Meeke : la victoire était "entre les mains de Dieu"

Le pilote Citroën s'est bien tiré d'une gaffe monumentale à quelques centaines de mètres de l'arrivée au Mexique, car il n'y a décidément pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne... à moins que ce ne soit l'inverse, dans son cas.

Kris Meeke est passé tout près de la correctionnelle, dimanche au Mexique, en sortant de la route à quelques encablures de l'arrivée de la Power Stage... et donc du rallye. Au prix d'une récupération comme on n'en a rarement vu, et avec une sacrée part de chance puisqu'il a touché la voiture d'un spectateur stationnée en contrebas de la route mais sans dommage pour la C3 – ce qui n'était pas le cas de la voiture du spectateur... –, il a dû retrouver son chemin en slalomant sur le parking avant de revenir sur la spéciale pour terminer avec une avance réduite à 13"8 sur Sébastien Ogier. Bien lui avait pris de maintenir la pression sur son rival dans le précédent secteur chrono, signant le scratch et le devançant de 6"3 pour creuser un écart de 37"2 avant le dernier juge de paix...

"Oui, bon, c'était une erreur stupide. Je suis monté sur les freins, la voiture s'est mise un peu en glisse et elle est partie dans une profonde ornière. Ça l'a mise sur la ligne extérieure et on est passé à travers un grillage. Après, c'était entre les mains de Dieu", a expliqué le Britannique, qui avait eu du mal à retrouver ses émotions après avoir franchi la ligne, une fois remis de ses émotions. "Ce n'était pas une grosse sortie mais j'ai dû retrouver mon chemin pour sortir. C'était un dur moment pour les nerfs, et, bien sûr, c'était une erreur."

"La chose la plus importante est qu'après deux mauvais rallyes, on a prouvé le potentiel de la C3. On a réussi à le faire hier [samedi] aussi. C'était important. Il y avait beaucoup de frustration dans l'équipe après deux mauvais résultats. En fait, c'est un de mes rallyes les moins favoris (sic). Je ne l'ai jamais apprécié avant, mais au moins, on a prouvé le potentiel de la voiture."

La victoire de Meeke s'est finalement jouée en partie dès la première boucle de deux spéciales le vendredi après-midi (celle du matin ayant été annulée), qui lui a permis de s'installer en tête. Dans la longue El Chocolate 2 (ES4 - 54,90 km), sa voiture fut pratiquement la seule parmi les World Rally Cars à ne pas subir de surchauffe, et il y avait signé le scratch avec 7"3 d'avance sur Ogier. Puis, même en ne signant que le quatrième temps dans Las Minas 2 (ES5 - 19,68 km), après avoir calé dans un virage lent, il avait devancé le pilote M-Sport de six secondes pour compter une avance de 15"7 au général. Soit à peu près la même que celle avec laquelle il allait terminer l'épreuve.

Mais comme il y faisait allusion, c'est surtout le samedi que Meeke a fait une réelle différence, l'écart avec Ogier grimpant jusqu'à 39"5 avant de redescendre légèrement à 36"9 après l'avant-dernière et la dernière spéciales du jour. Il avait ensuite concédé quelques secondes de plus dans les trois super spéciales concluant la journée mais conservait de quoi attaquer sereinement la dernière étape – et a fortiori la Power Stage.

Une victoire inattendue

Quoi qu'il en soit, cette victoire de Citroën était pour le moins inattendue, même si la première épreuve sur terre de la saison avait un caractère on ne peut plus différent de ceux des deux premiers rendez-vous. Meeke avait certes signé quelques bonnes performances tant au Monte-Carlo qu'en Suède, avant de partir à chaque fois à la faute, mais la C3 WRC n'en était pas moins apparue en retrait par rapport à ses trois rivales. Laurent Fregosi, le directeur technique de l'équipe française, rappelait cependant avant le Mexique, non sans afficher du coup une certaine confiance, que la voiture avait effectué bien plus de tests sur la terre que sur l'asphalte ou la neige.

"Avant le rallye, j'ai dit qu'on n'était pas du tout arrivés ici avec beaucoup de confiance", a dit Meeke après l'arrivée. "On avait expérimenté différents soucis et été inconsistants. Cela nuit à la confiance et on venait clairement ici pour faire quelque chose."

"On a changé quelques petites choses au shakedown, ça s'est bien assemblé et on avait une bonne position sur la route le premier jour (la dixième, ndlr). J'ai fait un écart de 20 secondes, mais j'ai calé et on a perdu un peu de temps, environ neuf secondes. J'appréhendais le samedi matin. Je n'étais venu que deux fois ici auparavant et je savais quel rythme Seb [Ogier] était capable d'avoir. Je n'étais pas sûr qu'on pourrait rivaliser. Après la première spéciale du samedi, l'écart était d'environ une seconde et je me suis dit que ce serait peut-être faisable."

Nouveau défi en Corse

La C3 découvrira encore une nouvelle surface en compétition lors de la première manche de la saison sur goudron, en Corse le mois prochain, mais une surface qui fut longtemps la spécialité de Citroën et sur laquelle la C3 a également pas mal roulé en essais.

"Le prochain test sur l'asphalte est très important. Nous avons prouvé que la voiture marche bien. La Corse est très différente du Monte-Carlo. Tout avait l'air bien en tests. J'espère qu'on pourra se battre pour la victoire", a prévenu Meeke avant de quitter le Mexique. " L'année dernière, nous avions montré que la voiture avait une bonne vitesse là-bas."

Celui qui restera à tous égards le héros du week-end parle bien sûr de la DS3 WRC, sur laquelle la C3 n'a plus que 25 victoires à rattraper...

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Pilotes Kris Meeke
Type d'article Réactions
Tags citroen, rallye du mexique