Pourquoi Nissan est là pour durer en LMP1

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Pourquoi Nissan est là pour durer en LMP1
Sam Smith
Par : Sam Smith
15 août 2015 à 09:31

Darren Cox, Nissan
#23 Nissan Motorsports Nissan GT-R Nismo
Nissan Motorsports : Olivier Pla
#22 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO : Harry Tincknell, Alex Buncombe, Michael Krumm
Darren Cox
#23 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO: Olivier Pla, Jann Mardenborough, Max Chilton
#21 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO: Tsugio Matsuda, Lucas Ordonez, Mark Shulzhitskiy
#21 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO: Tsugio Matsuda, Lucas Ordonez, Mark Shulzhitskiy
#22 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO : Harry Tincknell, Alex Buncombe, Michael Krumm
#22 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO : Harry Tincknell, Alex Buncombe, Michael Krumm
#22 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO : Harry Tincknell, Alex Buncombe, Michael Krumm
#22 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO : Harry Tincknell, Alex Buncombe, Michael Krumm
Arrêt aux stands pour la #23 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO : Olivier Pla, Jann Mardenborough, Max Chilton
Arrêt aux stands pour la #23 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO : Olivier Pla, Jann Mardenborough, Max Chilton
#23 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO : Olivier Pla, Jann Mardenborough, Max Chilton
#21 Nissan Motorsports Nissan GT-R LM NISMO : Tsugio Matsuda, Lucas Ordonez, Mark Shulzhitskiy

L’annonce de Nissan la semaine dernière de sa non-participation à la prochaine manche du WEC au Nürburgring - et peut-être d’autres en 2015 - était tout saut une surprise. 

Après Le Mans, il était évident que la Nissan GT-R LM Nismo, qui a été spécialement conçue pour le circuit ultra rapide de la Sarthe, serait encore plus en difficulté sur le tracé sinueux du Nürburgring. Les faits sont aussi simple que cela : l’une des voitures les plus avant-gardistes et intrigantes de ces dernières années n’a pas besoin de participer aux courses restantes en 2015. Elle a besoin de temps de piste en essais, d’être façonnée et d’avoir une chance de fonctionner avec tous les éléments qui ont été conçus. 

A cet égard, Nissan a pris la meilleure décision la semaine dernière. Avec le système KERS 2016 dont le développement a commencé avant Le Mans, cela devrait permettre de montrer la véritable capacité du prototype imaginé par Ben Bowlby et ses hommes pour un retour complet dans un programme de course compétitif. 

Sur la piste, le constructeur japonais a fait du mieux possible au Mans. Le fait de ne récupérer aucune énergie a affecté les pilotes, qui ont toutefois prouvé que la voiture pouvait tenir le choc avec ses freins, ses roues et sa suspension. Une Nissan avait vu l’arrivée, même si elle n’a pas été classée. Après la course, il y avait beaucoup d’hommes épuisés chez Nissan, et ils méritent tous de recevoir les félicitations de leurs patrons pour leur ténacité et leur travail monstre abattu pendant les neuf mois précédents. 

Le programme Nissan LMP1 est fait pour durer

Ben Bowlby Racing, la compagnie qui a été sollicitée pour concevoir, construire et développer la voiture, a récemment lancé un large processus de recrutement. Quand Motorsport.com a posé la question à Darren Cox pour savoir s’il regrettait de ne pas avoir utilisé 2015 comme une année de tests et de développement, il a répondu avec pragmatisme. 

"Nous avons vu une opportunité dans la réglementation pour la motorisation et le châssis", a-t-il répondu. "Soit nous y allions en 2015, soit nous attendions 2017 [et les nouvelles règles techniques]. Personne ne s’engage pour une seule année et il faut être au Mans pour faire des tests et courir, car il y a cette opportunité seulement une fois dans l’année. Le seul regret possible est d’avoir essayé de faire fonctionner notre système KERS d’origine pendant une longue période."

Taper sur Nissan est trop facile. Dans le paddock, beaucoup de commentaires critiques ou moqueurs vont dans ce sens. Mais le fait est que chaque constructeur majeur traverse des moments de douleur avant de récolter le plaisir. 

En 1999, Audi est arrivé au Mans avec son tout premier prototype. En fait, ils sont arrivés avec deux modèles, le coupé R8C et la R8R. Au final, les deux ont terminé à 5 et 10 tours de la BMW V12 LMR victorieuse. Audi a appris l’essentiel de cette première course, et est revenu pour réécrire l’histoire au Mans pendant 16 années ensuite. 

Stratégie de communication

Nissan est arrivé avec une perspective très différente. Son engagement en LMP1 n’est qu’une partie de son implication impressionnante en sport automobile. Mais au final, en tant que constructeur majeur, Nissan doit délivrer des résultats dans la plus visible et la plus élevée des catégories de l’Endurance. 

Le mois dernier, le PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, disait : "Nous voulions être différents et compétitifs, mais nous avons seulement été différents." On ne pourrait qu’être d’accord avec cette vérité brutale. On peut avoir l’histoire la plus brillante, la plus innovante et la plus inspirée au monde, mais si l’on n’a pas de résultats avec, que devient-elle? Une curiosité, une voiture innovante. Avec les commentaires de Ghosn interprétés comme un prélude à des décisions marquantes concernant le programme et le projet de Nissan, quelles sont les préoccupations pour l’avenir? 

"Je serais inquiet s’il n’y avait pas une analyse de faite régulièrement au Japon", assure Cox. "Vous pouvez être sûrs qu’Audi, Porsche et Toyota le font, chaque mois et chaque trimestre. Nous avons eu des débriefs après Le Mans avec les dirigeants et c’est normal."

"Ce n’est pas un programme qui est menacé. Il passe devant le comité exécutif et ils demandent à ce qu’on leur rapporte ce qui se passe sur et en dehors de la piste. Ce dont nous devons nous rappeler, c’est que Nissan a reçu une plus grande et une meilleure couverture médiatique la semaine avant la course [au Mans] que Porsche pendant la semaine suivante. Cela montre le bénéfice de notre approche avec les médias et les fans."

Cox est en effet un homme de marketing. Les résultats montrent que 2,4 millions de personnes ont suivi la chaîne Nismo TV pendant Le Mans, avec 44’000 commentaires postés, dont 97% sont positifs.

L’ouverture et l’innovation du programme Nissan sont à part par rapport à ses rivaux. Cependant, cette success story aura besoin de plus que ça avec des résultats en piste pour la GT-R LM Nismo. Cela, personne ne le sait mieux que Darren Cox et son équipe tenace. 

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À propos de cet article

Séries WEC
Équipes Nissan
Auteur Sam Smith
Type d'article Analyse