le cousin d’Audi a mis toutes les chances de son côté pour accomplir sa "Mission Le Mans". Ce fut une réussite.

D’emblée rapide, comme elle l’a prouvé à Silverstone comme à Spa-Francorchamps, la 919 Hybrid avait encore besoin de quelques menus ajustements. L’équipe Porsche, pendant ce temps, a pu continuer à se rôder en termes de logistique, de stratégie, mais aussi de recherche de fiabilité. S’il y eut quelques petits couacs face à une Armada Audi redoutable sur les deux premières courses, capable de concrétiser en réalisant à chaque fois la course parfaite, Porsche a su se présenter au Mans en juin avec une équipe prête à relever le défi. 

Une équipe parée dans tous les domaines, y compris du côté de la troisième voiture engagée pour seulement deux courses. L’apprentissage éclair effectué par le trio Tandy-Bamber-Hülkenberg entre Spa et Le Mans, pour aller jusqu’à décrocher la timbale, est significatif. 

Concrétiser en seulement 6 Heures

Vainqueur de main de maître au Mans, que peut désormais attendre Porsche de sa deuxième partie de saison? Il s’agira d’abord de briller à domicile, pour la première du WEC en Allemagne à l’occasion des 6 Heures du Nürburgring, à la fin du mois. Puis la fin de saison, avec quatre manches extra-européennes, sera là pour attribuer la couronne mondiale. 

Le probable duel entre Porsche et Audi va se jouer en cinq actes, avec plusieurs éléments à garder en tête. Le premier d’entre eux est de se souvenir que la marque aux anneaux a essuyé une pénalité pour sa grossière erreur mancelle avec la voiture n°7, qui la prive d’un moteur neuf pour terminer la saison. Suffisant pour ouvrir en grand la porte à Porsche? 

Au classement constructeurs, l’écart est encore trop infime pour pouvoir l’affirmer. Seulement 16 points séparent les deux cousins germains, à l’avantage de Porsche. Il faudra également que le vainqueur manceau soit en mesure de démontrer qu’il peut également s’affirmer sur des courses de 6 Heures, où il lui a à chaque fois manqué ce petit quelque chose pour avoir raison d’Audi au baisser du drapeau à damier. 

L’autre impact viendra de la volonté la plus farouche de l’un ou de l’autre d’aller cueillir une couronne mondiale que Toyota ne semble pas, sauf miracle, en mesure de défendre. Car avec l’organisation actuelle du calendrier et la grande échéance mancelle déjà passée, les esprits seront également tournés vers 2016. Mais une chute de motivation des équipes et de leurs pilotes n’est certainement pas à craindre!

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Séries WEC
Équipes Porsche Team
Type d'article Analyse
Tags analyse, bilan, endurance, le mans, lmp1, porsche