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Ce que le nouveau promoteur du WRC veut changer et ce qu'il compte préserver

Le nouveau détenteur des droits commerciaux en WRC a présenté ses projets pour l'avenir. L'objectif est de mettre en place de nouveaux formats et de renforcer l'impact médiatique et l'implication des constructeurs, tout en s'engageant à préserver l'identité profonde du rallye.

Elfyn Evans, Scott Martin, Toyota Gazoo Racing WRT Toyota GR Yaris Rally1

Photo de : Toyota Racing

Au cœur de l'été, le groupe automobile français Cosmobilis et l'investisseur privé Park Square Capital ont racheté WRC Promoter GmbH, dans le cadre de ce que la FIA a qualifié de "plus grande transaction de l'histoire des championnats" du monde et d'Europe des rallyes.

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Les nouveaux propriétaires, conduits par l'ancien directeur des écuries de Formule 1 Lotus et McLaren, Éric Boullier, ont affiché des projets ambitieux visant à faire passer le WRC et son équivalent européen l'ERC à un niveau supérieur, en mettant l'accent sur l'amélioration de l'accès des fans au rallye, sur la couverture médiatique et sur l'attrait commercial des championnats.

Une étape importante a été marquée lors du Rallye du Paraguay, où la feuille de route visant à développer la discipline a été détaillée par le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, le PDG de WRC Promoter, Éric Boullier, et Jean-Louis Mosca, PDG de Cosmobilis, lors d'une conférence de presse.

Préserver l'ADN du WRC, base essentielle à sa croissance

Bien que les projets visent à mettre en place des changements, Éric Boullier a clairement insisté sur le fait que l'ADN du rallye resterait intact. "Il y a un point que je tiens à souligner avant toute chose : nous ne changerons absolument jamais l'ADN du rallye. C'est catégorique. Nous ne toucherons absolument jamais à cet ADN", a ainsi déclaré le Français.

Et de poursuivre : "L'un des points sur lesquels nous allons évidemment travailler avec la FIA, c'est d'essayer [de redonner de la visibilité au rallye], car c'est de toute évidence le sport le plus spectaculaire, mais plus personne n'en parle. Et c'est là le problème aujourd'hui : nous voulons redonner au WRC et à l'ERC la place qui leur revient."

Conférence de presse du nouveau prometteur du WRC avec le président de la FIA

Conférence de presse du nouveau prometteur du WRC avec le président de la FIA

Éric Boullier a toutefois présenté des idées visant à modifier les formats des rallyes et à repenser la plateforme médiatique du WRC, dans le but de toucher de nouveaux publics sans pour autant décevoir les fans existants.

Ces projets prévoient également de rendre les rallyes plus accessibles et plus conviviaux pour les spectateurs, notamment en transformant le parc d'assistance en une "WRC Arena". Il a également été précisé que, dans la mesure du possible, l'accès aux épreuves devait rester gratuit pour les spectateurs.

"Nous allons bien sûr travailler sur le format de l'épreuve. Nous n'allons pas changer grand-chose. Certains rallyes, [par exemple] ceux de Finlande et d'Estonie, ont déjà mis en place un format comprenant une seule spéciale sur une journée [une même spéciale courue deux fois le dimanche, ndlr]."

"C'est ce type de format sur lequel nous allons nous concentrer, ce qui va nous permettre, grâce à la FIA, de proposer un produit de meilleure qualité, plus accessible aux fans, mais aussi plus facile à diffuser et à présenter à ceux qui ne peuvent pas se déplacer, afin qu'ils découvrent ce qu'est le WRC", a expliqué Boullier.

"Le deuxième point concernera, bien sûr, la plateforme médiatique", a-t-il poursuivi. "Nous allons complètement repenser la plateforme médiatique, car nous voulons entrer dans le nouveau siècle – c'était le pari – et, bien sûr, miser davantage sur le numérique."

"Nous devons être plus présents sur les réseaux sociaux, nous devons être capables d'attirer à l'avenir un nouveau public, qui ne se limite pas aux passionnés de longue date. En faisant cela, nous susciterons chez eux l'envie de venir assister aux rallyes par la suite."

Adrien Fourmaux, Hyundai World Rally Team Hyundai i20 N Rally1

L'un des défis du WRC : faire venir le public et créer une zone d'accueil attractive.

Photo de : Hyundai

"Et le dernier point consiste à faire de notre sport une plateforme commerciale et une plateforme durable pour les équipes, pour les équipementiers, pour les constructeurs, pour tous ceux qui souhaitent venir courir, afin qu'ils disposent d'un lieu où ils puissent opérer en bénéficiant d'une certaine accessibilité et d'un certain accueil", a poursuivi Éric Boullier.

"Nous voulons procéder à une légère refonte pour nous assurer de pouvoir accueillir les fans, les entreprises et les PDG. Nous allons rebaptiser [le parc d'assistance] WRC Arena, car nous voulons en faire un lieu où les gens ont envie d'être, [et] d'être vus. Que ce soit pour les influenceurs ou n'importe qui d'autre, nous voulons que les gens soient présents, qu'ils profitent du lieu et qu'ils apprécient le rallye."

"Et le fait de n'avoir qu'une seule spéciale le dimanche nous permet également de faciliter l'accès. Avec une seule spéciale, on peut mettre en place un système de park & ride, s'assurer de pouvoir enfin mettre en valeur le produit et, si je puis dire, permettre au public de se rapprocher des voitures en action."

Des annonces de constructeurs à l'horizon

Depuis longtemps, le renforcement de l'implication des constructeurs dans le WRC est un sujet central concernant l'avenir de la discipline, sachant que Toyota, Hyundai et Ford - via son partenariat avec M-Sport dans un programme semi-privé - constituent la base du championnat depuis 2020.

À partir de l'année prochaine, le WRC introduira un nouveau règlement technique visant à réduire les coûts, avec des voitures dont le budget sera plafonné à 345 000€, construites autour d'un châssis à structure spatiale, destinées à offrir des performances similaires à celles des Rally2 actuelles, tout en partageant certaines de leurs pièces.

À ce stade, Toyota est la seule grande marque à s'être engagée aux côtés des préparateurs Project Rally One et RMC Motorsport. Éric Boullier est néanmoins convaincu que d'autres marques les rejoindront bientôt.

"Nous avons déjà entamé quelques discussions avec beaucoup d'entre eux [les constructeurs]", a expliqué le Français à Motorsport.com. "La première option que nous avons évidemment envisagée était celle qui existe déjà en WRC. Le monde n'est pas juste, on ne peut jamais satisfaire tout le monde, mais nous avons pris en compte leurs préoccupations."

WRC 2027 Rally car

Les plans du WRC pour ses voitures en 2027

"Ils veulent une plateforme stable ; nous avons un engagement de dix ans avec la FIA. Ils souhaitent que la question des coûts soit prise en compte ; je pense que ce sera le cas avec la nouvelle formule, si l'on prend tout en considération. Nous avons divisé au moins par deux le budget par rapport à aujourd'hui."

"Ils veulent pouvoir mettre en avant leur technologie. Nous avons répondu à cette attente sur le plan technique [à partir de 2029], et c'est pourquoi nous pourrons ramener le WRC à la place qui lui revient en termes de popularité."

"La plateforme sera extrêmement attractive. Nous sommes une plateforme mondiale, à l'instar de la Formule 1, et nous disputons donc à 14 ou 15 rallyes à travers le monde. Nous allons en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud, partout, et il est important de conserver cette dimension mondiale car, au final, il n'y a que la Formule 1 et nous [qui l'avons]."

"Nous avons donc répondu à toutes leurs préoccupations. Mais je suis très confiant quant au fait que nous verrons bientôt certains d'entre eux [les constructeurs] annoncer leur arrivée en WRC."

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