Toyota critique la "tactique stupide" de certains constructeurs au Mans
Toyota a signé les meilleurs temps moyens sur les longs relais lors de la Journée Test des 24 Heures du Mans, mais reste profondément sceptique quant au niveau de performance affiché par ses adversaires.
Photo de : Rainier Ehrhardt
À l'issue de la journée d'essais de dimanche, un optimisme prudent règne chez Toyota, accompagné d'une bonne dose de méfiance à l'égard de la concurrence.
Bien que l'équipe figure dans le haut du panier à l'analyse des données en matière de rythme moyen sur les longs relais, le directeur technique David Floury a vivement mis en garde contre toute lecture trop hâtive de la hiérarchie observée lors de cette Journée Test.
Les concurrents cachent-ils leur jeu ? "Nous sommes les plus rapides parmi ceux qui ont montré leurs cartes. La vérité, je pense, nous la connaîtrons à la fin. Je ne crois tout simplement pas aux performances que j'ai vues dimanche de la part de certains de nos concurrents."
Certains constructeurs jouent avec les vitesses de pointe pour ne pas dévoiler leur jeu.
Toyota estime avoir détecté des manœuvres tactiques de la part de ses adversaires, notamment dans les lignes droites. En raison du repositionnement de plusieurs Hypercars à l'intérieur de la fenêtre aérodynamique réglementaire, les vitesses de pointe ont progressé sur l'ensemble du plateau par rapport à 2025.
L'importante évolution hivernale apportée à la Toyota GR010 Hybrid, désormais baptisée TR010 Hybrid, visait précisément à réduire la traînée aérodynamique. Pourtant, selon le constructeur nippon, tout le monde ne montre pas encore son véritable potentiel.
"Il est évident que certains constructeurs jouent avec les vitesses de pointe pour ne pas dévoiler leur jeu. Ils cachent donc un peu leur véritable niveau, c'est certain. Il y a suffisamment de données disponibles pour s'en rendre compte, donc honnêtement, c'est une tactique un peu stupide."
Une nouvelle aéro qui donne satisfaction aux pilotes
Les évolutions apportées par Toyota en 2026 fonctionnent au Mans.
Photo de: Rainier Ehrhardt
Toyota aurait pu vivre une Journée Test parfaitement réussie sans l'accident impliquant Ryo Hirakawa et l'Oreca n°25 de Jake Hughes, partie en tête-à-queue sur des pneus froids dans le premier virage. Hirakawa a tenté de dépasser la LMP2 par la droite, mais l'Oreca est revenue brusquement dans sa trajectoire, percutant le flanc de la Toyota n°8. Le choc a même brièvement fait décoller l'Hypercar japonaise.
Toyota s'en est finalement bien sortie, le châssis n'ayant subi aucun dommage structurel. Les mécaniciens ont réparé la TR010 Hybrid, qui a repris la piste dès le début de la séance de l'après-midi. "Un exercice un peu inutile pour nos troupes", a commenté Floury. De son côté, Hirakawa a relativisé l'incident : "Mieux vaut évacuer la malchance avant la course."
En dehors de cet épisode, Toyota a connu une journée sans problème majeur. "Nous avons réalisé environ 90% des essais que nous avions prévus", a expliqué Ryan Dingle, ingénieur de course de la Toyota n°8.
L'accent a principalement été mis sur le nouveau package aérodynamique, les données recueillies en piste correspondant parfaitement aux simulations. Seuls le resurfaçage partiel entre la première chicane des Hunaudières et Mulsanne, ainsi que les nouveaux pneus Michelin, ont nécessité quelques ajustements sur place.
Les évolutions aérodynamiques semblent déjà porter leurs fruits, notamment dans les très rapides virages Porsche, où la Toyota avait souffert d'un manque d'équilibre l'an dernier. "Nous avons clairement progressé", a confirmé Floury. "C'est une meilleure base de départ que celle que nous avions l'an passé."
Cette progression se retrouve également dans les retours des pilotes. Tout en laissant à ces derniers le soin de tirer les conclusions définitives, Floury a révélé : "D'après les retours que j'ai eus, oui. Ils étaient clairement plus satisfaits que l'année dernière. La voiture est plus constante et plus facile à exploiter en course."
Des améliorations ont également été apportées au comportement de la voiture lorsqu'elle évolue dans les turbulences aérodynamiques générées par d'autres concurrents, afin de renforcer sa stabilité dans le trafic.
Pour le responsable technique de Toyota, il ne fait aucun doute que le rythme de course sera nettement plus rapide en 2026. Floury attribue le fait que le nombre de tours bouclés sous les 3'30 ait plus que doublé sur l'ensemble du plateau, passant de 178 en 2025 à 362 en 2026, à une combinaison de plusieurs facteurs : la nouvelle fenêtre aérodynamique, les nouveaux pneus Michelin et le nouvel asphalte.
Concernant les pneumatiques, Kamui Kobayashi a testé les trois composés disponibles – tendre, medium et dur – lors de la séance de l'après-midi, avec des écarts limités à seulement quelques dixièmes de seconde entre chacun d'eux. "Il est difficile de se tromper", a plaisanté Floury.
Les différentes gommes offrant désormais une très large plage de performance par rapport à la génération précédente, Floury estime que le pneu dur pourrait même devenir une véritable option en course si les températures élevées actuellement envisagées se confirment pendant les deux jours de l'épreuve.
Reste à savoir si Michelin autorisera les quadruples relais. "Pas encore, il est trop tôt pour le dire. La réponse dépend aussi de Michelin. Les pneus que nous avons utilisés lors de la Journée Test doivent être analysés avant que nous puissions nous engager dans cette direction", a conclu Floury.
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