Lappi, le vainqueur finlandais qu'on n'attendait pas

Le jeune pilote de chez Toyota a assumé jusqu'au bout la relève d'un Latvala sur la touche suite à son problème mécanique contracté lors de la deuxième étape.

Lappi, le vainqueur finlandais qu'on n'attendait pas
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Les vainqueurs Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Racing
Les vainqueurs Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Les vainqueurs Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Racing
Les vainqueurs Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Racing
Les vainqueurs Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Racing
Les vainqueurs Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Le vainqueur Esapekka Lappi, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Esapekka Lappi, Janne Ferm, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing

Si elle ne constitue plus depuis déjà quelques années une chasse gardée dévolue aux pilotes nordiques, à l'instar du Rallye de Suède, l'épreuve finlandaise du calendrier s'est tout de même offerte ce week-end à un énième pilote "du cru".

Et si Jari-Matti Latvala, trois fois vainqueur sur l'ancien "Rallye des 1000 lacs", a logiquement endossé le statut de favori vendredi matin, et que le voisin estonien Ott Tanäk a été retardé en raison d'une crevaison, c'est finalement celui qu'on n'attendait pas, Esapekka Lappi, qui s'est imposé, gonflant les rangs des Finlandais victorieux à domicile à 15 pilotes.

Alors, bien sûr, les atrabilaires ne manqueront pas de pointer du doigt que le jeune homme de 26 ans a largement bénéficié du problème électronique qui a foudroyé la Toyota de son coéquipier Latvala, samedi après-midi, alors que ce dernier s'échappait en tête du général.

Mais c'est aller un peu vite en besogne et oublier que les deux hommes ont, sur l'ensemble de l'épreuve, totalisé exactement le même nombre de temps scratchs (neuf chacun). Lappi a même paru intouchable vendredi, en s'adjugeant pas moins de huit spéciales, et caracolant en tête de l'épreuve au terme de la première étape.

Une position de leader inattendue, et qui a rendu d'autant plus difficile à digérer sa perte de vitesse face à Latvala le samedi. "Lorsque j'ai réalisé le vendredi que nous étions en train de mener, j'ai pris conscience qu'il était possible de vraiment se battre pour la victoire", a ainsi expliqué le Finlandais après la course. "C'est pourquoi j'ai ensuite été frustré, car mon objectif avait changé : je voulais gagner. Jari-Matti [Latvala] pilotait trop bien pour moi, et je ne voulais rien faire de stupide. C'était un peu frustrant, mais le vent a tourné, malheureusement [pour lui]."

Approche prudente

Échaudé par ce retournement de situation, et sans doute aussi conscient que la victoire n'avait jamais été autant à sa portée, Lappi a ensuite pris le parti de lever le pied, mais comment le lui reprocher, alors qu'un podium semblait déjà constituer un résultat inespéré pour ce qui ne représentait, rappelons-le, que son quatrième rallye sur une WRC ?

Une démarche d'autant plus frappée au coin du bon sens que, compte tenu des nombreuses sorties de route de ses adversaires, la vigilance prévalait et que la régularité semblait être la condition sine qua non à un bon résultat.

Teemu Suninen, Mads Østberg ou bien encore Hayden Paddon y sont en effet tous allés de leur incartade hors des sentiers battus, endommageant une suspension (les deux derniers cités) ou perdant un temps précieux dans la course aux places d'honneur (le premier). 

Dans ces circonstances, prudence est mère de sûreté, Lappi l'a bien compris, et celui-ci a donc remisé sa fougue et sa relative inexpérience en WRC pour au contraire mener une fin de course d'attente. Un état d'esprit qui n'a pas été de trop, alors que le Champion WRC2 en titre n'a pas pu éviter d'endommager une roue arrière lors de la pénultième spéciale.

Au-delà de la pression, le jeune Finlandais a surtout estimé avoir mal jugé les différences de comportement entre une R5 et une WRC, disposant de bien plus d'appuis. "Ce n'était pas si facile de piloter cette voiture aussi sûrement que la R5, car quand vous n'attaquez pas, l'aéro ne fonctionne pas vraiment", a-t-il ainsi expliqué après l'arrivée. "J'ai donc amorcé assez tôt mes virages, avant de mettre une roue arrière en dehors de la route et de taper une pierre qui a cassé la jante. Je voulais me tuer à ce moment-là, car je ne savais pas vraiment ce qui était cassé."

Une belle frayeur pour Toyota, mais qui a vite été dissipée sur la liaison menant à la Power Stage, lorsque Lappi a mis pied à terre pour changer la roue en question et constater que la suspension n'avait pas souffert.

Sixième sur la Power Stage, celui-ci n'a peut-être pas inscrit le moindre point de bonus, mais il a bel et bien assuré l'essentiel : graver son nom au palmarès de son rallye national, alors que derrière lui, Juho Hänninen a assuré un résultat d'ensemble plus que convenable pour Toyota, en complétant le podium bien que devancé d'un cheveu par Elfyn Evans.

À l'arrivée, Lappi n'a pas cherché à sa cacher sa joie, en dépit du comportement taiseux qui le caractérise habituellement, comme bon nombre de Finlandais. "Je ne suis pas habituellement quelqu'un qui montre mes émotions, mais c'est incroyable. Quel rallye ! Je n'aurais jamais pu imaginer que nous obtenions un résultat comme celui-là, c'est donc une grande surprise." 

Heureux également le patron du Toyota Gazoo Racing Team, Tommi Mäkinen, ancien vainqueur lui aussi de l'épreuve : "Le problème rencontré par Jari-Matti samedi est la seule déception, sinon c'était presque parfait. Mes félicitations à Esapekka et Juho en particulier. Je me rappelle encore ma première victoire ici, et cela me fait quelque chose qu'Esepekka ait réussi à faire la même chose 23 ans après."

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