Pourchaire se réjouit d'une "stabilité importante" retrouvée grâce à Peugeot
Après deux ans à voguer de catégories en catégories, Théo Pourchaire retrouve enfin un volant stable chez Peugeot Sport en WEC. Désormais la tête hors de l'eau, le Français souhaite alerter les jeunes talents qui traversent les mêmes épreuves que lui : la F1 n'est pas la fin de l'histoire.
Photo de: Shameem Fahath / Motorsport Network
Depuis sa victoire au championnat de Formule 2 en 2023, la carrière de Théo Pourchaire en sport automobile n'aurait pas pu être plus chaotique. Lâché par l'académie Sauber dont il faisait partie, le Français a tenté sa chance en Super Formula au Japon, avant de rompre son contrat après seulement quelques courses.
Il a ensuite été repêché par Arrow McLaren en IndyCar à l'été 2024 pour remplacer le blessé David Malukas. Malgré des débuts prometteurs dans une discipline totalement nouvelle pour lui, Pourchaire a été brutalement remplacé par Nolan Siegel, le laissant sans volant pour le reste de la saison.
C'est alors que Peugeot Sport est entré en scène. D'abord pilote de réserve, Pourchaire a participé aux 24 Heures du Mans 2025 dans la catégorie LMP2 avec l'équipe Algarve, avant d'être finalement promu au volant de la 9X8 n°94, en remplacement de Stoffel Vandoorne, lors de la dernière course de la saison 2025. C'est également à ce moment-là que l'équipe française a officialisé sa titularisation pour la saison 2026 de WEC.
Théo Pourchaire lors de sa première avec Peugeot pendant les 8 Heures de Bahreïn 2025.
Photo de: Shameem Fahath / Motorsport Network
Deux ans après son titre en F2, Théo Pourchaire entame enfin une saison complète de sport automobile avec la certitude de conserver son volant toute l'année. Une stabilité qui lui faisait cruellement défaut jusque-là et qui rend cette nouvelle opportunité d'autant plus précieuse.
"C'est très important de pouvoir bénéficier d'un peu de stabilité dans ma carrière", a confié le pilote français aux médias, dont Motorsport.com, lors de la présentation de la livrée 2026 de Peugeot. "Et je pense que c'est une excellente opportunité pour devenir pilote professionnel."
"Représenter une marque française de voitures, ça a aussi beaucoup de sens pour moi. C'est un peu le destin, je dirais, parce que je n'avais rien, puis j'ai reçu un appel de Peugeot. Nous nous sommes rencontrés à Versailles, j'ai fait le test rookie, et la relation s'est très bien passée."
"Nous avons commencé comme ça, et maintenant je suis pilote à temps plein pour Peugeot, et ça fait vraiment du bien. Pour Citroën en Formule E, j'ai fait quelques tests. Donc je fais partie de la famille Stellantis, et ça me plaît beaucoup."
Théo Pourchaire lors de ses quelques piges avec l'équipe Arrow McLaren en IndyCar.
Photo de: Josh Tons / Motorsport Images
Malgré la joie actuelle, Théo Pourchaire ne peut s'empêcher de regarder en arrière avec une certaine amertume, peinant encore à comprendre pourquoi les opportunités de roulage ont été si rares. "Je ne sais pas pourquoi, pour certaines raisons, j'ai eu du mal à obtenir une opportunité", a-t-il confié.
"La première que j'ai eue, c'était en IndyCar avec McLaren, et on sait ce qui s'est passé. Malheureusement, nous n'avons pas pu continuer ensemble pour certaines raisons. Mais ils m'ont donné cette chance, et j'aurais aimé pouvoir la conserver un peu plus longtemps."
"Et maintenant Peugeot et le groupe Stellantis sont venus… Nous avons eu une excellente réunion en 2024, et ils avaient un super plan pour moi. Donc oui, c'est la meilleure opportunité que j'ai eue jusqu'à présent, et c'est vraiment une très bonne opportunité."
Une catégorie parmi tant d'autres...
Bien qu'extrême, le parcours de Théo Pourchaire n'est pas si isolé. De nombreux jeunes pilotes rencontrent des difficultés pour accéder à certains baquets ou poursuivre leur programme, souvent par manque de budget, dans un sport automobile qui devient de plus en plus coûteux et difficile d'accès.
Dans l'imaginaire des jeunes pilotes, la F1 reste l'objectif principal, le rêve ultime. Mais si cette discipline était simple d'accès, elle ne serait pas si convoitée. Pour atteindre ce sommet, le talent seul ne suffit pas : il faut également des ressources financières importantes, un timing parfait… et c'est souvent ce dernier facteur qui s'avère le plus décisif.
De nombreux pilotes, pourtant extrêmement talentueux et soutenus par des sponsors, n'ont jamais accédé à la F1 simplement parce qu'il n'y avait plus de place. Avec seulement 22 volants disponibles dans le monde, la compétition est féroce face à la multitude de jeunes talents qui parcourent la planète.
Théo Pourchaire a fait un temps partie de l'équipe de réservistes d'Alfa Romeo en F1.
Photo de: Alfa Romeo
Pourtant, malgré sa réputation de Graal, la F1 n'est qu'une catégorie parmi tant d'autres dans le sport automobile. Les opportunités existent toujours, même si elles peuvent être difficiles à trouver, comme l'a expérimenté Pourchaire.
Et c'est ce message que le Français souhaite transmettre aux jeunes pilotes : "Le seul conseil que je peux donner à ces pilotes, c'est de se préparer après la F2, un peu avant même. Parce que c'est quelque chose que je n'ai pas fait, je n'avais pas d'aide des sponsors ni d'un vrai soutien d'académie. Et j'étais un peu perdu."
"J'étais perdu. J'ai fait une course de Super Formula, mais je n'avais pas le budget pour en faire plus. J'ai eu cette chance en IndyCar, ce qui était incroyable quand on est 'nulle part', et c'était bien, puis plus rien après. Donc il faut se préparer. Faire davantage de recherches."
"Il existe d'excellents championnats en dehors de la F1, et quand on est en F2, on est généralement encore jeune. J'ai terminé la F2 il y a trois ans, j'ai encore 22 ans, et maintenant j'ai beaucoup d'opportunités. Et peut-être qu'un jour, on ne sait jamais, il y a peut-être une voie pour la F1. On ne sait jamais."
Quels objectifs pour 2026 ?
Théo Pourchaire partagera le volant de la 9X8 n°94 avec Loic Duval et Malthe Jakobsen.
Photo de: Peugeot Sport
Fort de l'expérience acquise lors de sa première course en WEC à Bahreïn en 2025, contrariée par un mauvais timing de la voiture de sécurité, Théo Pourchaire aborde sa première saison complète depuis deux ans avec confiance.
"La première course à Bahreïn a été une très bonne expérience, nous avons fait du bon travail, et nous avions une voiture capable de finir dans le top cinq, jusqu'à la malchance avec la voiture de sécurité", a expliqué le Français.
"Nous étions la seule équipe à subir ce genre de malchance, mais ça arrive parfois. Et oui, c'était une bonne préparation pour cette année, avec le même line-up, bien sûr, donc je me sens bien avec mes coéquipiers, nous sommes à l'aise avec l'équipe."
"Je pense que nous pouvons nous attendre à ce que, probablement, le Qatar ne convienne pas parfaitement à notre voiture, mais on ne sait jamais. Et si la course du Qatar n'est pas la meilleure, je suis sûr que le reste de la saison sera meilleur."
"Nous n'avions pas de 'joker' [évo] comme d'autres équipes, donc ça risque d'être un peu compliqué au début, mais nous pouvons maximiser notre voiture, notre potentiel, et je pense qu'avec cela, nous avons le potentiel pour décrocher parfois des podiums. Espérons-le."
Cette année, Théo Pourchaire suivra un double programme, combinant son rôle en endurance avec Peugeot et ses fonctions de pilote de développement pour Mercedes en F1.
Propos recuellis par Jose Carlos de Celis
Partager ou sauvegarder cet article
Abonnez-vous pour accéder aux articles de Motorsport.com avec votre bloqueur de publicité.
De la Formule 1 au MotoGP, nous couvrons les plus grands championnats depuis les circuits parce que nous aimons notre sport, tout comme vous. Afin de continuer à vous faire vivre les sports mécaniques de l'intérieur avec des experts du milieu, notre site Internet affiche de la publicité. Nous souhaitons néanmoins vous donner la possibilité de profiter du site sans publicité et sans tracking, avec votre logiciel adblocker.
Meilleurs commentaires